Une passerelle sur l’Aveyron ? Une idée bien problématique

Sans signe avant-coureur *, voici que surgit en conseil municipal de Saint-Antonin, l’idée du passerelle entre les deux rives de l’Aveyron. Nous avions entendu parler d’une passerelle flanquant le pont actuel * * pour permettre aux piétons de circuler sans se faire écharper par les voitures et les camions.

Là, il s’agit de tout autre chose. Il faut répartir le parking (rive gauche) sous les platanes de l’ancienne allée menant à la gare et la visite de la ville, en passant en toute sécurité. Puisqu’il paraît impossible de réguler le trafic des poids lourds en bordure du bourg médiéval (ils sont également dangereux et polluants tout au long du passage), il faut proposer un passage piétonnier.

Nous ne pouvons pas comparer  le prix des  formules : le long du pont, c’est non chiffré ; l’exemple montré à Figeac par Saint-Antonin-Demain. Cela a coûté 1,1M d’euros pour une portée de 42 mètres sur le Celé avec une pile centrale. voir : http://www.mimram.com/?project=passerelle-a-figeac

Mais indépendamment du coût (ce qui n’est pas rien – mais que ne ferait-on pas s’il y a des subventions), cela pose des questions :

> si on arrive à l’allée de platanes, on part d’où ? De la place des Moines ? Et comment fait-on l’intégration esthétique entre deux mondes : une place qui sert de belvédère pour admirer l’eau et une passerelle qui brise ce qu’on appelle le « cône de vue » ?

> le site, la vue (la rivière, les rives) ne sont-ils pas protégés comme patrimoine historique ?

> Quelle cohérence entre une politique de revitalisation du centre bourg (voir par ailleurs dans ce blog la réflexion sur le sens des mots : centre-bourg et bourg-centre)  et un investissement qui facilite l’accès à la grande distribution, zone de Fontalès ?

> Comment peut-on apprendre une telle proposition (qu’on découvert les conseillers municipaux le soir du 18 janvier) sans qu’une information et un débat aient eu lieu ? Notamment les commerçants, mais pas qu’eux ?

Tout géographe sait qu’un tel investissement n’est pas que matériel : il modifie profondément les habitudes, les circulations, les liens sociaux. Donc plaidons pour que la sécurité nécessaire ne se fasse pas au détriment de la qualité de vie et de la vie tout court du bourg ancien.

* Signalons pour être exact que cette idée a été également publiée en janvier dans la lettre Saint-Antonin-Demain (opposition de gauche), ce qui a nous a paru étonnant, dans la mesure où les arguments échangés avant étaient centrés sur une passerelle latérale au pont et non pas une passerelle nouvelle reliant les deux rives (et facilitant également l’accès à la zone commerciale de Fontalès).

capture d’écran Google Maps la passerelle/

* Comparaison avec Verdun-sur-le-Doubs : attention, c’est une passerelle étroite (déjà ancienne) et métallique : à Saint-Antonin, nul besoin de métal mais on peut imaginer une largeur qui permette à deux poussettes de se croiser…

http://www.lejsl.com/edition-de-chalon/2015/12/26/la-passerelle-securisee

Cela devrait être un des premiers chantiers de l’année 2016 pour la municipalité verdunoise. La passerelle du pont Saint-Jean, qui mesure 55 mètres de long, va subir un sérieux lifting à partir du printemps. (…) Abîmées par la rouille, les plaques qui forment la passerelle vont être réhabilitées, puis repeintes.

La partie du dessous renforcée

Quant à la partie située en dessous de la passerelle, détériorée par l’érosion, elle va être renforcée. La ville devrait investir entre 15 000 et 20 000€ pour effectuer ces réparations.

http://www.lejsl.com/edition-de-chalon/2016/10/06/la-renovation-de-la-passerelle-saint-jean-est-prevue-pour-novembre