Ville et réchauffement climatique : quelle compatibilité et quelles réflexions pour Saint-Antonin

Pour les climatologues et les urbanistes, depuis longtemps, la ville est connue pour être un point chaud, bien plus chaud que l’environnement rural. France-Culture a diffusé ce jeudi 2 août cette émission qui pose bien le débat et ce au moment où à Saint-Antonin, il faisait 34° à l’ombre dans les rues de la cité médiévale ou plutôt sur les places car les ruelles étaient un peu plus fraîches.

https://www.franceculture.fr/emissions/du-grain-a-moudre-dete/les-villes-peuvent-elles-sadapter-a-la-canicule

Les maux et les causes sont bien connus : immeubles qui retiennent la chaleur, bitume, béton, revêtements minéraux, climatiseurs. Tout concourt à augmenter la différence de température (qui était en temps normal de 2° et qui semble augmenter).

L’émission (toujours accessible) était fort riche : elle faisait penser  immanquablement des aspects de l’urbanisme de Saint-Antonin et des pratiques des uns et des autres. En vrac, l’imperméabilisation des sols qui avaient été réclamés autrefois parce que les voitures faisaient de la poussière (dit Thierry Paquot). Les pavés sont moins imperméables mais gardent tout autant la chaleur. Alors, pourquoi la ruelle des Fontenilles (et d’autres) qui ne voit jamais une voiture a-t-elle été goudronnée il y a peu ? Bien des espaces urbains n’ont pas besoin d’être goudronnés et entre tout ou rien (le bitume et la terre) il y a des techniques et des choix.

Les cours d’écoles, dit Thierry Paquot, sont des fournaises : l’idée est de transformer la récréation en jardinage scolaire, avec un contact avec la nature, la terre, l’eau, les plantes… Comment sera la cour de la nouvelle école ?

C’est l’heure où les voitures vont boire (Boris Vian) en fait, les propriétaires de voitures

Place Mazérac : aurons-nous comme nous l’avons entendu, la mise à mort des arbres pour faire ce qui est le contresens absolu, la minéralisation de la place Pomiès. Espérons que le bureau d’études qui fait la place des Moines saura garder l’ombre, l’eau (et le cadre patrimonial). Partout, dans toutes les villes, l’ordre du jour est « replanter, mettre du vert et de l’eau partout, végétaliser les façades, créer des oasis d’ombre et de repos (qui sont autant des aires d’urgences pour personnes en mal de chaleur).

Les voitures qui tournent dans les ruelles, les camions qui livrent place de la Halle en faisant tourner sans arrêt leur moteur (pour cause de groupe frigorifique) sont autant de sources de chaleur (et de pollution). Comment articuler fonction d’accès et préservation de l’environnement, sinon par des moyens intermédiaires d’acheminement non polluants. Rappelons l’intérêt de la filière hydrogène pour transformer l’énergie des rivières en combustible moins polluant que d’autres…

Place Pomiès : là, c’est le soir… Imaginez à 15 heures le climat de cet espace le 2 ou le 3 août 2018

Nous avions montré lors du débat sur la protection de la chaussée de Roumégous ce qu’était l’Aveyron (et c’était le 2 octobre 1946) quand, après la crue de 1930, la rivière était redevenue un torrent !

2 octobre 1946 ; cliché IGN (source Géoportail)

Des cailloux, un peu d’eau courant entre les parties sèches : que pouvait-être l’effet régulateur de l’eau et que pourrait-il être si on revenait à une solution proche de l’après-crue ?

 

 

 

 

 

Bref, il fait chaud, mais au-delà des lamentations ou constatations, c’est une occasion de reposer le problème de l’urbanisme (et de rafraîchir certains dossiers).