Méthodologie de projet : AFOM versus scénarios

AFOM est une méthode d’analyse des territoires qui se présente en forme de tableau à 4 grandes cases ; A comme atouts, F comme faiblesses, O comme opportunité, et M comme menaces. C’est une sorte de résumé en une page d’un travail d’analyse mené par les bureaux d’études.

Pour l’étude en cours sur les bourgs-centres dont Saint-Antonin, cela donne ceci. Le propos ici n’est pas de commenter le contenu des cases, mais de revenir sur l’intérêt et les limites de cette méthode. L’intérêt est la simplicité pour une pédagogie en réunion. Cela permet de dire les choses de façon synthétique. Et quand les messages sont délicats à faire passer, le fait de mettre côte à côte les pilules amères et les atouts ou les opportunités aide en réunion.

Les critiques sur la méthode AFOM sont de deux registres : d’une part, les éléments décrits dans le tableau sont souvent comme l’ombre et la lumière, l’avers et le revers de la médaille ; deux constituants d’un même fait qui, la plupart du temps, a des aspects positifs et d’autres négatifs.  Du coup, le tableau dissocie ce qui est « un » dans sa complexité.

D’autre part, le tableau est souvent statique : il décrit et ensuite, on se trouve en manque de dynamique.

Depuis longtemps, les géographes ou les prospectivistes ont prôné d’autres méthodes qui cherchent à dépasser ce côté analytique pour privilégier la notion de complexité d’abord et la volonté de dynamisation du territoire, ce qui se traduit par l’utilisation de scénarios.

Le scénario ou plutôt les scénarios (dont le célèbre : le chien crevé au fil de l’eau ou autrement dit, que cela change pour que rien ne change (dixit dans le Guépard le Prince Salina l’exprime : « Si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que tout change.»En italien : « Se vogliamo che tutto rimanga come è, bisogna che tutto cambi. » ne peuvent se construire qu’à plusieurs conditions :

  • d’une part un état des lieux partagé (partagé par tous les acteurs, institutionnels et population concernée)
  • d’autre part, un travail collectif sur des « images », des choix utopiques ou réalistes, des débats car il n’y a aucune chance pour que se réalise les projets s’ils ne sont pas « appropriés.
  • et enfin une hiérarchisation pour ensuite passer à l’acte.

Ces constatations nées de nombreux travaux sur le terrain, aussi bien dans des pays que pour des groupes tels que chambre d’agriculture, instances touristiques, ont été formalisées pour un enseignement donné à l’université de Limoges ainsi qu’à Poitiers et dans des structures dédiées au développement local (Unadel par exemple).

La méthode AFOM peut être conduite par un groupe fermé : des consultants, des connaisseurs du terrain. Elle permet de bien sérier les atouts et les défauts d’un territoire ; elle n’embraie pas sur le terrain, faute d’implication d’abord et faute de perspective (ensuite) ou faute de proposer une envie de changement à une population que les scénarios dynamisent mieux. La concrétisation du scénario choisi est une autre affaire, notamment celle des pilotes dans l’avion  – et de l’existence d’un outil d’évaluation qui permet de rectifier le tir si besoin est.

Documents d’archives (pour les utiliser, il faut se reporter au contexte et donc au rendu de l’étude. Le graphe pays est une généralisation à des fins pédagogiques.