Prune de Saint-Antonin, pruneau d’Agen : un peu tard pour le dire, mais toujours à lire

Aux Archives départementales de Lot-et-Garonne, il est encore possible de visiter jusqu’au 24 octobre une exposition qui sort de l’ordinaire. L’odyssée du pruneau vous est racontée depuis l’arrivée de ce fruit qui a marqué profondément l’histoire et l’économie de notre territoire.

Stéphane Capot, le conservateur des Archives départementales, a reçu une délégation de l’Académie des sciences, lettres et arts d’Agen conduite par Robert de Flaugeac, président de l’Académie le 10 octobre.

Avec aisance et érudition, il a relaté la fantastique aventure de ce fruit emblématique. L’exposition propose un voyage dans le temps qui permet de découvrir la prune venue d’Orient, celle consommée par les Gallo-Romains, celle de Damas, arrivée après les Croisades.

Savez-vous que des noyaux de prunes de l’époque gallo-romaine ont été retrouvés lors de fouilles archéologiques sur le plateau de l’Ermitage ?

Selon la tradition, c’est à l’abbaye de Clairac que des moines ont effectué des croisements entre des variétés anciennes pour donner naissance à la prune d’Ente.

A Saint-Antonin-Noble-Val, en Tarn-et-Garonne, la prune «Maurine», une variété locale petite et ronde avait été développée au Moyen-Âge. Très appréciée par les Anglais, son commerce était florissant au XVe et XVIe. Fragile, cette variété va disparaître progressivement au profit de celle d’Agen.

On découvre les procédés de séchage à l’origine de ce mets raffiné. Sa culture, son histoire vous sont dévoilées. Cette immersion dans l’histoire fantastique du pruneau est illustrée par de nombreux textes anciens, par des photos, par des outils, des boîtes, des affiches, des objets publicitaires. En visitant cette exposition, on prend conscience qu’il a franchi les océans et les frontières pour devenir le pruneau d’Agen, le pruneau que l’on transporte pour lutter contre les petits maux et les petites faims.

Fruit ou gourmandise, c’est au consommateur de choisir. Et pour mieux comprendre son attrait sur notre inconscient collectif, quel meilleur choix que d’aller visiter cette exposition avant sa fermeture !

L’Odyssée du pruneau d’Agen, de Lot-et-Garonne à la conquête du monde, aux Archives départementales jusqu’au 24 octobre 2018.

La Dépêche du Midi