Le rapport Belaval évoque le rôle de l’Etat dans la défense du patrimoine : pour les moulins aussi…

Extrait de l’article de Didier Ryckner paru sur son site « la Tribune de l’Art » ce 16 novembre 2018

https://www.latribunedelart.com/les-secrets-du-rapport-belaval#nh2

Dans le rapport (désormais public) Ph. Belaval pointe – entre autres – l’affaiblissement des services de la Culture accusés d’être une entrave au développement, à l’efficacité (ce qu’il récuse) et la perte d’audience du ministère (qui sera accentuée encore plus dans les temps à venir avec les réformes concernant le droit de l’urbanisme, du logement…)

Lisant les lignes que nous avons soulignées en les mettant en gras, on ne peut s’empêcher de penser à la problématique des chaussées et des moulins qui sont peu défendus par le ministère de la Culture (qui a proposé une grille d’évaluation de leur valeur patrimoniale – mais grille qui n’est que rarement mise dans le circuit des études préalables) et qui sont dans le collimateur des DDT au motif de la continuité écologique.

Le ministère de la Culture, bras armé de l’État pour la défense du patrimoine

Face à certains qui aimeraient voir le ministère de la Culture se diluer dans on ne sait quelle entité ou se désagréger en plusieurs opérateurs, il (Philippe Belaval) affirme clairement qu’« il n’y a aucune raison sérieuse de revenir sur [la] situation » actuelle où « le ministère de la Culture est l’acteur principal de l’État en matière d’architecture et de patrimoine » (p. 10).

Cette question du ministère de la Culture, de son rôle essentiel et, surtout, de son unité, est au cœur de la partie suivante du rapport.
Il y a, d’abord, les relations avec les autres ministères car, comme le souligne Philippe Bélaval : « la politique patrimoniale a une dimension interministérielle forte » (p. 11). Il faut donc que « le ministère renforce sa position au sein du concert interministériel, où de nombreux signes témoignent d’une perte d’audience, ressentie par les acteurs du secteur ».

Deux domaines lui paraissent dans un premier temps nécessiter un renforcement du rôle du ministère : l’architecture et les archives.
Pour l’architecture, le rapport constate qu’en dehors de l’organisation de la profession d’architecte et de la formation, via les écoles d’architecture, le ministère n’est pas suffisamment impliqué dans les autres dimensions de cette activité, ce qui est pourtant nécessaire pour ses relations avec les autres ministères en charge de question proches.
Retenons néanmoins ce qui, dans notre domaine, est essentiel : la division actuelle « entre les sites présentant « du point de vue historique, architectural, archéologique, artistique ou paysager un intérêt public », protégés par le code du patrimoine et le ministère de la Culture, et les sites présentant « au point de vue artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque un intérêt général », protégés par le code de l’environnement et le ministère de la transition écologique ». S’il est important d’aborder la question de cette dichotomie, le rapport ne va pas jusqu’à proposer une unification dans un grand ministère du patrimoine de ces deux composantes essentielles du patrimoine : les paysages et les monuments historiques. Il est néanmoins important qu’il le traite et qu’il souligne la nécessité d’une meilleure coordination entre les deux ministères qui passe par un renforcement du rôle de celui de la Culture.