Agriculture urbaine: les propositions parisiennes peuvent nous intéresser

Au pavillon de l’Arsenal à Paris vient d’ouvrir une exposition qui, vue de loin, nous semble étrangère (le grand Paris, c’est forcément différent) mais qui regardée de plus près, nous fait réfléchir : autant par l’évolution historique qui nous montre la déprise agricole, l’urbanisation à marche forcée, l’industrialisation de l’agriculture… que par les propositions innovantes qui sont faites. Innovation, ouverture à de nouvelles idées, capacité d’essai (au lieu de dire : cela ne marchera pas)… et récupération des sols, des surfaces autant pour les m2 que pour leur qualité (leur rendre l’adjectif « arable » au lieu de les imperméabiliser)…

Présentation de l’exposition : http://www.pavillon-arsenal.com/fr/expositions/10992-capital-agricole.html

Nous avons repéré les grandes rubriques qui sont synthétisées par de grandes photos (évidemment documentées dans l’exposition) : elles montrent des exemples qui vont de la production de champignons dans les caves, de l’élevage de moutons dans les pelouses des espaces publics en passant par les cultures sur les délaissés urbains, les friches… aussi bien avec de la technologie qu’avec le maintien de techniques traditionnelles.

Quels sont ces titres ? en vrac mais

  • investir les zones d’activité 
  • produire avec l’énergie fatale*
  • reconstituer les chemins entre la ville et les champs
  • cultiver les abords des infrastructures
  • des fermes pour produire, transformer, vendre
  • multiplier les espaces d’hébergement du vivant
  • expérimenter les nouvelles cultures dans les parcs
  • alimenter par les cours d’eau
  • récupérer les déchets de la ville
  • s’emparer du patrimoine agricole
  • ouvrir les champs au public
  • élever des reines (abeilles) au coeur des villes
  • assurer le déplacement de la faune
  • recréer des sols arables
  • accompagner les fermes collectives
  • créer des fermes pour enseigner, former, expérimenter
  • planter les espaces publics
  • connecter les producteurs et les consommateurs
  • intensifier l’usage des bois et des forêts
  • construire en bois
  • développer une nouvelle architecture pour les fermes
  • concevoir les bâtiments agricoles à toutes les échelles
  • valoriser les grands ensembles
  • se nourrir des tissus pavillonnaires.

DEVENIR AGRICULTEUR DE LA MÉTROPOLE PARISIENNE

Les agricultures de demain seront diverses et les filières multiples. Leurs nouveaux métiers valoriseront tant les compétences techniques, l’ingéniosité, l’inventivité que la capacité à travailler avec les autres acteurs de la ville. Mais s’adapter à la lenteur des cycles de cultures et accepter la dépendance aux conditions météo restera un préalable au choix des carrières agricoles. Voici quelques grandes familles de métiers impliqués dans la gestion du territoire métropolitain :

  • L’agriculteur céréalier de la grande couronne qui protège par des techniques de conservation le potentiel des sols.
  • L’agriculteur techno qui pilote sa ferme avec de multiples capteurs, suivi par ses membres participatifs via ses réseaux numériques.
  • L’agriculteur jardinier qui crée des espaces publics nourriciers, des toits à jardiner et qui développe la permaculture.
  • L’agriculteur dépollueur qui requalifie les tiers lieux et les anciennes décharges.
  • L’agriculteur animateur, pédagogue qui passionne les jeunes urbains.
  • L’éleveur urbain qui gère les abords des infrastructures avec ses mini-troupeaux.
  • L’apiculteur des villes qui veille au développement des reines et qui mesure grâce aux abeilles l’indice de biodiversité de la métropole.
  • L’agriculteur artisan-transformateur qui développe des ateliers et micro-industries pour répondre à la demande des consommateurs qui exigent des productions locales.
  • Mais aussi tous les métiers agricoles qui se croiseront avec les filières de la ville, du paysage et de la construction, que les urbanistes et architectes imaginent.

Xavier Laureau, agriculteur et entrepreneur

*Energie fatale Dans le domaine de la maîtrise de l’énergie et de la rudologie, l’expression « énergie fatale » désigne la quantité d’énergie inéluctablement présente ou piégée dans certains processus ou produits, qui parfois – au moins pour partie – peut être récupérée et/ou valorisée. Ces énergies peuvent prendre différentes formes (chaleur, froid, gaz, électricité) et peuvent naître de process, d’utilités ou de déchets. Ce terme désigne aussi l’énergie qui serait perdue si on ne l’utilisait pas au moment où elle est disponible par exemple : l’électricité issue des éoliennes, des panneaux solaires ou celle produite par les centrales hydrauliques au fil de l’eau.