A propos de l’Empaillé de l’été 2021 : réflexions personnelles

Le journal l’Empaillé est un média indépendant et caustique sur l’Occitanie : trimestriel. https://lempaille.fr

Les articles publiés sont à la fois politiques, historiques, culturels…nationaux ou régionaux, chaque partie de l’Occitanie ayant droit à sa part. En fait de tout… (avec un agacement pour l’écriture inclusive qui ne règlera pas les problèmes d’équité). L’ours, page 2, donne des prénoms, des pseudos, mais on a du mal à s’y retrouver ! Dommage car cela n’aide pas à lancer le débat !

Sur le plan historique, j’ai beaucoup apprécié le long article sur Decazeville et les mineurs. Sur la crise énergétique, la critique des zones où la voiture  – polluante – va être peu à peu bannie des centres urbains pose davantage de problèmes car l’argumentation est biaisée. Certes, il faut donner les moyens de la mobilité aux classes les moins aisées qui ne peuvent acheter une voiture électrique, mais est-ce que la solution est forcément d’avoir  – au sens propriété – une voiture, même en ville et dans les banlieues comme Toulouse (ville très étalée). Je ne ferai pas de critique plus avant mais dire que la voiture électrique est plus polluante que la thermique est un peu fort de café (l’article par de « construction » oubliant de signaler que dans la durée de vie du véhicule, il n’y a pas photo !).

Pas de mention des solutions alternatives (transports en commun, partage, location à la demande plutôt que d’avoir sa voiture). Le débat est de toutes façons biaisé car l’électrique ne sera jamais qu’une solution « urbaine » : petits trajets, recharge de nuit) les grands parcours étant plus aisés à faire avec l’hydrogène dont on parle depuis longtemps sans avancer trop encore.

Enfin, l’article très  polémique sur Saint-Antonin ne manquera pas de frapper les esprits et de lancer les débats (quoiqu’à cette heure, il y a peu d’écho).

Dire que le « marché est le plus fliqué de France » relève de la pétition de principe ; dire qu’il est un pur produit touristique qui ne sert plus les habitants qui, quand ils le peuvent, vont à Caussade et Gaillac, oui… Ce qui est en cause, c’est la liberté de tracter qui est un droit fondamental de l’expression publique. Que cela s’applique aux anti-masques et anti-vaccins est autre chose : ceux qui  y perdent  de fait sont ceux qui voudraient développer une expression démocratique. 

Du coup l’article se perd dans ces considérations alors que tant de points seraient à discuter. Ayant été promoteur du label Cittaslow, je constate qu’effectivement, le label fait un beau petit panneau sur l’arbre à label, fierté de la municipalité, mais la labellisation est périmée. De  plus le label n’est pas une récompense, un diplôme, mais aussi un programme de développement local, toutes catégories, et ce fait a été perdu en route (y compris en France où on n’y met que du tourisme et des produits locaux).

Pour le surtourisme unanimement condamné, il en va comme pour le réchauffement de la planète : en parler oui, agir, c’est moins évident. Faut bien vivre !  Donc le débat sur la labellisation Grand site occitanie (avec Villefranche de Rouergue, bien lointaine mise dans le même panier) a disparu des radars. De même, nous aimerions bien parler du commerce « ordinaire » celui de tous les jours pour les habitants de tous les jours : boucherie, maison de la presse…) Il n’est pas sain que ce soit la grande surface (la même enseigne pour les deux surfaces, ce qui est assez étonnant) qui soit le magasin de proximité.

De même nous aimerions bien parler du logement « ordinaire » alors que les rénovations s’en vont en chambre d’hôtes et airbeandbe…  De même nous aimerions bien parler de la question de la cohabitation dans le centre historique avec les camions de livraison et les voitures qui cherchent le moindre interstice pour s’y coller (le dossier proposé de conciergerie n’a pas l’air d’enthousiasmer la municipalité et la commission cittaslow qui se réunira un jour, incessamment sous peu).

Bref, bien des questions que l’article ne traite pas. Mais peut-être dans une autre édition, on pourra parler de la vie ordinaire, du lundi au samedi et de l’année scolaire à Saint-Antonin.

DP


 lire l’article sur Saint-Antonin par ce lien

Journal « L’Empaillé » – été 202