Revue de presse (le Monde) : « Une espèce de poissons d’eau douce sur cinq menacée en France »

Revue de presse : « Une espèce de poissons d’eau douce sur cinq menacée en France »

La destruction des milieux naturels et la pollution des cours d’eau sont les principales causes du déclin des populations. Par Pierre Le Hir Publié le 11 juillet 2019 par le quotidien « le Monde »

Quelques lignes de commentaires personnels – DP en fin d’article

L’esturgeon européen, la grande alose, l’anguille européenne et le chabot du Lez en danger critique d’extinction. La loche léopard, la lamproie marine, l’omble chevalier ou l’apron du Rhône en danger. Le brochet aquitain, la lote de rivière ou l’ombre commun en situation de vulnérabilité… Au total, 15 des 80 espèces de poissons d’eau douce présentes en France métropolitaine, soit près d’une sur cinq, sont menacées de disparition. C’est ce que révèle la « liste rouge » publiée, jeudi 11 juillet, par le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature et le Muséum national d’histoire naturelle.

<<<< La lote de rivière, autrefois commune dans les bassins du Rhin, du Rhône et le la Saône, est en régression du fait de la disparition de ses zones de fraie ainsi que du réchauffement climatique, cette espèce se reproduisant à très basse température. Henri Persat

Par rapport à la précédente évaluation, réalisée voilà neuf ans, le bilan s’est encore aggravé puisque, si l’on y ajoute 16 espèces classées comme « quasi menacées » (barbeau méridional, vairon basque, saumon atlantique…), le pourcentage total d’espèces en péril est passé de 30 % à 39 %. « La destruction et la dégradation des milieux naturels constituent les principales menaces », indiquent les auteurs. C’est ainsi que la loche d’étang pâtit de l’assèchement des zones humides et de la présence de digues sur les cours d’eau. Le drainage agricole des prairies humides affecte les conditions de reproduction du brochet commun, tandis que l’extraction de granulats met à mal l’habitat de la lamproie de rivière ou du toxostome.

< Le brochet commun est menacé par le drainage agricole des prairies humides. MNHN/EFeunteun

A cette pression s’ajoute la pollution des milieux d’eau douce, lacs ou rivières, notamment par les pesticides. Cette mauvaise qualité des écosystèmes aquatiques a pour effet de fragiliser les défenses immunitaires de certaines espèces, comme l’anguille européenne. La situation des poissons migrateurs amphihalins (qui effectuent une partie de leur cycle de vie en eau douce et une autre partie en mer) est jugée particulièrement « inquiétante ». Aux menaces déjà citées s’ajoutent, pour ces migrateurs, les barrages qui compromettent leur périple vers leurs zones de reproduction.

 

 

 

 

< L’anguillle européenne, qui se reproduit en mer des Sargasses avant de coloniser les eaux douces continentales, a vu ses stocks s’effondrer depuis les années 1980. Elle bénéficie d’un plan de gestion dans tous les pays de l’Union européenne. MNHN/EFeunteun

 

Par rapport à la liste rouge d’il y a neuf ans, sept espèces de poissons d’eau douce ont vu leurs effectifs se redresser : le spirlin, le mulet porc, le chabot fluviatile, le vairon commun, la bouvière, la blennie fluviatile et l’ide mélanote.

Commentaire : loin de critiquer cet article qui est très pertinent, j’ajouterai que les facteurs déstabilisants qui sont énumérés sont tous récents ; les chaussées, les seuils de nos moulins sont, quant à eux, anciens et je peuvent pas expliquer  (porter le chapeau) de la crise de la biodiversité dans les rivières. Dans les simulations que l’on peut faire pour expliquer et agir, les facteurs agronomiques, urbains sont de loin les plus « actifs ».

Il nous a été raconté qu’il y a quelques décennies, les truites sauvages étaient nombreuses dans les creux d’eau des rivières comme la Baye. Aujourd’hui, toute configuration étant par ailleurs égale, il n’y a plus rien. Les aménagements sur les cours d’eau n’ont pas changé Les lâchers de poisson d’élevage n’y sont peut-être pas pour rien non plus. Les biologistes estiment que les animaux d’élevage sont moins résistants, ont perdu leurs facultés migratrices…. et par croisement, appauvrissent le patrimoine génétique de l’espèce. Les papillons comme les truites… (DP)