Centre-bourg : une tare ?

D’après des propos qui me sont revenus, je serais un fanatique du centre, du centre-bourg (comme ailleurs des centres villes). Dans toutes les études d’aménagement urbain que j’ai conduites, j’ai toujours prôné la revitalisation des centres qui, depuis longtemps, sont mis à mal par l’évolution conjointe du modèle commercial (les grandes surface), de circulation avec l’automobile (chacun dans sa petite maison sur roues) et  de l’habitat : le pavillon (ne pas se mélanger  avec des gens qu’on n’aime pas forcément).

Ce modèle est mort, mais comme le canard, même la tête coupée, il continue à marcher. Du moins dans certains territoires. Car un peu partout, les maires commencent à intégrer ce que disent les urbanistes, les sociologues, depuis 10-15 ans : il faut revenir à la notion de ville, que ce soit pour des raisons de cohésion sociale, parce que le modèle de la grande distribution se défait et parce que le défi écologique pousse à un retour au centre.

Un peu partout, mais pas forcément à Saint-Antonin ou dans d’autres communes du pays. Lors de la réunion du Scot, j’ai bien entendu que, derrière le discours vertueux du comité de pilotage, il y a des réticences : il faudrait  encore des terrains pour accueillir des nouveaux habitants qui veulent des maisons, encore des zones d’activité pour accueillir des entreprises. Mais lesquelles au fait ?

Ne pas penser l’avenir avec les idées d’avant

Saint-Antonin est, après Saint-Etienne-de-Tulmont, la commune qui a consommé le plus de terrains, artificialisés comme on dit pour des maisons, des équipements. Certes, le centre bourg est bien serré, mais faut-il imaginer que la maison médicale parte à Fontalès ? Je me vois bien, un de ces jours,  marcher à petit pas pour aller voir le médecin.

Il a donc été rappelé dans le Scot que les zones d’activités sont faites pour accueillir des activités de production qui seraient gênantes ou ont besoin d’espace pour artisanat ou industrie. Que leurs parkings pourraient être mutualisés, verdis pour en limiter l’impact. Et que les activités de commerce ou de services n’ont rien à  y faire.

L’association des maires des villes moyennes s’inquiète  et dit « il va falloir apprendre à gérer le déclin des zones périphériques ».  Et redéfinir ce qu’est une centre, surtout dans une ville médiévale comme Saint-Antonin.