Horseshoe Falls (Pays de Galles) – Roumégous (Saint-Antonin)

Dans le cadre des réflexions sur le patrimoine des chaussées, la continuité écologique, une comparaison fondée d’abord sur la forme  puis sur le fond, est ici abordée. (le document mis en pages est disponible en pièce jointe sous forme de pdf : cliquez ici  
horseshoe-falls_Roumegous )


 

Comparaison peut-elle être raison ? Horseshoe Falls Pays de Galles) – Roumégous (Pays Midi-Quercy)

dp/01/12/18

Une comparaison esthétique, une comparaison hydrologique, une comparaison patrimoniale…

Ce qui se fait au nord peut-il servir d’exemple au sud ?

Présentation des deux sites

Source : Wikipédia –


A/ Horseshoe Falls (Pays de Galles)
« Fer à cheval »

Au Pays de Galles, la chaussée en forme de demi-cercle (fer à cheval) a été aménagée sur la rivière Dee ; le seuil est modeste : il sert à dévier une partie du flux vers le canal qui s’en va alimenter moulins et usines en direction de Llangolen.

Dans ce parcours vers l’aval, toute une série d’équipements liés à la révolution industrielle sont mis en valeur : ponts, moulins, chemin de fer, bateaux… certains authentiques, d’autres comme moyens de mise en valeur touristique : la fréquentation des lieux est importante compte tenu du lien affectif qu’ont les Anglais avec leur histoire industrielle et de l’impact de la reconnaissance Unesco.

Description ici :https://www.waterways.org.uk/shrewsbury/towpath_walk__horseshoe_falls___llangollen

Horseshoe Falls (Pays de Galles)

https://www.pontcysyllte-aqueduct.co.uk/attraction/horseshoe-falls/

Le site, classé World Heritage Site en 2009, forme un tout, un système : l’aqueduc en fonte célèbre, mais aussi le canal et les ouvrages hydrauliques : Thomas Telford ; l’ingénieur, est un personnage important dans l’histoire de l’industrie de Grande-Bretagne : son nom est aussi un argument dans cette histoire, cette cohérence : son nom a été donné à une ville nouvelle.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Telford

Pontcysyllte Aqueduct and canal consists of a continuous group of civil engineering features from the heroic phase of transport improvements during the British Industrial Revolution. The canal brought water borne transport from the English lowlands into the rugged terrain of the Welsh uplands, using innovative techniques to cross two major river valleys and the ridge between them. It was built between 1795 and 1808 by two outstanding figures in the development of civil engineering : Thomas Telford and William Jessop. Through their dynamic relationship the canal became a testing ground for new ideas that were carried forward into subsequent engineering practice internationally.

Plan de site : on voit les équipements touristiques dans l’environnement immédiat. cliquez sur la vignette.

It was inscribed as a World Heritage Site in 2009 and to be included on the World Heritage List, sites must be of outstanding universal value and meet at least one out of ten selection criteria. Pontcysyllte Aqueduct and canal meet the following three criteria :

  • Criterion (i) : The Pontcysyllte Aqueduct is a highly innovative monumental civil engineering structure, made using metal arches supported by high, slender masonry piers. It is the first great masterpiece of the civil engineer Thomas Telford and formed the basis of his outstanding international reputation. It bears witness to the production capacities of the British ironmaking industry, which were unique at that time.
  • Criterion (ii) : The intensive construction of canals in Great Britain, from the second half of the 18th century onwards, and that of the Pontcysyllte Canal in particular in a difficult region, bear witness to considerable technical interchanges and decisive progress in the design and construction of artificial waterways.
  • Criterion (iv) : The Pontcysyllte Canal and its civil engineering structures bear witness to a crucial stage in the development of heavy cargo transport in order to further the Industrial Revolution. They are outstanding representatives of its new technical and monumental possibilities.

Roumégous (Saint-Antonin-Noble-Val)

La chaussée est aujourd’hui modeste car le niveau aval de l’Aveyron a été remonté quand le moulin des Ondes a modifié son installation : chaussée plus haute, niveau d’eau remonté.

La forme de la chaussée est ancienne, sinon d’origine (pour des raisons techniques, pour alimenter les deux moulins sur chaque rive : Roumégous au nord et Fontalès au sud.)

Carte de Cassini vers 1800  ; cliquez sur la vignette.

Carte de Cassini (vers 1800) : les deux moulins sont signalés (comme les autres du secteur) par un dessin qui symbolise la roue dentée (roue verticale ou turbine horizontale).

carte Etat-Major XIXe siècle ; cliquez sur la vignette.

 

La carte dite d’État-Major (XIXe siècle) reprend la même disposition avec des appellations différentes (qui correspondent aux utilisations qui ont été changeantes)

Conclusion : la comparaison des deux équipements est bien sûr superficielle : les aspects esthétiques sont intéressants car ils sont une composante du patrimoine paysager. En ce sens, ils sont un bien commun. Au Pays de Galles, ils sont un point d’attraction pour les visiteurs qui peuvent s’approcher, s’installer sur l’herbe, profiter du paysage. A Saint-Antonin, les bords sont artificialisés (gîte et moulin de Roumégous) ou privés (Fontalès). Pourtant, dans les deux cas, la vue qui est un bien commun est une richesse.

A Saint-Antonin, la chaussée a une autre fonction : elle crée un miroir d’eau qui met en valeur le bourg (fonction voulue quand la gare était active et que les voyageurs arrivaient par la rive gauche, fonction toujours active, mais plus perçue quand on se trouve place des Moines avec l’escalier construit avec l’établissement thermal).

La comparaison peut aussi être approfondie car ces chaussées ne sont pas là par hasard ; la Galloise a été voulue pour l’industrie métallurgique dans le secteur : canal, énergie, lien avec Ironbridge…

la Française – comme ses voisines en amont et aval – est liée à la valorisation par les moines des abbayes (Beaulieu, Saint-Antonin…) pour l’énergie mécanique qu’elle offrait.

Dans les deux cas, nous sommes dans un système « industriel » : XIXe siècle, XIIIe siècle.

Outre la beauté des lieux, il y a une histoire économique – une fonction – qui se matérialise dans la forme.

Question : les Gallois ont réussi à garder la qualité hydrologique et à valoriser leur patrimoine.

Que peut faire la commune de Saint-Antonin, le pays Midi-Quercy, dans une démarche similaire ?

D. Perchet

Réunion Icomos à Paris sur les chaussées : un compte rendu important pour le pays Midi-Quercy

C’était le 4 juillet à Paris : Icomos  france.icomos.org est l’association française qui travaille sur le patrimoine, notamment pour l’Unesco. Icomos s’est notamment investi pour protéger le canal du Midi au moment où il était question de le transformer en autoroute urbaine ! Un atelier d’une journée a permis de faire le point à partir de trois interventions : le rapport du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) présenté par M. Brandeis, l’expérience de la Sèvre Nantaise et les difficultés du moulin de l’Ancette en Haute-Loire.

Dans cet article vous trouverez :

  • les points-clés
  • le compte rendu développé

Icomos France – Réunion du 4 juillet 2018
Cité de l’architecture – palais de Chaillot – Groupe de travail « espaces patrimoniaux

jour de crue à Saint-Antonin le 30 mai 2016 (photo DP)

Quels sont les points clés de la journée ?

Les conflits sont nombreux et sont généralement « non arbitrés » comme le dit Alain Brandeis. Comment sortir de ces blocages ?

  • Pour ce faire, les préconisations sont partout les mêmes :
    > un territoire pertinent qui vise large pour garder la cohérence de l’action : le pays ?
  • > une co-construction avec tous les acteurs concernés par l’eau en n’oubliant pas que la qualité de l’eau se joue en de multiples endroits et pas uniquement dans les seuils ; travail en groupe avec
    comité de pilotage, groupes de travail élargis, appel aux expertises extérieures… Donc prendre le temps..
  • > une démarche de confiance pour déminer tous les non-dits : depuis le diagnostic partagé (en passant par un débat amont sur les cahiers des charges) jusqu’aux choix qui sont les moins destructifs, surtout en économie touristique où l’eau est un atout de première force ;
  • Rappel de la loi qui propose de multiples solutions dont « ne rien faire » peut être une réponse. Dans les choix, les solutions radicales sont les dernières possibles.
  • > un travail partenarial où nature et culture (alliance clé pour Icomos) sont ensemble au service de la qualité : de l’eau, du patrimoine, du territoire, des habitants… Le travail sur l’eau est finalement un travail sur le développement du territoire : charte paysagère, PLUI, territoire à énergie positive, pays d’art et d’Histoire et plus tard scot.
  • > une démarche scientifique avec apport de connaissance venu des autres territoire et des autres pays ;
  • > une prudence car le patrimoine détruit ne se reconstruit pas ;
  • > un lien avec la politique énergétique en équipant quand c’est possible les moulins de micro-centrales ou en réservant la possibilité ;
    • > une évaluation de l’action qui prend en compte :
      >> la qualité de l’eau
      >> la valorisation patrimoniale
      >> l’adhésion sociale
      >> le fonctionnement participatif.

Cliquez sur le lien pour récupérer le compte-rendu de  la réunion que j’ai pu faire à  partir de mes notes personnelles.

compte-rendu icomos 4 juillet Paris

Revue de presse : Saleth change de main (la Depêche)

Nous nous étions inquiété de l’avenir du site : plus pour la chaussée, le moulin que pour la colo qui, elle, gardait une valeur immobilière, alors que les vestiges historiques liés à l’eau étaient plus perçus comme une entrave à la vente par la mairie de Montauban. Une procédure visant à détruire totalement ou partiellement la chaussée avait été lancée en 2016, pour bénéficier des subventions liées à la continuité écologique. La dernière phrase de l’article semble rassurante, mais reste à vérifier ce que les mots veulent dire !

La «colo» de Saleth va devenir un centre d’hébergement –

La municipalité a enfin trouvé un acquéreur

Les bâtiments de Saleth, à l'époque où ils abritaient encore la colo./ Photo DDM
Les bâtiments de Saleth, à l’époque où ils abritaient encore la colo./ Photo DDM

En 2005, la colonie de Saleth de Saint-Antonin- Noble- Val, propriété de la ville de Montauban mettait la clé sous la porte. Au fil des ans, devenu trop vétuste, le site était devenu un boulet pour la ville qui décidait de s’en séparer. En octobre 2013, par délibération en conseil municipal, le centre de loisirs était une première fois  (…)  au vu de l’ampleur des travaux, le bien était remis à la vente. Trois ans après, une nouvelle offre d’achat (…) pour un montant de 356 112 euros était présentée et votée par les élus en conseil municipal le 22 décembre 2016. Vente qui est devenue effective le 25 avril 2017. À moins d’un rebondissement imprévu, cet ensemble immobilier de 9 ha, composé de plusieurs immeubles bâtis et leurs abords le long de l’Aveyron ont donc changé de mains et la municipalité de Montauban tourne une page d’histoire vieille de soixante ans avec sa «colo» de Saleth qui a vu passer des milliers d’enfants montalbanais. Le centre de loisirs de Saleth avait été créé juste après la seconde guerre mondiale et pouvait accueillir 84 personnes dans les bâtiments et presque autant sous les tentes.

Nouvelle vie pour le centre de loisirs

«Après d’importants travaux de rénovation, cet ensemble immobilier sera transformé en une salle de réception avec hébergement, permettant le développement d’une offre touristique (y compris de tourisme d’affaires) dans un cadre naturel particulièrement remarquable. Soucieuse de préserver la beauté du site, la Ville reste propriétaire de la chaussée de Saleth compte tenu de son caractère patrimonial et afin d’assurer la continuité de l’irrigation nécessaire aux agriculteurs» précise la municipalité