Du côté de Segonzac, des enseignements intéressants sur la charte cittaslow à la manière française

Au moment du renouvellement de la labellisation de la commune charentaise, la mairie a demandé à une géographe de faire un travail sur ce label, sur ce qui s’est passé autour de cette charte dans la commune.

Qu’en dire rapidement et en tirer ?

  • une démarche très intéressante (qui a du mal à prendre en France alors qu’il y a plus de 230 communes dans le monde).
  • Une démarche qui peut être banalisée si elle ne se dote pas de projets phares, mobilisateurs qui tranchent
  • une concurrence : tout le monde se dit « commune durable », « projet de qualité »… avec un discours partout identique. Pour s’en distinguer, la charte offre des possibilités mais encore faut-il s’en saisir…
  • l’importance de la mobilisation des habitants, donc, au-delà d’une communication de base, la construction de projets communs et partagés.
  • un réseau français plutôt atone.

Voici les documents rédigés par Justine Lucas que nous remercions pour nous les avoir confiés…

Etat des lieux et enjeux (document texte format doc) Cittaslow, etat des lieux et enjeux : 

Un article plus général sur la démarche cittaslow  (document pdf) JLUCAS-Article-cittaslow

JustineLucas a également consacré son master à cette démarche/

Etude : Patricia Carlier : L’utilisation des labels sur un territoire de projets en Occitanie, approche stratégique et technique

Une étude qui tombe à point quand tous les territoires se labelissent à tour de bras…

Édition électronique URL : http://journals.openedition.org/pds/801 DOI : 10.4000/pds.801
ISSN : 2494-2782
Éditeur
Conseil régional Occitanie
Référence électronique
Patricia Carlier, « L’utilisation des labels sur un territoire de projets en Occitanie, approche stratégique et technique », Patrimoines du Sud [En ligne], 9 | 2019, mis en ligne le 01 mars 2019, consulté le 01 mai 2019. URL : http://journals.openedition.org/pds/801 ; DOI : 10.4000/pds.801

Pour accéder au document, cliquez sur le lien :

pds-801

Course de côte et descente sur l’eau : qui est [citta]slow ?

16 août : l’un des concurrents s’en va !

La course de côte du 15 août apparaît de plus en plus anachronique dans un monde soucieux de qualité de vie, de l’air, du bruit…

Surtout dans une commune qui est labellisée cittaslow, qui se targue de développer le slow tourisme. Je n’ose imaginer le degré de pollution engendré par ces moteurs dopés. En tout cas, le bruit insupportable des voitures revenant après leur « performance » vers 18 heures était exaspérant. Un passant faisait le lien avec la testostérone (comme les motards qui font pétarader leur cylindres dans les rues pour affirmer leur existence ou leur virilité).

En regard, les canoës-kayaks sont bien plus paisibles ; les navigateurs jouent, rient… Un autre monde.

(la seule pollution, ce sont les camionnettes qui remontent les bateaux en utilisant les chemins de promenade. Un jour peut-être, ils seront plus discrets, électriques ? Il est vrai que quelle que soit l’activité humaine, elle crée des désordres. Mais entre l’Alpine Renault, la barquette qui vrombit et la barque, c’est pas tout à fait pareil !

 

Annexe

Publié le , mis à jour
À son sujet, on peut évoquer «l’ascension de l’Assomption» puisque chaque année pour le 15 août, ils sont plusieurs dizaines de pilotes à se mesurer pour monter le plus rapidement possible la pente à 7 % et son kilomètre et demi de lacets dominant la cité médiévale. (…)  La 26e course de côte de Saint-Antonin a une nouvelle fois tenu toutes ses promesses avec 68 pilotes au départ. Christian Petiot, président de l’association «Course de Côte de Saint-Antonin-Noble-Val» et cheville ouvrière de cette manifestation populaire (organisée avec l’Asa Ingres), se disait satisfait hier soir : une météo agréable, «sans pluie ce qui a permis à tous les concurrents de bénéficier des mêmes conditions car il est déjà arrivé qu’il pleuve en haut et pas en bas ou que la route sèche entre le passage des concurrents». (…)
Satisfaction également côté affluence puisque plus d’un millier de spectateurs ont acquitté leur droit d’entrée. «La séance de drift avant la course a beaucoup plu», précisait également M. Petiot . Pour rappel, le drift est une technique de pilotage consistant à faire glisser la voiture en dérapage contrôlé. Le public a notamment vu à l’œuvre Jérémy Germain, originaire de Vaissac et résidant à Albias, spécialiste du drift au volant de sa BMW à moteur V8 de 6 litres développant plus de 500 CV.Le public a également apprécié la montée de belles anciennes, démontrant au passage qu’elles n’avaient rien perdu de leur punch…

Pour les amateurs, une vidéo est proposée ici https://www.rallyego.com/videos-course-de-cote-de-saint-antonin-noble-val-2019/

Vidéo Course de Côte de Saint-Antonin-Noble-Val 2019

 

Derrière la salle des fêtes de Saint-Antonin : à propos des décharges sauvages et des incivilités

Saint-Antonin 5 août – derrière la salle des fêtes

On a beaucoup parlé des décharges sauvages à propos du décès du maire de Signes dans le Var : mais ce ne sont pas toujours les « extérieurs » qui salopent le paysage : après tout, ce ne sont pas les touristes qui abandonnent les frigos, les matelas, les barbecues endommagés.

Les touristes jettent les mégots, les bouteilles, les canettes, les verres en plastique… Mais il n’y a pas qu’eux…

Lisons l’extrait de l’étude parue dans le Monde : « Henri Bonhomme, président de l’Union départementale du Var pour la sauvegarde de la vie et de la nature et de France Nature Environnement 83, regrette que les édiles « manquent de moyens humains » pour faire appliquer la loi. « Les PV sont, le plus souvent, dressés au titre de l’urbanisme plutôt qu’au titre de l’environnement faute de personnes assermentées pour s’en charger, dit-il, et sur les dépôts ponctuels, on arrive presque toujours trop tard. » (…) Car si la question des décharges sauvages a pris une tournure dramatique dans le Var, le département est loin d’être le seul à devoir gérer ce problème. « Nous n’avons pas de chiffres au niveau national car, par définition, on ne peut recenser de manière exhaustive ce type de pratiques, mais tout le territoire est concerné »,assure Jean-Christophe Pouet, chef du service mobilisation et valorisation des déchets à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). (…) Un rapport de l’Ademe en décembre 2018, intitulé « Caractérisation de la problématique des déchets sauvages » et fondé sur un questionnaire adressé aux 36 000 communes hexagonales – auquel moins de 3 000 ont répondu –, permet en effet d’estimer que, du mégot jeté dans le caniveau au dépôt illégal du bricoleur ou de l’artisan, en passant par la canette ou la bouteille en verre abandonnées au pied de conteneurs déjà pleins, la France génère « une vingtaine de kilos de déchets sauvages par habitant par an ».

« Un quart des dépôts sont le fait de petites entreprises et d’artisans, un autre quart celui d’habitants du territoire concerné, un troisième quart celui d’habitants de collectivités voisines, et pour le reste, on ne sait pas trop », indique M. Pouet.

Source Le Monde https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/08/07/les-decharges-sauvages-un-fleau-pour-les-communes_5497342_3224.html

Saint-Antonin 5 août – derrière la salle des fêtes

Est-ce à dire que la ville (et le territoire en général) ne peut plus supporter une société sans gêne, qui se débarasse sans chercher où est la poubelle ou la déchetterie la plus proche (même si elles ne sont pas faciles à trouver). Notre mode de vie est-il compatible avec l’écosystème qui n’en peut mais ?

 

PS : on parle ici « poubelle » mais les incivilités sont légion: bruit, non-respect des règles de politesse, stationnement abusif…  Voir article dans ce blog :  https://nobilis-vallis.eu/archives/1454

Place du Timplé : dimanche 10H30


Certes, c’est jour de marché et jour de la fête des battages. Mais cette petite place du Timplé, devenue un parking anarchique (ce n’est pas la seule place dans ce cas), pose la question de la régulation automobile…

Critères de la certification et labellisation Cittaslow

Annexe «C» au statut  CERTIFICATION (document de 2014 

POLITIQUE ENERGETIQUE ET ENVIRONNEMENTALE

1.1 Tutelle de la qualité de l’air*

1 .2 Tutelle de la qualité de l’eau*

1 .3 Consommation d’eau potable/population résidente

1.4 Plans pour la promotion et la diffusion de la collecte différenciée des déchets urbains et des déchets spéciaux. *

1.5 Compostage industriel et domestique.

1.6 Présence d’un épurateur d’eaux usées.

1.7 Plan communal d’économie d’énergie des bâtiments et installations publiques

1.8 Production d’énergie publique provenant de sources d’énergie alternatives.

1.9 Réduction de la pollution lumineuse, trafic, bruit.

1.10 Réduction de la pollution lumineuse publique*

1.11 Consommation de l’énergie électrique des famille /population résidente

1.12 Tutelle de la biodiversité

 

POLITIQUES EN MATIERE D’INFRASTRUCTURES

2.1Pistes cyclables desservant les écoles et les bâtiments publics

2.2 Longueur (en km) des pistes cyclables urbaines réalisées sur le total des kms de voies urbaines *

Parkings pour les vélo dans les zones d’échange

2.4 Programmes favorisant une mobilité alternative des véhicules privés *

2.5 Suppression des barrières architecturales *

2.6 Promotion de programmes pour faciliter la vie familiale et les activités locales *

2.7 Accessibilité effective aux services médicaux

2.8 Distribution « durable » des marchandises dans les centres urbains

2.9 Pourcentage de résidents qui se rendent quotidiennement au travail dans une autre commune *

 

POLITIQUE POUR LA QUALITÉ URBAINE

3.1 Plan pour la résilience urbaine * *

3.2 Interventions de renouvellement et valorisation du centre citadin (mobilier urbain, signalisation touristique, antennes, modération du paysage, conservation du paysage urbain,) *

Renouvellement/réalisation de zones vertes sociales, avec des plantes et/ou de fruits * *

3.4 vie urbaine (horaire maison-travail, crèches d’entreprises, etc.) 3.5 Requalification et réutilisation de zones marginales *

3.6 Utilisation de l’ITC ( Inter-Transmission System Operator-Compensation) dans le développement de services interactifs au citoyen et au touriste *

3.7 Guichet pour l’architecture durable (bio architecture, etc.) *

3.8 Ville câblée (fibres optiques, Wi-Fi), *

3.9 Surveillance (contrôle) et réduction des polluants (bruit électromagnétique , etc.)*

3.10 Développement du télétravail

3.11 Promotion d’un urbanisme durable privé (maison passive, etc)*

3.12 Promotion d’infrastructures sociales (banques du temps, projets de free-cycling, etc.)

3.13 promotion d’un urbanisme durable public (maison passive, matériaux de construction, etc.) *

3.14 Revalorisation /réalisation de zones vertes productives, avec des plantes et/ou de fruits dans le périmètre urbain * *

3.15 création de places pour la commercialisation de produits locaux *

3.16 Défense / valorisation des boutiques identitaires- création de centres commerciaux naturels*

3.17 mètres cubes de ciment, (au net des infrastructures) / vert urbain

 

POLITIQUES AGRICOLES, TOURISTIQUES, ARTISANALES

4.1 Plans pour le développement de l’agro-écologie* *

4.2 Protection des produits et des ouvrages artisanaux (certifications, musées de la culture matérielle, etc.) *

Valorisation des techniques de travail et des métiers traditionnels *

4.4 Valorisation des zones rurales, (meilleure accessibilité aux services des résidents) *

4.5 Utilisation de produits du territoire, de préférence biologiques, dans la restauration collective publique (cantines scolaires) etc, *

4.6 Éducation au goût et promotion de l’usage de produits de territoire, de préférence biologiques, dans la restauration et dans l’alimentation privée *

Valorisation et conservation des manifestations culturelles locales*

4.8 Capacité extra-hôtelière (lits /résidents par an) *

4.9 Interdiction de l’utilisation des O.G.M pour l’agriculture

4.10 Nouvelles prévisions dans les plans des établissements existants sur d’anciennes terres agricoles

 

POLITIQUE POUR L’HOSPITALITÉ , LA SENSIBILISATION ET LA FORMATION

5.1 Qualité accueil, (formation des employés, signalisation, infrastructures et horaires adaptés)*

5.2 Sensibilisation des opérateurs et des commerçants (transparence dans les offres et dans les prix pratiqués, exposition visible des tarifs), *

5.3 Mise à disposition d’itinéraires « slow », (plaquettes, web, etc.)

5.4 Adoption de techniques participatives efficaces pour permettre les processus de bottom -up (approche ascendante) dans les décisions administratives les plus importantes

5.5 Formation permanente des formateurs et/ou administrateurs et salariés sur les thématiques de cittaslow * *

5.6 Éducation à la santé (lutte contre l’obésité’ et contre le diabète, etc.)

5.7 Information systématique et permanente aux citoyens sur « ‘être cittaslow », (également préalablement à l’adhésion)

5.8 Présence d’associations actives qui œuvrent de concert avec l’administration sur les sujets de cittaslow

5.9 Adhésion aux campagnes de cittaslow *

5.10 Insertion dans le papier à en-tête et dans le site internet de la marque cittaslow

 

COHÉSION SOCIALE

6.1 Minorités discriminées

6.2 quartiers ghetto

6.3 Intégration des handicapés

6.4 Enfants

6.5 condition des jeunes

6.6 Pauvreté

6.7 Promotion des associations

6.8 Intégration multiculturelle

6.9 Participation politique

6.10 Logements sociaux (HLM)

6.11 Existence de zones dédiée aux activités pour les jeunes et centres pour les jeunes

 

PARTENARIAT

7.1 Soutien aux campagnes et aux activités de Cittaslow *

7.2 Collaboration avec d’autres organisations promotrices de nourriture naturelle et traditionnelle

7.3 Soutien de projets de jumelage et de coopération au développement qui concernent également la diffusion des philosophies de cittaslow, mais aussi de slowfood etc.*.

* = Exigence obligatoire     ** = Exigence de perspective

Version pdf charte cittaslow 2014

Grand site ou pas, l’essentiel est ailleurs : la charte « cité du bien vivre »

Je propose dans le doc (et en résumé ci-dessous) un programme qui peut réconcilier tout le monde, si ces « tout le monde » veulent bien mettre en concret les mots vertueux employés dans la presse  ou les médias.
PROPOSITION 
Grand site, avenir urbain et touristique de Saint-Antonin
Et si on s’adossait à la charte « cité du bien-vivre » ! 
Les déclarations des uns et des autres font toutes références à un projet de qualité (voir annexe du document en pièce jointe). Il semble que la motion de synthèse se tient dans un document déjà signé par la commune de Saint-Antonin :  la charte et le  label Cité du Bien-vivre, traduction française de CittaSlow ou Slowcity…
Qu’il y ait Grand site ou non, cela n’ôte rien à l’importance de cette charte (qu’il ne faut pas confondre avec uniquement les produits locaux ou le vélo)… C’est un projet global à la fois traditionnel (le patrimoine nature et culture) et l’innovation (technique, sociale et démocratique).
Ce qui est en jeu, c’est un changement de modèle : se défaire de l’idée de croissance, de compétition (avec ses dérives) que sous-tend le marketing touristique pour adopter un autre modèle lié aux enjeux planétaires autour du défi climatique et écologique et construire un nouveau modèle de ville, de société tout aussi accueillante mais sur d’autres bases. Et cela dans une pratique de démocratie participative, avant et pas seulement après !
Les habitants de Sebastopol (Californie) sont venus deux fois nous voir. Voici sur leur site un dessin très parlant…

Lisez les quelques pages (formalisées rapidement et donc perfectibles), réagissez et si cela vous intéresse, travaillons ensemble à intégrer ces idées d’abord dans un projet et ensuite dans du concret (car vous le savez, le diable est dans les fiches actions et leur mise en opérationnel).

Entre ce qui a été dit depuis la candidature puis labellisation de Saint-Antonin et ce qui se fait dans le réseau mondial (et plus d’ailleurs), il y a du matériau !
Téléchargez le document (format doc) :  programme Grand site+bourg-centre
vous y trouverez entre autres la charte cittaslow actuelle.
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Lire également cet article sur ce site web https://nobilis-vallis.eu/archives/556

Revue de presse : Le Monde – à propos du label Slow city

« Slow city », un label pour Mirande, qui reste à partager avec ses habitants

La démarche qui allie développement durable local et qualité de vie se développe mais reste encore l’apanage de petites villes, comme cette commune du Gers. Par Publié hier à 11h39 dans le Journal le Monde

La commune de Mirande encourage la consommation de produits en circuit court.
La commune de Mirande encourage la consommation de produits en circuit court. Photo-Vidéo Club Mirande

Il est 21 heures à Mirande (Gers), les restaurants commencent à fermer leurs portes. Sur un terrain aménagé le long du boulevard Alsace-Lorraine, le bruit des boules de pétanque qui s’entrechoquent se dissipe à mesure que la nuit tombe. Seuls quelques jeunes roulant à toute allure en moto viennent troubler le calme de la commune de 3 483 habitants. L’escargot, emblème des « slow cities« , traîne sa coquille sur la façade des écoles, des boulangeries, des boucheries et des restaurants. Le gastéropode nous rappelle de temps à autre que Mirande n’est pas une ville ordinaire, mais une « ville du bien vivre » comme s’en prévaut Pierre Beaudran, son maire.

Concept né en Italie en 1999, la « cittaslow » ou « slow city » fait suite à une déclinaison du mouvement Slow Food. Sa philosophie : le retour à un rythme de vie apaisé et raisonné à travers la promotion du développement durable et local. Piloté depuis l’Italie, le réseau Cittaslow international décerne un label aux communes de moins de 50 000 habitants. Le contrôle de la pollution sonore, la sauvegarde des monuments historiques ou encore la promotion des traditions et des produits locaux sont autant de conditions examinées. Les villes candidates doivent répondre a minima à la moitié des 72 critères de sélection, tous visant à réduire le stress urbain.

Pour l’heure, en France notamment, ce sont essentiellement de petites communes qui sont labélisées. Des villes nettement plus conséquentes néanmoins, telles Bra en Italie et ses 29 000 habitants, et même Yaxi en Chine et 22 000 habitants, se sont engagées dans la démarche.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Slow Food », « Slow City » et… « Slow Science »

Labellisée en 2011, Mirande fait partie d’un réseau français de 10 communes coordonné par Pierre Beaudran. Parmi elles, Segonzac en Charente, Labastide-d’Armagnac dans les Landes, et Valmondois, seul « cittaslow » d’Ile-de-France. Si la municipalité occitane a obtenu son label avec 62,76 % de critères satisfaits, c’est parce que, du fait de sa taille, elle était déjà slow avant d’en être labellisée.

Une démarche de développement durable globale

Non loin de l’Eglise de Sainte-Marie, La table du Petit Maupas a vu quatre générations de chefs cuisiniers se succéder depuis 1951. Eric Maupas, aujourd’hui à la tête du restaurant, met un point d’honneur à se fournir auprès de producteurs locaux. Son mot d’ordre : être authentique et créatif. « Un jour, je vais faire du poulet à la basquaise, le lendemain aux champignons puis nature. On prend des produits de saison et on essaie d’agrémenter les saveurs », explique-t’il. Egalement au menu, la vache mirandaise. Depuis 1997, cette race en voie de disparition fait l’objet d’un programme de préservation conduit par le lycée agricole de Valentées, situé à quelques kilomètres de là. Aidés du corps enseignant, les élèves participent à l’élevage de vaches mirandaises, de porcs noirs de Bigorre et de canards avant d’en revendre certains à d’autres exploitations. « On démarche les bouchers du Gers pour valoriser les circuits courts », souligne Jean-Louis Kelemen, directeur de l’exploitation agricole du lycée.

Au-delà de l’alimentation, la « cittaslow » est une démarche de développement durable globale. « Le label est un rappel à l’ordre. Il faut être en accord avec l’esprit “cittaslow” à chaque décision prise », précise Pierre Beaudran. Ainsi, la municipalité a entrepris de moderniser sa station d’épuration. Des bacs de roseaux ont été installés pour assécher et purifier naturellement les boues rejetées sur le site. La pose de panneaux photovoltaïques ici et là a également contribué à rendre la ville à 95 % à énergie positive comme s’en félicite le maire. « Cittaslow » a aussi un volet social. Avec 30 logements loués aux personnes âgées et aux familles actives, la résidence Lézian participe au maintien d’une solidarité intergénérationnelle.

Huit ans après l’avoir reçu, la municipalité doit renouveler son label. A l’heure du bilan, les commerces interrogés ne perçoivent pas d’impacts significatifs sur leur activité économique. A l’office de tourisme, Gisèle Beuste ne constate pas non plus de hausse de la fréquentation de la commune. Agent immobilier à Mirande, Eric Bocino assure que « la population, vieillissante, a diminué. Les jeunes vont toujours dans les grandes villes. » D’après l’INSEE, la population mirandaise a diminué de 1 % entre 2011 et 2016.

Une notion du temps trop souvent oubliée

L’organisation de l’assemblée internationale Cittaslow à Mirande en 2018 avait pourtant été un coup de projecteur sur la ville. La commune avait pu échanger ses bonnes pratiques avec quelque 250 délégués issus de 17 pays. Dans les universités de Lyon, de Paris et de Pau, les géographes sont également nombreux à solliciter les interventions des « cittaslow » françaises. « Le concept de “cittaslow” est intéressant, car il fait apparaître une notion du temps trop souvent oubliée dans l’analyse des politiques urbaines », constate Sandra Mallet urbaniste à l’université de Reims. Le maire de Mirande reconnaît que « les gens adhèrent plus à l’extérieur qu’à l’intérieur de la ville. Le plus difficile est d’impliquer les citoyens. » La philosophie continue néanmoins de séduire en France et à l’étranger puisque la commune gersoise de Cazaubon (1 623 habitants) et la commune belge de Jurbise (10 450 habitants) viennent d’être labellisées.