Place des Moines encore : lisez et voyez ce message de John Dawson

PLACE DES MOINES, SAINT-ANTONIN-NOBLE-VAL

Comme vous le savez peut-être, le conseil municipal de St-Antonin a fait établir par des architectes externes des plans pour la rénovation de la Place des Moines.  Leurs terribles dessins ont provoqué l’indignation dans la ville et des tentatives sont faites pour empêcher que cela n’aille plus loin.  Une exposition est présentée au Café de la Halle et la Société des Amis du Vieux Saint-Antonin (SAVSA) a organisé une lettre ouverte au Conseil municipal que chacun peut signer en ligne.

J’ai fait un petit diaporama qui s’agrandira si vous cliquez dessus et vous pourrez ensuite passer en mode plein écran.

 

Vous pouvez signer la lettre de SAVSA ici: https://framaforms.org/projet-damenagement-de-la-place-des-moines-1564847238

Place des Moines : compte rendu de la réunion-débat du 22 octobre : un débat et des propositions

deux états : l’ancien et le futur
Le maire, Gérard Agam, est resté droit dans son projet, malgré une demande de « sursis » à statuer.

les comptes-rendus sont publiés ici : http://savsa.net/compte-rendu-de-la-reunion-debat-sur-la-place-des-moines-images-son-textes

La Dépêche a publié un article qui a été relayé ici : http://savsa.net/revue-de-presse-la-depeche-place-des-moines-la-parole-aux-habitants

Les participants ont pu poser les questions de détail ou plus générales. Globalement, l’assistance a découvert les propositions de Silène de Beaudouin et Caroline Bernard, urbaniste et architecte avec un autre regard : mais cela n’a pas convaincu le maire qui souhaite faire voter par le conseil municipal en novembre sur ce dossier et faire adopter (avec quelques aménagements mineurs pour faire plaisir) le plan qui a été montré.

Ce dossier pose une fois de plus la question de la méthode d’élaboration des projets ; la concertation ne peut se résumer à une consultation in fine et à un travail avec une commission extra-municipale restreinte et qui ne peut entrer dans le fond des dossiers.

Place des Moines : le débat public arrive le 22 octobre 2019

Organisé par la Société des Amis du Vieux Saint-Antonin, ce débat est organisé in-extremis au moment où la municipalité va rencontrer (le 24)  le bureau d’études pour les derniers aménagements de détail ! Et voter le projet en novembre 2019.

Pour télécharger le flyer. ici  flyer_ reunion_pub_Placedesmoinesw

Informations et documents sélectionnés pour préparer le déhat  ;

http://savsa.net/22-octobre-2019-reunion-publique-autour-du-projet-de-la-place-des-moines

Commentaire personnel : je suis résolument hostile à la proposition qui a été retenue par la commission extramunicipale (restreinte) sur un petit nombre de variantes de la même solution qui met à mal le patrimoine thermal, le front de rivière devant le miroir d’eau, qui met des voitures sur la surface de la place (en épi) au nom du sacro-saint stationnement qui sera de toutes façons occupé de façon permanente, même s’il est dit « minute »

 

le projet retenu par la commission…

J’ai mis par écrit mes commentaire après les réunions ou voire – avant. Mais c’est comme si ce n’était pas intéressant car de toutes façons le projet était déjà quasiment retenu avant.Voici les deux documents. Celui de 2016 a été envoyé au bureau d’études par mes soins mais peu après, le chef de projet m’a informé que tous les échanges passaient par le comité de pilotage (dont évidemment nous n’étions pas !).

remarques de M. PERCHET_commission 12 août (commission du 12 août 2019)

dp_placedesmoines_commission 27 juillet (commission de 2016)

J’espère que les réactions seront nombreuses, voire que d’autres propositions émergeront, quitte à prendre du temps pour les travailler. On peut remettre en état la place provisoirement sans injurier l’avenir et prendre le temps (nous sommes slow city) pour faire un vrai projet participatif.


Signalons également la proposition beaucoup plus intéressante de créer un cheminement : place-bord de l’eau- passerelle piéton sur la Bonnette – Roumégous. Cette idée (qui n’est pas de moi) a été présentée en commission ; elle a retenu l’attention (mais pour plus tard !). Au vu de cette idée, commentaire « mais cela fait longtemps qu’on y pense ! »

J’avais glissé cette idée pour la valorisation des chaussées, dont bien sûr Roumégous et le miroir d’eau : revoir ce lien : https://nobilis-vallis.eu/archives/1015

 

A propos du dossier Grand Site

souvenir de saint-antonin

A propos du dossier Grand Site

ce texte a été diffusé le 26 juillet 2019
il a été suivi d’un autre (voir dans ce blog : https://nobilis-vallis.eu/archives/1385)
la présentation de Saint-Antonin est accessible par ce lien (format pdf)  presentation sanv
Il y a quelques jours,  j’ai pointé les subtilités qui différencient Grand site de France (site naturel classé)  et Grand site Occitanie (pour ceux qui veulent entrer dans ces détails) du label Grand Site de France. Pour être labellisé, il faut faire acte de candidature comme pour le pays d’Art et d’Histoire…
Le label Grand Site de France est un label décerné par le ministère de la Transition écologique et solidaire, qui vise à promouvoir la bonne conservation et la mise en valeur des sites naturels classés français de grande notoriété et de très forte fréquentation. Cette réglementation est intégrée dans le Code de l’environnement depuis la loi Grenelle 2 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l’environnement. (source Wikipédia)
Pour Occitanie, c’est une autre démarche qui ressort plus du marketing touristique : attirer le chaland…
Mes réflexions ne portent pas sur la pétition (je rappelle que je ne l’ai pas signée)  mais sur ce qu’elle met en évidence: des incompréhensions qui naissent d’un déficit de démocratie participative.
Adhérent de Côté Noble Val, je pense qu’on peut discuter de ce dossier notamment sur ce qu’il révèle, justement pour agir sur les pratiques et peut-être se dire que « Grand site » n’est pas forcément « Foire du Trône » (encore que cette Foire fait désormais partie du patrimoine) ou « visite express »…
Ce qui est en débat, ce n’est pas le tourisme, c’est le tourisme de masse ou plutôt le tourisme irrespectueux : il faut habiter dans le centre bourg pour voir ce que donne ce tourisme irrespectueux :  les pollutions sonores (la musique à fond la caisse, les poivrots bourrés qui chantent dans les rues au milieu de la nuit, les motos qui pétaradent, les voitures qui enlèvent les bornes « voie piétonnière » pour s’affranchir de la réglementation (bonne pour les autres : « vous comprenez, moi je travaille »), les pollutions visuelles ou pollutions tout court ; les crottes de chien, les canettes de bière, les bouteilles d’eau à la dérive dans l’Aveyron, les emballages un peu partout : bref, tout (ou tous) ce qui confond une ville qui a des habitants avec une foire ou une aire de jeux. Dans ce registre; il n’y a pas que les touristes d’ailleurs qui sont sans respect pour ce Grand site ! Stationnement envahissant, grosses voitures qui s’engagent dans des ruelles pas faites pour elles et qui manoeuvrent à la peine, poubelles ou déchets déposés dehors pour qu’on en profite.
Est-cela qu’on appelle Grand site ?
La présentation du dossier grand site telle qu’elle a été faite dans la dernière parution de la Gazette (reçue il y a peu vers le 20 juillet) est irréprochable, impeccable. On ne peut que souscrire au projet tel qu’il est présenté. Mais est-il irénique ? Comment faire pour rester dans cette vertu ?
le dossier est accessible par ce lien via ma dropbox :  cliquez pour le télécharger https://www.dropbox.com/s/yn5u5ubqf2wggyj/Candidature%20Bastides%20et%20Gorges%20de%20l%27Aveyron-2.pdf?dl=0
Ce qui est dit dans le site de la QRGA
aurait pu être dit plus tôt et participer aux commissions touristiques pour élaborer le contenu aurait pu nous être proposé en amont, pour élaborer le projet global du grand site, ce qui aurait eu un impact sur les incompréhensions, à coup sûr. 
 
Le déménagement de l’office (au moment de l’achat par la commune de la maison Muratet)  ainsi que l’idée d’un hôtel m’ont bien été évoqué dès au début de la période où on a parlé Grand Site par quelqu’un de bien informé, m’ajoutant plus tard que pour l’hôtel, les « privés » avaient reculé devant l’impossibilité de rentabiliser l’investissement. La conversion de la friche Fonsagrives et du rez de chaussée de la maison Muratet pour mieux rapprocher l’OT du centre du bourg (et peut-être de se mettre près du futur musée) était bien une hypothèse qui circulait et pas du tout liée à des infox (fake news) de la pétition. 
La disqualification des « non résidents » ou des nouveaux résidents » (article paru dans la Dépêche) qui se mêlent du patrimoine local est une vielle antienne quand il y a un débat vif entre porteurs de projets et habitants. Faut-il être résident depuis 4 générations et avoir sa tombe familiale au cimetière pour être capable d’échanger ? Le patrimoine fait partie du « bien commun » local, régional, de l’humanité. Sinon, pourquoi s’émouvoir de la déforestation de l’Amazonie, de la destruction de zones de pêches, de l’urbanisation galopante ou de la destruction des services publics ? Nous sommes citoyens du monde, semble-t-il… A ce jeu-là, on pourrait répondre : combien d’entre nous vivent dans le bourg et voient ce qui se passe après la fermeture des commerces et services ?
La question centrale, maintenant que cette affaire est lancée (mais pas signée encore… ou alors, nous ne sommes pas au courant) c’est d’une part « pourquoi faire », assortie d’une question subsidiaire qui n’est pas si minime que cela : comment cela va se faire ? Car le Grand site n’est pas uniquement Saint-Antonin, ni même QRGA…
 
Pourquoi faire  ? Si c’est du marketing dans une compétition du genre « la mienne est plus sexy que la tienne », c’est inquiétant car la compétition amène des surenchères ou des compromissions. Espérons que le projet restera dans une logique de type « cité du bien-vivre, cittaslow », encore que cette logique est plutôt en sommeil à Saint-Antonin, où il ne reste plus que la mention « slow tourisme » et la prune de Saint-Antonin. Le reste ne danse plus le slow mais a valsé ! Il faudrait relancer le label et la gestion participative qui va avec (ce que j’ai demandé – personnellement –  à la mairie, mais sans réponse à ce jour). Dans la charte, il y a une mine d’innovations possibles qui touchent tout aussi bien la ville, le commerce, la culture, l’écologie… Encore faut-il creuser dans la mine !
Comment faire ? 
Etre consulté après n’est pas suffisant ! Or, dans la plupart des dossiers, la concertation est a minima quand elle existe. C’est le point central qui renvoie à ma remarque du début sur la participation : si, avec la mairie, la concertation fonctionne cahin-caha (on va voir la réunion du 5 août sur les choix possibles de la place des Moines : y a-t-il encore des choix ?), avec la communauté de communes, il n’y a rien !
Or on peut s’inquiéter : par exemple on nous vante la préservation du patrimoine (mais pendant longtemps, la QRGA a poussé à l’effacement des chaussées des moulins) ; espérons que les autres dossiers qui arrivent sur la pile seront plus pro-actifs : la grotte du Bosc par exemple.Il faut absolument qu’une culture du faire-ensemble se développe.
A titre de comparaison, les recruteurs (en général) s’intéressent de plus en plus aux centres d’intérêts des candidats hors travail, les « soft skills » car ils apportent une vraie valeur ajoutée aux compétences attendues. Dans ce pays, dans cette ville, j’ai souvent souligné l’abondance de compétences cachées ou discrètes parmi les habitants, qu’ils soient français ou étrangers. L’enjeu est de les intéresser, les mobiliser, les intégrer, dossier par dossier : dans le travail sur dossier, on aurait peut-être plus d’originalité que le recours systématique à des bureaux d’études dont les compétences sont réelles mais l’implication plus distante (voir https://nobilis-vallis.eu/archives/1287 le rapport sur la crise de l’expertise et la défiance) : il me semble que dans la pratique cittaslow, cela pourrait être un élément qui apporterait différence, richesse… Encore faut-il en avoir l’envie !
Bref, dans ce dossier comme dans beaucoup d’autres, le dialogue et la participation en amont sont nécessaires et ne doivent pas être vus comme une contrainte mais un atout.
Et personnellement, j’ajoute que l’enjeu n’est plus la croissance (même habillée de façon soft comme « développement durable ») mais la crise écologique, ce qui change tout. La politique de Grand site pourrait très bien être au service de ce nouvel enjeu. Je propose que, dans ce Grand site, on privilégie ce qui est intimement lié à la spécificité de Saint-Antonin ; l’Histoire, le patrimoine, l’accueil :  étudiants, chercheurs, associations impliquées, intéressées, personnes motivées… ce qui demande d’une part des structures d’accueil (autour du nouveau musée et de la médiathèque) pour exposer, documenter, chercher, s’informer, visiter… et la mise en valeur des ressources  patrimoniales (la ville, les hameaux, les paysages…) , des archives, ce qu’on appelle un centre de ressources autour de l’histoire du Rouergue et du Quercy (au sens large)  et plus si affinités.  Compte tenu de la richesse de cette région,  il y a de quoi faire. Je regrette l’Université d’été (qui pourrait être en demi-saison), je pense qu’avec les services de l’Inventaire, les AD, les associations, les personnes qui connaissent le coin…on a un patrimoine exceptionnel à valoriser, y compris sur le mode marchand : certes, c’est pas le même monde que la bimbeloterie, mais les activités telles que le vrai artisanat d’art, les antiquités, la librairie (sans compter les cafés et restaurants de circuits courts, ou bios ou tout simplement de qualité : c’est dans les cafés que les philosophes des Lumières ont refait – effectivement – le monde !
Indépendamment de la  pétition : point de friction (pour moi personnellement) : nous sommes nombreux à nous investir dans un dossier « pays d’art et d’histoire », label très valorisant, qui correspond au pays Midi-Quercy…
Or les deux grands sites qui touchent au pays démembrent cette unité territoriale en mettant Bruniquel avec Cordes et Saint-Antonin avec Najac et Villeneuve (qui soit dit en passant oscille entre Grand Site Midi-Pyrénées et Grand site Occitanie  « Bastides et gorges de l’Aveyron »  – et cite Saint-Antonin décrit de cette façon « Saint-Antonin Noble-Val fait le guet du haut de ses falaises. » Cela commence bien !
Quelle cohérence dans ces politiques régionales ?  La carte de la région est plus laconique
elle ne cite dans le secteur que Cordes ! Le même site, dans sa partie texte est plus littéraire et intègre les « Bastides et gorges de l’Averon : https://www.grands-sites-occitanie.fr/grand-site/bastides-et-gorges-de-laveyron/
PS 1 : pour la partie commerce qui touche beaucoup les adhérents de Côté Noble Val, le dossier « bourg-centre » est tout autant important. Aussi, il mérite une lecture particulière : là aussi, c’est la QRGA qui est aux manettes… (boutiques à l’essai, hôtel d’entreprise, aménagement urbain…)
PS 2 : puisque cette réponse est personnelle et n’engage que moi, je signale avoir écrit aux élus (mairie et/ou QRGA)  sur :1) la relance de la dynamique Cittaslow à Saint-Antonin, 2) l’intérêt d’une étude historique sur le site du moulin des Claustres à l’occasion du départ du SDIS et du changement de propriétaire mairie>QRGA, 3) la possibilité de monter un dossier de fonds européens pour dynamiser  la prune de Saint-Antonin, produit local, produit emblématique. Sur ces trois points, je n’ai pas eu de réponse sur le fond ou sur la forme, accusé de réception).
La plupart d’entre vous sait que je suis toujours impliqué dans la sauvegarde du patrimoine dit industriel dans le pays Midi-Quercy ce qui inclut les moulins et leurs chaussées et l’histoire de Rodolausse. Pour le Grand site, ce n’est pas indifférent, même si c’est différent de la Maison romane !
PS 3 : paru ce matin dans ‘Le Monde »: « Le tourisme est l’industrie permettant à des voyageurs de jouir le plus confortablement possible du spectacle du monde »
Ce qui fait dire que le mot « tourisme » est un mot « valise » ou « sac à dos » (ce qui est normal)  et qu »on peut y mettre beaucoup de choses, des horreurs comme des choses très intéressantes : si on traduit les mots abscons « slow tourisme » ou » expérientiel », il y a effectivement des pistes séduisantes et que le « hors saison » et la culture sont des domaines auxquels je crois.

Polémique : (revue de presse) : des habitants d’un village (sic) médiéval refusent le «tourisme de masse» (mise à jour)

Au nord de Toulouse, des habitants d’un village médiéval refusent le «tourisme de masse»

Des habitants de Saint-Antonin-Noble-Val, au nord de Toulouse, s’opposent à la labellisation « Grand Site » du village, un projet incitant, selon eux, au «tourisme de masse ».

Source : https://actu.fr/occitanie/saint-antonin-noble-val_82155/au-nord-toulouse-habitants-dun-village-medieval-refusent-tourisme-masse_25954246.html

Commentaire personnel : l’article plutôt équilibré quand il donne la parole aux uns et aux autres  : le tourisme de masse, le point de vue des pétitionnaires… pose question quand il reprend les termes des élus (qui ont déjà été en partie diffusés par la Dépêche) : deux  points critiques :
– le recours à l’argument classique – que l’on trouve partout quand les élus sont confrontés à une fronde –  : « ceux qui sont contre ne sont pas d’ici ou ne sont pas des citoyens à part entière. » Comme s’il fallait être un vieux de la vieille, là depuis des générations, pour avoir un avis. A quoi sert la solidarité citoyenne ? Ne peut-on avoir un point de vue sur ce qui est un patrimoine « mondial », ou tout au moins, un bien commun qui mérite qu’on s’engage ? Autrefois, on parlait de droit d’ingérence et ici, c’est une version soft, mais tout aussi réelle, qui est en question.
– le second point porte sur le recours à la notion de « mensonges » : tout bonnement, les mensonges qui sont peut-être  plutôt des incompréhensions, n’auraient peut-être pas pu naître s la concertation avait été mise en place en amont, au moment de l’élaboration du contrat. On peut maintenant nous promettre des commissions de travail, mais c’était avant qu’il fallait le faire, ce qui aurait évité ce conflit, ces crispations. Nous avons ici, à répétition, réclamé une vraie participation avant (et pas après comme un lot de consolation). Là, encore, la démocratie locale ne fonctionne pas… Il serait temps de la mettre en place.
Voir infra le texte de l’article mis en ligne par Actu_fr
images ci-dessous du marché nocturne du 17 juillet

Ses ruelles, son ancien hôtel-de-ville, sa halle, sa caserne des Anglais… Au nord de Toulouse, le village de Saint-Antonin-Noble-Val (Tarn-et-Garonne) est un musée à ciel ouvert ! Cette cité médiévale compte plusieurs édifices classés aux Monuments historiques. C’est aussi le point de départ de plusieurs balades en randonnée dans les Gorges de l’Aveyron. (…)

Le 16 juin 2019, des habitants ont lancé une pétition « Non au sur-tourisme à Saint-Antonin-Noble-Val » pour s’opposer à la labellisation « Grand Site Occitanie » de leur village. La pétition compte déjà 800 signataires en ligne, auxquels il faut ajouter « plusieurs centaines de personnes qui ont préféré signer la pétition papier », précise le collectif baptisé « Collectif intercommunal libreval ». Pour mémoire, ce petit village ne compte que 1 800 âmes…

Un contrat avec la Région

La communauté de communes de Quercy-Rouergue-gorges de l’Aveyron, dont fait partie Saint-Antonin-Noble-Val, s’apprête à signer avec la Région un dispositif de développement touristique.

Les habitants signataires de la pétition disent ne pas vouloir connaître le même sort que Cordes-sur-Ciel (Tarn), Rocamadour ou bien Saint-Cirq-Lapopie (Lot) :

Devenir « Grand Site », c’est laisser la Région promouvoir notre territoire par tous les moyens nécessaires pour augmenter le nombre de visiteurs. L’expérience montre que les bourgs labellisés « Grand Site » se sont hélas vidés et artificialisés… Saint-Antonin n’est pas une relique à vendre, c’est un trésor partagé, habité, à préserver. Oui à l’esprit de Saint-Antonin qui se manifeste dans l’essor de ses associations diverses, dans la vie culturelle et artistique, dans une humanité directe, dans le bonjour de ses rues et le sourire accueillant. C’est cela qu’il faut préserver d’une touristification à outrance qui fait de nous les Mickey d’un parc d’attractions « authentique et convivial ».

« Non au tourisme de masse »

Le collectif s’oppose notamment à la création d’un hôtel par une chaîne hôtelière privée, au bétonnage de parkings, au déménagement de l’office de tourisme… « Non à un projet incitant au tourisme de masse et à l’hypermobilité à l’heure de l’urgence écologique », écrivent les auteurs de la pétition. « Non à ces dépenses d’argent public qui, créant des effets d’aubaine, font flamber les prix et génèrent des inégalités. Non aux subventions Grand Site qui entraîneront notre commune dans une spirale de travaux d’aménagement et de dépenses de fonctionnement ».

Contacté par Actu Toulouse, Denis Ferté, adjoint au maire en charge du tourisme à Saint-Antonin-Noble-Val, dit ne pas comprendre cette polémique :

Nous n’allons pas voir débarquer des milliers de cars de touristes à Saint-Antonin-Noble-Val. D’ailleurs, notre logique a toujours été de défendre le « slow tourisme » et le « tourisme expérientiel ». Le label « Grand Site Occitanie » nous amène des financements supplémentaires pour mener à bien nos projets et communiquer sur notre patrimoine. La finalité n’est pas le tourisme de masse comme le fait croire le collectif.

(…)

Une pétition sans véritable ancrage local

Selon l’élu, les opposants ne sont « pas forcément des habitants de longue date », leur pétition a peu d’ancrage local. Denis Ferté estime que la labellisation est source d’attractivité pour Saint-Antonin-Noble-Val, citant l’exemple de Marciac, dans le Gers, labellisée « Grand Site » et célèbre pour son festival de jazz :

Les auteurs de la pétition prennent l’exemple de Cordes-sur-Ciel ou de Saint-Cirq-Lapopie. La situation est différente. Il y a beaucoup de touristes mais très peu de résidents permanents… Ce qui est loin d’être notre cas. Nous baignons dans le tourisme depuis le 19e siècle et le développement du thermalisme. Les pétitionnaires sont opposés à la création d’un hôtel mais il y a toujours eu un hôtel à Saint-Antonin-Noble-Val. Cela ne faisait que trois ou quatre ans que ce n’était plus le cas. Ils dénoncent le bétonnage de parkings alors que notre projet, au contraire, est d’aménager des parkings paysagers en plantant des arbres…

Une pétition « alimentée par des mensonges »

Dans un communiqué de presse, André Massat, président de la Communauté de Communes Quercy Rouergue et Gorges de l’Aveyron, dit entendre les craintes liées à ce classement. Des commissions de travail seront ouvertes dès cet automne à la population locale « afin de construire ensemble le projet touristique de notre territoire ».

En revanche, André Massat s’insurge sur le mode de communication de ces craintes. Selon lui, la pétition est « alimentée par des mensonges et des contres vérités colportées par des personnes qui sont venues s’installer sur notre territoire grâce au tourisme et qui vivent du tourisme » :

Il faut avoir à l’esprit que si nous avons aujourd’hui de nombreux commerces de proximité et un tissu associatif aussi riche, c’est en grande partie grâce au tourisme… Le contrat « Grand Site » permettra la réalisation de nombreux aménagements utiles à la population permanente .

André Massat cite la restauration de places ou de rues mais aussi la création d’un Musée de France à Saint-Antonin. « Ces investissements ne pourraient pas être réalisés sans cette labellisation et les financements qui l’accompagnent », conclut-il.

Si le collectif salue l’organisation des commissions de travail à l’automne, il demande, au préalable, la suspension du contrat Grand Site Occitanie :

« Nous maintenons que la population doit être consultée avant de s’engager par la signature de ses élus dans un contrat qui comporte des obligations, qui s’accompagne de campagnes publicitaires pour promouvoir nos villages et qui a pour effet d’augmenter la fréquentation touristique ».

A la suite de cet article, des mises au point ont été demandées :

Communiqué du Collectif intercommunal Libreval en réponse à la tribune d’André Massat, président de la communauté de communes QRGA, dans la Dépêche (01/07/2019)

« CLIVAGE n. m. : … En bijouterie : Taille initiale opérée, dans certains cas, pour dégrossir le diamant. »(Dictionnaire Larousse)

En réponse à notre pétition, Monsieur Massat écrit dans La Dépêche du 1er juillet 2019 : « Des commissions de travail seront ouvertes dès cet automne à la population locale afin de construire ensemble le projet touristique de notre territoire. » Nous nous en réjouissons. Le 2 juillet, Matthieu Simon, directeur général des services à la communauté de communes, nous écrit par mail que « chacun sera le bienvenu pour apporter sa pierre à l’édifice sur les thèmes suivants : la promotion, les hébergements, le patrimoine et les activités de pleine nature. » Là encore, c’est une ouverture positive.

Toutefois, une véritable concertation doit nécessairement porter sur la question centrale qui est : «Voulons-nous signer le contrat Grand SiteOccitanie?» C’est pourquoi il est indispensable de suspendre la signature du contrat Grand Site. En effet, nous maintenons que la population doit être consultée avant de s’engager par la signature de ses élus dans un contrat qui comporte des obligations, qui s’accompagne de campagnes publicitaires pour promouvoir nos villages et qui a pour effet d’augmenter la fréquentation touristique de 20 à 80 %/1.

Par conséquent, nous souhaitons que nos élus nous garantissent la suspension de ce contrat pour s’engager à ouvrir une concertation exemplaire tant dans ses modalités que dans ses effets. Pour commencer et sans attendre septembre, deux mesures peuvent être mises en place : mettre à disposition de la population les documents officiels en version numérique comme en version papier ; dédier à cette concertation des espaces d’expression et de délibération (salle, panneaux d’affichage).

Dans cette attente, nous poursuivons notre travail :
– d’information : au verso, une interview de la présidente du comité régional du tourisme
– de recueil de signatures : https://www.change.org/p/préservons-notre-village-de-st-antonin-nv-du- tourisme-industriel-grand-site-occitanie-non

Contact : lesprit.d.lieux@gmail.com

1/ « L’augmentation constatée dans les anciens sites Occitanie passe de 20 à 80 % » (Bulletin d’information municipal, décembre 2018, p. 8)

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EXTRAITS – page 15. ENTRETIEN. VIRGINIE ROZIERE, PRESIDENTE DU COMITE REGIONAL DU TOURISME EN OCCITANIE.

Estimez-vous que l’Occitanie est aujourd’hui mûre pour accueillir massivement le tourisme de groupe?
La région a un tel potentiel, une telle diversité dans son offre, que nous disposons d’un large potentiel de croissance pour notre clientèle groupes. Nous ciblons ces clientèles : clientèle lointaine avec notamment la Chine et le Japon mais nous travaillons les clientèles de proximité, françaises ou européennes. Pour l’international, nous proposons des grands sites très emblématiques à forte notoriété qui sont des points d’attraction et d’intérêt. On pense bien sûr au Pont du Gard, à Lourdes, Rocamadour, Toulouse ou Carcassonne qui sont déjà très identifiés et programmés par les excursionnistes et les autocaristes.

Est-ce que vous souhaitez vraiment jouer cette carte du tourisme de groupe ?
Nous organisons régulièrement des rendez-vous afin de développer la fréquentation et la clientèle de groupes. Cela se fait bien sûr au bénéfice de tous les acteurs touristiques de la région. Destination Groupes Occitanie, en B to B fait d’ailleurs partie de ces grands rendez-vous. Lors de cet événement, nous invitons à la fois pour un tiers, les professionnels de l’hébergement, les responsables et les acteurs institutionnels que sont les offices du tourisme et les agences départementales. Nous avons aussi une démarche particulière pour aller chercher des cibles qui nous apparaissent comme stratégiques. Ce sont notamment les clientèles lointaines, la Chine, le Japon, l’Asie. On a une représentation assez importante : à peu près un quart des visiteurs professionnels pour nos rendez-vous ont des liens très forts avec ces marchés. Sur l’Europe nous travaillons surtout sur la Belgique et l’Allemagne avec, là encore, un partenariat stratégique avec les voyagistes leaders sur le marché.