Et si on s’intéressait enfin aux techniques réellement innovantes en matière d’énergie

Pendant que le pays Midi-Quercy travaille à la création d’une société locale pour financer l’investissement et la production d’énergie solaire (démarche vertueuse sur le plan financier mais classique sur le plan technique),  le palmarès des Smart Cities (villes intelligentes) a récompensé une solution que nous avions présentée l’année dernière pour rééquiper les chaussées sur l’Aveyron : le stockage de l’énergie et la restitution des surplus via l’hydrogène.

Nous n’avons aucun lien ni aucun intérêt à l’offre de la société sylfen  ; simplement, que ce soit cette offre ou une autre, nous voudrions redire l’intérêt de réellement penser l’innovation (ce qui aurait dû être le fil conducteur du label Cittaslow ou Slow City). Alors que les grosses métropoles peuvent mobiliser des moyens importants, les petites localités ou intercommunalités doivent s’adosser à l’innovation : encore faut-il que la  volonté soit au rendez-vous… Quand pourrons-nous penser notre avenir avec les idées d’aujourd’hui et de demain ?

 

 

site : http://sylfen.com/fr/accueil/

Le futur de l’énergie, c’est l’hydrogène

L’hydrogène est une technologie disruptive dans le domaine de l’énergie. L’hydrogène prolonge l’autonomie des batteries. C’est une solution pour stocker et réutiliser l’énergie localement, pour alimenter des voitures propres, pour produire de l’électricité et de la chaleur pour tous les besoins.

Produire une énergie propre et locale est désormais facile et économique. Cependant, il n’est pas évident de maîtriser son approvisionnement à cause des intermittences de l’apport en énergie renouvelable (solaire, éolien). 

Pour s’assurer de toujours consommer l’énergie que l’on a soi-même créée, proprement et localement, il faut stocker les surplus et atteindre l’autonomie énergétique. C’est le dernier enjeu de la transition énergétique.

Sylfen, en partenariat avec le CEA, a développé une technologie de stockage sécurisé qui permet de stocker de très grandes quantités d’énergie. En associant l’hydrogène aux batteries traditionnelles, on peut maintenant stocker en toute sérénité la quantité d’énergie nécessaire à tout bâtiment. 

Grâce à l’hydrogène, vecteur d’énergie décarboné, utilisable tant pour alimenter des véhicules propres à pile à combustible que pour produire de l’électricité et de la chaleur en cogénération pour les bâtiments, éco-quartiers ou villes de demain, on peut maintenant s’alimenter en toute sérénité à partir d’énergies intermittentes.

Cela permet de consommer sa propre énergie produite localement, respectueuse de l’environnement et renouvelable, 365 jours par an.

Documentation : Smart cities (villes intelligentes) : Un système de stockage innovant pour l’énergie renouvelable

Lors de l’appel à projet hydrogène en 2016, nous avions proposé de coupler le rééquipement des chaussées sur l’Aveyron et la production d’hydrogène. Apparemment, notre suggestion ne méritait pas le dédain… Mieux que la production d’électricité, le stockage d’hydrogène est la solution d’avenir.

Récompensée par le Prix de l’énergie « Le Monde »-Smart Cities, la start-up Sylfen a mis au point un dispositif permettant de conserver sous forme d’hydrogène l’électricité produite localement, et de la restituer en continu.

LE MONDE |   Laetitia Van Eeckhout

Schéma du Smart Energy Hub, l’unité de stockage hybride d’énergies renouvelables conçue par Sylfen.

Envisager 100 % d’énergies renouvelables à l’horizon 2050 est un scénario pleinement réaliste aux yeux de Nicolas Bardi. Il est même convaincu qu’il sera possible, avant le milieu du siècle, de se passer du nucléaire et des énergies fossiles, à l’échelle des quartiers, si ce n’est de territoires entiers. Il compte bien y contribuer. Son entreprise, Sylfen, créée en 2015 à Grenoble, a mis au point une solution de stockage de l’énergie renouvelable, qui répond au problème posé par l’intermittence de cette énergie verte.

Aujourd’hui, avec les énergies renouvelables (solaire, éolien, biogaz…), les bâtiments deviennent producteurs d’énergie. Certains sont même conçus pour en produire plus qu’ils n’en consomment. Ces bâtiments dits « à énergie positive » restent néanmoins encore tributaires du réseau électrique national. « Pour établir le bilan d’un bâtiment à énergie positive, on ne fait que comparer sa production et sa consommation sur l’année. Or, minute après minute, il produit plus que nécessaire ou pas assez, observe Nicolas Bardi. Il a donc en permanence besoin du réseau, soit pour y injecter le surplus d’électricité créé, soit pour s’y alimenter lorsqu’il n’en a pas produit assez. »

L’équipe de Sylfen, aujourd’hui composée de six salariés, a mis à profit dix années de recherches, menées au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, sur la production d’hydrogène, pour concevoir une solution hybride, appelée Smart Energy Hub. Elle permet de stocker les surplus d’électricité produits et de les réutiliser lorsqu’on en a besoin. Un bâtiment peut être ainsi alimenté en continu avec l’énergie produite localement.

Compact et abordable

Cette solution, protégée par 22 brevets, réside dans la réversibilité du processeur d’énergie – une première mondiale, assure Nicolas Bardi. « Notre équipement est capable de fonctionner comme un électrolyseur pour transformer en hydrogène le surplus d’électricité créé localement et, inversement, en mode pile à combustible pour restituer cet hydrogène sous forme d’électricité quand on en a besoin », explique-t-il. Le système, doté d’une réserve permanente, peut basculer instantanément de la charge à la décharge et répondre aux brusques pics de consommation.

Le système, doté d’une réserve permanente, peut basculer instantanément de la charge à la décharge et répondre aux brusques pics de consommation.

Nicolas Bardi, ingénieur des Mines passé par Sciences Po, insiste sur le caractère compact et abordable de son système de stockage : « Une bonbonne d’un kilogramme d’hydrogène peut contenir 40 kWh d’énergie et revient vingt fois moins cher qu’une batterie pour stocker la même quantité d’énergie. »

Sylfen s’engage à assurer un coût de l’énergie équivalent à celui de l’énergie achetée au réseau national. « Tout en réduisant jusqu’à 80 % les émissions de CO2, ajoute Nicolas Bardi. Et, une fois le système complètement amorti, l’énergie devient quasiment gratuite. »

La start-up, qui dispose maintenant d’un prototype, boucle actuellement une levée de fonds – « entre 3 et 4 millions d’euros ». Et elle s’est mise en quête d’un lieu industriel pour assembler son système. Cet été, elle livrera une première unité à titre expérimental. Et son président-fondateur prévoit un déploiement de la commercialisation courant 2018, d’abord à l’échelle de bâtiments, puis d’écoquartiers. Tout en rêvant à de plus vastes horizons.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/les-prix-de-l-innovation/article/2017/04/07/un-systeme-de-stockage-innovant-pour-l-energie-renouvelable_5107379_4811683.html#G3ImuBSrUW72YTKm.99