Course de côte et descente sur l’eau : qui est [citta]slow ?

16 août : l’un des concurrents s’en va !

La course de côte du 15 août apparaît de plus en plus anachronique dans un monde soucieux de qualité de vie, de l’air, du bruit…

Surtout dans une commune qui est labellisée cittaslow, qui se targue de développer le slow tourisme. Je n’ose imaginer le degré de pollution engendré par ces moteurs dopés. En tout cas, le bruit insupportable des voitures revenant après leur « performance » vers 18 heures était exaspérant. Un passant faisait le lien avec la testostérone (comme les motards qui font pétarader leur cylindres dans les rues pour affirmer leur existence ou leur virilité).

En regard, les canoës-kayaks sont bien plus paisibles ; les navigateurs jouent, rient… Un autre monde.

(la seule pollution, ce sont les camionnettes qui remontent les bateaux en utilisant les chemins de promenade. Un jour peut-être, ils seront plus discrets, électriques ? Il est vrai que quelle que soit l’activité humaine, elle crée des désordres. Mais entre l’Alpine Renault, la barquette qui vrombit et la barque, c’est pas tout à fait pareil !

 

Annexe

Publié le , mis à jour
À son sujet, on peut évoquer «l’ascension de l’Assomption» puisque chaque année pour le 15 août, ils sont plusieurs dizaines de pilotes à se mesurer pour monter le plus rapidement possible la pente à 7 % et son kilomètre et demi de lacets dominant la cité médiévale. (…)  La 26e course de côte de Saint-Antonin a une nouvelle fois tenu toutes ses promesses avec 68 pilotes au départ. Christian Petiot, président de l’association «Course de Côte de Saint-Antonin-Noble-Val» et cheville ouvrière de cette manifestation populaire (organisée avec l’Asa Ingres), se disait satisfait hier soir : une météo agréable, «sans pluie ce qui a permis à tous les concurrents de bénéficier des mêmes conditions car il est déjà arrivé qu’il pleuve en haut et pas en bas ou que la route sèche entre le passage des concurrents». (…)
Satisfaction également côté affluence puisque plus d’un millier de spectateurs ont acquitté leur droit d’entrée. «La séance de drift avant la course a beaucoup plu», précisait également M. Petiot . Pour rappel, le drift est une technique de pilotage consistant à faire glisser la voiture en dérapage contrôlé. Le public a notamment vu à l’œuvre Jérémy Germain, originaire de Vaissac et résidant à Albias, spécialiste du drift au volant de sa BMW à moteur V8 de 6 litres développant plus de 500 CV.Le public a également apprécié la montée de belles anciennes, démontrant au passage qu’elles n’avaient rien perdu de leur punch…

Pour les amateurs, une vidéo est proposée ici https://www.rallyego.com/videos-course-de-cote-de-saint-antonin-noble-val-2019/

Vidéo Course de Côte de Saint-Antonin-Noble-Val 2019

 

Derrière la salle des fêtes de Saint-Antonin : à propos des décharges sauvages et des incivilités

Saint-Antonin 5 août – derrière la salle des fêtes

On a beaucoup parlé des décharges sauvages à propos du décès du maire de Signes dans le Var : mais ce ne sont pas toujours les « extérieurs » qui salopent le paysage : après tout, ce ne sont pas les touristes qui abandonnent les frigos, les matelas, les barbecues endommagés.

Les touristes jettent les mégots, les bouteilles, les canettes, les verres en plastique… Mais il n’y a pas qu’eux…

Lisons l’extrait de l’étude parue dans le Monde : « Henri Bonhomme, président de l’Union départementale du Var pour la sauvegarde de la vie et de la nature et de France Nature Environnement 83, regrette que les édiles « manquent de moyens humains » pour faire appliquer la loi. « Les PV sont, le plus souvent, dressés au titre de l’urbanisme plutôt qu’au titre de l’environnement faute de personnes assermentées pour s’en charger, dit-il, et sur les dépôts ponctuels, on arrive presque toujours trop tard. » (…) Car si la question des décharges sauvages a pris une tournure dramatique dans le Var, le département est loin d’être le seul à devoir gérer ce problème. « Nous n’avons pas de chiffres au niveau national car, par définition, on ne peut recenser de manière exhaustive ce type de pratiques, mais tout le territoire est concerné »,assure Jean-Christophe Pouet, chef du service mobilisation et valorisation des déchets à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). (…) Un rapport de l’Ademe en décembre 2018, intitulé « Caractérisation de la problématique des déchets sauvages » et fondé sur un questionnaire adressé aux 36 000 communes hexagonales – auquel moins de 3 000 ont répondu –, permet en effet d’estimer que, du mégot jeté dans le caniveau au dépôt illégal du bricoleur ou de l’artisan, en passant par la canette ou la bouteille en verre abandonnées au pied de conteneurs déjà pleins, la France génère « une vingtaine de kilos de déchets sauvages par habitant par an ».

« Un quart des dépôts sont le fait de petites entreprises et d’artisans, un autre quart celui d’habitants du territoire concerné, un troisième quart celui d’habitants de collectivités voisines, et pour le reste, on ne sait pas trop », indique M. Pouet.

Source Le Monde https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/08/07/les-decharges-sauvages-un-fleau-pour-les-communes_5497342_3224.html

Saint-Antonin 5 août – derrière la salle des fêtes

Est-ce à dire que la ville (et le territoire en général) ne peut plus supporter une société sans gêne, qui se débarasse sans chercher où est la poubelle ou la déchetterie la plus proche (même si elles ne sont pas faciles à trouver). Notre mode de vie est-il compatible avec l’écosystème qui n’en peut mais ?

 

PS : on parle ici « poubelle » mais les incivilités sont légion: bruit, non-respect des règles de politesse, stationnement abusif…  Voir article dans ce blog :  https://nobilis-vallis.eu/archives/1454

L’automobile à Saint-Antonin : conflit d’usage, conflit sur les fins… Débat

Plaidoyer pour :

  • Un centre ville qui retrouve la dimension humaine
  • des services pour la population et les activités économiques et sociales
  • un cadre urbain qui valorise le patrimoine, le bien commun
  • des innovations  : organisation différente des livraisons, service à la demande pour les habitants, mode « bas carbone ».

Avec les beaux jours qui reviennent, le conflit entre les quatre roues (les deux motorisées aussi)  et les deux pattes que sont les visiteurs (et les habitants permanents) revient aussi.

Le patrimoine se salit rapidement sous l’effet de la pollution, signe visible de ce qui se passe de façon invisible dans les poumons

Quels sont les données du problème (confiné au centre ancien, précisons-le) ?

  • le centre historique est inadapté à la circulation automobile, même s’il est possible de passer entre les pierres. Les initiés et les livreurs y arrivent quitte à faire quelques contorsions…
  • le centre historique est inadapté au stationnement : les places intramuros sont rares, recherchées, voire enjeux de rivalités.
  • la circulation est génératrice de pollution, de bruit (elle n’est pas seule : d’autres moteurs viennent augmenter les effets négatifs, y compris des véhicules de service public). La pollution est visible ou pas, mais elle est là…
  • le stationnement (qui génère de la circulation et de la pollution) a aussi ses effets pervers dont les conséquences les plus visibles sont le conflit entre le patrimoine (la ressource économique majeure de Saint-Antonin) et l’invasion automobile.

Quels sont les avantages de l’automobile dans le centre bourg ?

  • Desservir les habitants qui n’ont pas de capacité physique pour se déplacer (mobilité)
  • Desservir et livrer les commerces qui ont besoin d’être ravitaillés
  • Avoir des services publics plus proches : nettoyage, arrosage, sécurité…
Le moindre espace est l’enjeu d’une compétition. « Struggle for parking »

Pourquoi un débat sans fin ?

  • Parce que l’automobile est sacrée et que beaucoup de personnes valides ne veulent pas marcher, veulent se garer devant le magasin ou le bistrot le temps de l’apéro…
  • Parce que les commerçants à l’ancienne sont encore dans le modèle : no parking, no business. D’autres ont compris qu’une rue telle qu’il y en a à Saint-Antonin est plus attractive si le piéton (et les enfants) sont en sûreté et peuvent marcher et voir les magasins en toute quiétude.
  • Parce qu’électoralement, les élus sont tétanisés par cette injonction de circulation et de stationnement.
  • A l’inverse, l’urgence écologique pousse à trouver des solutions à tous les niveaux, dont celui, local, de Saint-Antonin. Mais entre les annonces et l’action, il y a la dure réalité !
Une placette comme celle-ci mériterait une autre fonction que de servir de parking : un arbre, des bancs, de l’air, de la lumière…

Quelles pistes pour en sortir ?

  • D’abord, rien ne se fait sans concertation. Mais comme la pente est savonneuse, il est important d’aborder le débat avec des réflexions et des exemples de solutions qui aident à sortir du binaire.
  • Et pour sortir du binaire, apporter des solutions forcément complexes : articulées dans le temps (matin et soir, été et hiver, ce n’est pas pareil), dans l’espace (rues étroites, places extérieures)…
  • Ces réponses pourraient se mettre en place avec le programme bourg-centre, l’appel à projet de la région Occitanie.

Réfléchir au rôle de l’automobile et repérer de nouvelles réponses

Desservir  :

  • pour les habitants, démêler les usages et trouver des réponses : le confort (aller à pied sur 100 m, est-ce possible ?), livrer des charges (organiser un service partagé ?), aider à la mobilité des personnes ayant des difficultés à se déplacer (service partagé encore?)
  • pour les entreprises : si la livraison est impérativement du porte à porte, service partagé ? Définir des règles strictes (calendrier, horaires, autorisation, bornes interactives…)
La maison romane est le joyau de Saint-Antonin : trop souvent, c’est un parking pour de bonnes ou mauvaises raisons

De fait, l’usage de l’automobile peut se concevoir mais à condition qu’elle serve à une fonction, réponde à un besoin, puis libère le centre bourg. Du coup, ce qui est appelé « automobile » peut prendre des formes différentes d’un usage privé.

Comme dans certaines villes (notamment du réseau Cittaslow), des solutions alternatives pourraient être réfléchies : service partagé, véhicule non polluant (électrique, hydrogène, cheval), marche à pied… Elles pourraient être couplées à un point de décharge intermédiaire où les livraisons faites par gros porteur pourraient être déchargées, stockées de façon courte et reprises ensuite soit par le destinataire, soit par un service dédié, équipé. Le modèle économique de ce service est à étudier mais il pourrait être conçu comme un service public ou associatif, financé par un stationnement payant hors les murs, équivalent à une taxe carbone destinée à compenser les dégâts environnementaux.

Stationner :

le moindre linéaire est rapidement occupé par des automobiles qui ne bougent pas beaucoup…

Près de chez soi, est-ce utile ? Dans l’urbanisme d’autrefois, il fallait un garage par logement. On s’est aperçu que cette disposition a priori vertueuse avait des effets négatifs car elle appelait la voiture en ville alors que l’urgence générale est de la dissuader en proposant des solutions aussi souples mais économes en tout (carburant, pollution, bruit, encombrement de l’espace)…

De fait, les villes mettent en place des stationnements périphériques et des liaisons vers le centre-bourg. C’est à la fois une facilité, une animation, un plus pour les commerces enfin plus visibles, accessibles et un changement radical dans le mode de vie. La rue redevient un espace collectif, on peut s’y poser, causer, échanger, embelllir. Les façades refaites ne redeviennent pas grisouilles tout de suite  : avez-vous comment la Maison romane commence à perdre de sa beauté, les pierres virent au gris et bientôt au noir sale !

In fine, si Saint-Antonin veut être grand site, assumer que la principale ressource économique dans son centre, c’est le patrimoine (le commerce est une façon de l’exploiter, ce n’est pas la ressource en soi), il faut en tirer les conséquences. En associant les deux impératifs : crise écologique (qui se traduit en crise urbaine aussi) et valorisation patrimoniale, on peut imaginer un projet urbain en rupture qui soit à la fois innovant, attractif et qui garde la notion de service : ce qui compte, c’est pas de rouler jusqu’au pied de chez soi, c’est d’être desservi  sans imposer à tout le monde son paquet de tôle, sa pollution… 

L’automobile est un animal qui occupe toujours plus que l’espace qui lui est attribué. Les régulations douces sont souvent inefficaces car le propriétaire a toujours de bonnes raisons pour ne pas respecter la zone bleue, pour enlever le plot qui barre la rue, pour faire tourner le moteur en continu, pour klaxonner…

Voir aussi cet article : https://nobilis-vallis.eu/archives/725

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