Tourisme : réflexions sur les évolutions à venir… dans le monde… Et à Saint-Antonin ?

Dans des articles liés aux rencontres dédiées au tourisme, les Entretiens de Vixouze, consacrés au tourisme du futur, dans le Cantal, les 7 et 8 septembre, (http://lesentretiensdevixouze.com/) quelques points qui nous concernent sont abordés : nous avons « piqué » quelques élements pour notre propre réflexion…

Le sommaire des entretiens est également signifiant : il mériterait que les questions abordées au niveau national soient également abordées au niveau de Saint-Antonin…  Le numérique, l’ubérisation, le phénomène Airbnb, le réchauffement climatique, le patrimoine naturel et historique…

Le Tourisme, levier du développement des territoires?

Le tourisme à la campagne sera-t-il sauvé par les plateformes collaboratives?

Quels pourraient être les rôles d’un Etat dans la promotion des tourismes en 2050 ?
Quelles stratégies pour les destinations-marques des territoires ?

Data et tourisme : uberisation ou nouvel eldorado ?

La data est le nouvel or noir. Les acteurs traditionnels du tourisme en regorgent mais les nouveaux entrants, les pures players de la data comme Uber, Airbnb, Booking ou encore Blablacar, excellent dans son extraction, son utilisation et sa valorisation. Parfois au détriment des acteurs historiques.

Ces derniers peuvent-ils encore tirer leur épingle du jeu ? De quels moyens disposent-ils ? Une collaboration avec les pures players est-elle envisageable ?


EXTRAITS

Attention aux nuisances dues à la surfréquentation

Tourisme du futur ? Peut-être, mais demain n’est-il pas ancré dans hier ?

Pour ce spécialiste, trois populations devront pouvoir profiter mutuellement de cette économie. Les touristes, certes, mais aussi les habitants et les employés. Ce qui exige une revalorisation des métiers du tourisme. Et une plus grande attention aux questions de surfréquentation dont les nuisances sont de moins en moins acceptées. En raison des dégâts écologiques, mais aussi de la tranquillité des résidents. Certaines régions du globe (comme les Cinque Terre en Italie, ou l’île de Pâques, entre autres) imposent des quotas de touristes.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/08/31/les-voyageurs-pelerins-du-xxie-siecle_5179132_3234.html#KMTEjbemUx4oSv4g.99

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« Les touristes ne recherchent plus la consommation brutale. Ils ne vont plus privilégier la beauté des lieux, mais le caractère émotionnel fort, attaché à leur histoire », estime Patrick Tacussel, sociologue.
 
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/08/31/les-voyageurs-pelerins-du-xxie-siecle_5179132_3234.html#KMTEjbemUx4oSv4g.99

Prospective : à propos de l’emploi productif : chronique de Paul Jorion

Paul Jorion a toujours été apprécié pour ses réflexions sur la prospective économique. Le texte ci-après parle du long terme. Mais le long terme se prépare dès maintenant. La position de Jorion n’est pas incompatible avec celle, plus immédiate, de Claude Seibel, que vous trouverez par ce lien dans un autre article de ce blog.

Claude Seibel : l’emploi et la formation… Les difficultés des mieux populaires


Emmanuel Macron et « le Turc mécanique »

Dans sa chronique mensuelle [le Monde], l’économiste Paul Jorion explique qu’il est préférable que la question de la disparition de l’emploi salarié, qui se pose déjà, soit résolue posément dès maintenant autour d’une table que dans l’agitation des mouvements de rue.

Le Turc mécanique est le fameux joueur d’échecs construit par l’écrivain et inventeur hongrois Wolfgang von Kempelen (1734-1804), ingénieur à la cour impériale de Vienne. Il s’agit d’une machine, prétendument un automate, dans laquelle un être humain était en réalité dissimulé et décidait du déplacement des pièces.

Mais le Turc mécanique est aussi le nom d’un site Internet mis en place depuis 2005 par la firme Amazon, Amazon Mechanical Turk, où est géré un système d’offres de travail en miettes permettant de se disputer dans la surenchère, ou plutôt faudrait-il dire dans la sous-enchère, des tâches pour lesquelles les êtres humains reviennent meilleur marché que les robots et autres algorithmes s’ils acceptent en paiement une simple obole : quelques centimes pour une tâche, soit une rétribution horaire oscillant entre 1 et 3 dollars.

L’apparition de marchés où celui ou celle qui accepte comme prix de ses efforts la rémunération la plus faible, emporte l’enchère inversée et s’engage à réaliser la tâche, est ce qu’on appelle aujourd’hui l’ubérisation.

Le problème que le Turc mécanique soulève n’est pas seulement que de pauvres hères acceptent de réaliser dans un tel cadre une tâche pour 7 ou 13 centimes, mais que certains – dont M. Macron qui en a fait l’éloge – y voient le cadre idéal pour l’exercice de la « liberté » et de la « responsabilité » personnelles, et donc un gain global pour l’humanité plutôt que la montée de la misère et de la régression sociale faute d’autres choix offerts.

Mécanisation galopante

Mais existe-t-il une alternative ? Nous, Européens, nos prétentions au maintien d’une vie décente, notre nostalgie des « trente glorieuses » et de l’Etat-providence, ne sommes-nous pas condamnés à perdre à tous les coups face à la montée en puissance d’un modèle de société ultralibérale où « l’homme est un loup pour l’homme » ?

La mécanisation galopante a lieu en ce moment sous nos yeux, et il serait naïf de croire qu’il s’agit juste d’une affaire de robots puisque ce sont essentiellement des logiciels ou des algorithmes qui éliminent le travail, et donc l’emploi. A l’aide d’artifices tels que la loi travail de Mme El Khomri, nous cherchons à nous persuader que nous pourrions peut-être l’emporter dans la course au moins-disant salarial avec un pays comme le Bangladesh, en visant à améliorer notre « compétitivité » par rapport à lui. Nous sommes, en réalité, condamnés à échouer dans cette course au misérabilisme.

Peut-on alors gérer par une réduction du temps de travail la disparition de l’emploi qui s’amorce et n’ira qu’en s’accélérant ? Hélas, le remplacement de l’humain par le numérique sera trop rapide pour que l’on puisse le maîtriser par un tel moyen.

Une perspective à courte vue

Non, la question de l’emploi salarié doit être mise à plat dans le cadre qui est le sien aujourd’hui : celui de sa disparition pure et simple. Se contenter d’orchestrer dans une logique de « compétitivité » la foire d’empoigne qui en résulte est une perspective à bien trop courte vue.

Nous avons mieux à faire, mais il faut pour cela accepter que soit posée dans toute sa généralité et toute sa globalité la question de l’attribution et de la redistribution des richesses en envisageant de mettre en œuvre des politiques comme le revenu universel ou, mieux encore, le retour à la gratuité en matière de santé et d’éducation, voire l’extension de cette gratuité à d’autres domaines relevant de l’indispensable comme les transports locaux, l’alimentation et le logement de base.

La question de la disparition de l’emploi salarié se pose déjà et se posera nécessairement avec toujours davantage d’acuité dans les années qui viennent. Il est de loin préférable qu’elle soit résolue posément dès maintenant autour d’une table que dans l’agitation des mouvements de rue.

  • Paul Jorion (Economiste et anthropologue, Université catholique de Lille)

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/05/09/emmanuel-macron-et-le-turc-mecanique_5124854_3232.html#Ky3DBif4d5RzOhoR.99