La venue d’Emmanuelle Wargon (revue de presse – La Dépêche) : et la question de l’eau ????

La visite de la ministre dans le pays Midi-Quercy  : rien d’officiel sur l’eau et les chaussées (à moins du contraire) : du solaire, de l’isolation énergétique… que du bien, mais en passant à Roumégous, il aurait été bien de parler « rééquipement énergétique »…

Dommage que cette visite ait été organisée sans concertation préalable pour poser les questions qui sont posées par lettre recommandée au préfet mais qui n’ont pas encore de réponse deux mois après (sauf l’accusé de réception de la poste !)

Emmanuelle Wargon vante la transition du gîte et de l’école

Emmanuelle Wargon a visité hier, l'école Paul Bayrou, à Saint-Antonin-Noble-Val. / Photo DDM,
Emmanuelle Wargon a visité hier, l’école Paul Bayrou, à Saint-Antonin-Noble-Val. / Photo DDM, Publié le 27/08/2019 à 03:48, mis à jour à 08:54

Dans la maison de Martine, à Caussade, la température est restée acceptable, cet été, même lorsque la canicule s’est abattue, sur le Tarn-et-Garonne, fin juin. Et après d’importants travaux qui ont été menés ces derniers mois pour isoler les murs extérieurs et les combles de son logement, elle s’attend, maintenant, à vivre un hiver, bien au chaud. La rénovation aura coûté une somme de 29 000 €, avec 10 900 € de subventions. «Mais je ne le regrette pas, même si les démarches peuvent être simplifiées. Je vais obtenir un gain énergétique de 41 %. ça va me faire une sacrée différence, car je payais jusqu’à présent 220 € d’électricité par mois», se félicite cette habitante de Caussade qui a été accompagnée dans toute sa démarche par le service public de rénovation énergétique du Pays Midi-Quercy.

Pourquoi Martine a-t-elle parlé de la rénovation de sa maison à Emmanuelle Wargon ? Tout simplement parce que la secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, était hier, dans le Tarn-et-Garonne, pour évoquer, avec les élus, les entreprises et les particuliers, tous les sujets énergétiques. «Je suis persuadée que le développement des énergies renouvelables se fera avec les citoyens. La transition écologique, ça ne se décrète pas», a-t-elle lancé à Nègrepelisse, au tout début de sa visite.

Accueillie par le maire de la commune, Maurice Correcher, la secrétaire d’État a signé, au club-house de rugby du SCN, l’acte d’engagement d’un contrat de transition écologique avec le PETR (pôle d’équilibre territorial rural) du pays Midi Quercy qui permettra de développer des projets. «D’ici trois mois, on doit définir maintenant les actions et rendre visible les bénéfices économiques et pour la planète. Il ne faut pas opposer économie et écologie.»

Trois initiatives ont été soigneusement montrées à la secrétaire d’État. Présentée à Nègrepelisse, la Société civile à investissements collectifs (SCIC) du pays Midi-Quercy a ouvert la voie en équipant cinq bâtiments du territoire de panneaux photovoltaïques (centre sportif de Nègrepelisse, ateliers à Caylus, Lavaurette, Salvetat-Belmontet et Laguépie).

Cap sur le Tescou aujourd’hui

À Saint-Antonin-Noble-Val, le gîte de groupe du moulin de Roumégous, qui peut recevoir jusqu’à 57 personnes, a fait baisser ses frais de chauffage de 36 %. Grâce à larénovation énergétique, la structure peut désormais fonctionner aussi au printemps et à l‘automne.

La secrétaire d’État a salué également l’école élémentaire à énergie passive Paul Bayrou, avant de participer à un déjeuner Républicain à la mairie de Saint-Antonin-Noble-Val.

Après avoir filé dans l’Aveyron, hier après-midi, la secrétaire d’État sera aujourd’hui, dans le Tarn, et même très près du Tarn-et-Garonne, puisqu’elle doit se rendre dans la vallée du Tescou sur le sujet sensible de l’eau et de l‘hypothèse d’un nouveau barrage de Sivens. «On va parler d’eau et de partage de l’eau. Nous sommes favorables à des retenues d’eau, mais pas n’importe comment. Quel est le volume d’eau que l’on peut prélever pour quelle agriculture ?» La secrétaire d’État pose la question.

Thierry Dupuy

Revue de presse (audio) : France Culture : « trop de touristes tuent le tourisme ? »

Une émission d’actualité qui résonne à Saint-Antonin : certes, ce n’est pas Venise, Dubrovnik, Santorin ou le Machu-Pichu. Mais partout le flux touristique dénature ce qui est proposé à la découverte. Le logement ordinaire est concurrencé par les loueurs en ligne qui industrialisent l’offre de logement, les collectivités locales et les agents économiques réclament plus de tourisme parce qu’ils en vivent. Un cercle infernal ?

16/08/2019Trop de touristes tuent le tourisme ?

Face à un afflux de touristes de plus en plus important chaque année, de nombreuses villes européennes envisagent de durcir leurs législations pour lutter contre le tourisme de masse, dont les effets néfastes commencent à se faire ressentir sur les paysages et les écosystèmes.

France-culture : 16 août 2019 : émission 45 minutes  en réécoute possible sans limite de temps

INTERVENANTS
  • Maria Gravari-Barbas
    professeure de géographie à l’université Panthéon-Sorbonne, directrice de l’Institut de Recherche et d’Études Supérieures du Tourisme (Irest) et de la Chaire UNESCO “Culture, Tourisme, Développement”.
  • Rodolphe Christin
    sociologue.
  • Pierre Josse
    co-fondateur et rédacteur en chef du Guide du Routard.

 

Polémique : (revue de presse) : des habitants d’un village (sic) médiéval refusent le «tourisme de masse» (mise à jour)

Au nord de Toulouse, des habitants d’un village médiéval refusent le «tourisme de masse»

Des habitants de Saint-Antonin-Noble-Val, au nord de Toulouse, s’opposent à la labellisation « Grand Site » du village, un projet incitant, selon eux, au «tourisme de masse ».

Source : https://actu.fr/occitanie/saint-antonin-noble-val_82155/au-nord-toulouse-habitants-dun-village-medieval-refusent-tourisme-masse_25954246.html

Commentaire personnel : l’article plutôt équilibré quand il donne la parole aux uns et aux autres  : le tourisme de masse, le point de vue des pétitionnaires… pose question quand il reprend les termes des élus (qui ont déjà été en partie diffusés par la Dépêche) : deux  points critiques :
– le recours à l’argument classique – que l’on trouve partout quand les élus sont confrontés à une fronde –  : « ceux qui sont contre ne sont pas d’ici ou ne sont pas des citoyens à part entière. » Comme s’il fallait être un vieux de la vieille, là depuis des générations, pour avoir un avis. A quoi sert la solidarité citoyenne ? Ne peut-on avoir un point de vue sur ce qui est un patrimoine « mondial », ou tout au moins, un bien commun qui mérite qu’on s’engage ? Autrefois, on parlait de droit d’ingérence et ici, c’est une version soft, mais tout aussi réelle, qui est en question.
– le second point porte sur le recours à la notion de « mensonges » : tout bonnement, les mensonges qui sont peut-être  plutôt des incompréhensions, n’auraient peut-être pas pu naître s la concertation avait été mise en place en amont, au moment de l’élaboration du contrat. On peut maintenant nous promettre des commissions de travail, mais c’était avant qu’il fallait le faire, ce qui aurait évité ce conflit, ces crispations. Nous avons ici, à répétition, réclamé une vraie participation avant (et pas après comme un lot de consolation). Là, encore, la démocratie locale ne fonctionne pas… Il serait temps de la mettre en place.
Voir infra le texte de l’article mis en ligne par Actu_fr
images ci-dessous du marché nocturne du 17 juillet

Ses ruelles, son ancien hôtel-de-ville, sa halle, sa caserne des Anglais… Au nord de Toulouse, le village de Saint-Antonin-Noble-Val (Tarn-et-Garonne) est un musée à ciel ouvert ! Cette cité médiévale compte plusieurs édifices classés aux Monuments historiques. C’est aussi le point de départ de plusieurs balades en randonnée dans les Gorges de l’Aveyron. (…)

Le 16 juin 2019, des habitants ont lancé une pétition « Non au sur-tourisme à Saint-Antonin-Noble-Val » pour s’opposer à la labellisation « Grand Site Occitanie » de leur village. La pétition compte déjà 800 signataires en ligne, auxquels il faut ajouter « plusieurs centaines de personnes qui ont préféré signer la pétition papier », précise le collectif baptisé « Collectif intercommunal libreval ». Pour mémoire, ce petit village ne compte que 1 800 âmes…

Un contrat avec la Région

La communauté de communes de Quercy-Rouergue-gorges de l’Aveyron, dont fait partie Saint-Antonin-Noble-Val, s’apprête à signer avec la Région un dispositif de développement touristique.

Les habitants signataires de la pétition disent ne pas vouloir connaître le même sort que Cordes-sur-Ciel (Tarn), Rocamadour ou bien Saint-Cirq-Lapopie (Lot) :

Devenir « Grand Site », c’est laisser la Région promouvoir notre territoire par tous les moyens nécessaires pour augmenter le nombre de visiteurs. L’expérience montre que les bourgs labellisés « Grand Site » se sont hélas vidés et artificialisés… Saint-Antonin n’est pas une relique à vendre, c’est un trésor partagé, habité, à préserver. Oui à l’esprit de Saint-Antonin qui se manifeste dans l’essor de ses associations diverses, dans la vie culturelle et artistique, dans une humanité directe, dans le bonjour de ses rues et le sourire accueillant. C’est cela qu’il faut préserver d’une touristification à outrance qui fait de nous les Mickey d’un parc d’attractions « authentique et convivial ».

« Non au tourisme de masse »

Le collectif s’oppose notamment à la création d’un hôtel par une chaîne hôtelière privée, au bétonnage de parkings, au déménagement de l’office de tourisme… « Non à un projet incitant au tourisme de masse et à l’hypermobilité à l’heure de l’urgence écologique », écrivent les auteurs de la pétition. « Non à ces dépenses d’argent public qui, créant des effets d’aubaine, font flamber les prix et génèrent des inégalités. Non aux subventions Grand Site qui entraîneront notre commune dans une spirale de travaux d’aménagement et de dépenses de fonctionnement ».

Contacté par Actu Toulouse, Denis Ferté, adjoint au maire en charge du tourisme à Saint-Antonin-Noble-Val, dit ne pas comprendre cette polémique :

Nous n’allons pas voir débarquer des milliers de cars de touristes à Saint-Antonin-Noble-Val. D’ailleurs, notre logique a toujours été de défendre le « slow tourisme » et le « tourisme expérientiel ». Le label « Grand Site Occitanie » nous amène des financements supplémentaires pour mener à bien nos projets et communiquer sur notre patrimoine. La finalité n’est pas le tourisme de masse comme le fait croire le collectif.

(…)

Une pétition sans véritable ancrage local

Selon l’élu, les opposants ne sont « pas forcément des habitants de longue date », leur pétition a peu d’ancrage local. Denis Ferté estime que la labellisation est source d’attractivité pour Saint-Antonin-Noble-Val, citant l’exemple de Marciac, dans le Gers, labellisée « Grand Site » et célèbre pour son festival de jazz :

Les auteurs de la pétition prennent l’exemple de Cordes-sur-Ciel ou de Saint-Cirq-Lapopie. La situation est différente. Il y a beaucoup de touristes mais très peu de résidents permanents… Ce qui est loin d’être notre cas. Nous baignons dans le tourisme depuis le 19e siècle et le développement du thermalisme. Les pétitionnaires sont opposés à la création d’un hôtel mais il y a toujours eu un hôtel à Saint-Antonin-Noble-Val. Cela ne faisait que trois ou quatre ans que ce n’était plus le cas. Ils dénoncent le bétonnage de parkings alors que notre projet, au contraire, est d’aménager des parkings paysagers en plantant des arbres…

Une pétition « alimentée par des mensonges »

Dans un communiqué de presse, André Massat, président de la Communauté de Communes Quercy Rouergue et Gorges de l’Aveyron, dit entendre les craintes liées à ce classement. Des commissions de travail seront ouvertes dès cet automne à la population locale « afin de construire ensemble le projet touristique de notre territoire ».

En revanche, André Massat s’insurge sur le mode de communication de ces craintes. Selon lui, la pétition est « alimentée par des mensonges et des contres vérités colportées par des personnes qui sont venues s’installer sur notre territoire grâce au tourisme et qui vivent du tourisme » :

Il faut avoir à l’esprit que si nous avons aujourd’hui de nombreux commerces de proximité et un tissu associatif aussi riche, c’est en grande partie grâce au tourisme… Le contrat « Grand Site » permettra la réalisation de nombreux aménagements utiles à la population permanente .

André Massat cite la restauration de places ou de rues mais aussi la création d’un Musée de France à Saint-Antonin. « Ces investissements ne pourraient pas être réalisés sans cette labellisation et les financements qui l’accompagnent », conclut-il.

Si le collectif salue l’organisation des commissions de travail à l’automne, il demande, au préalable, la suspension du contrat Grand Site Occitanie :

« Nous maintenons que la population doit être consultée avant de s’engager par la signature de ses élus dans un contrat qui comporte des obligations, qui s’accompagne de campagnes publicitaires pour promouvoir nos villages et qui a pour effet d’augmenter la fréquentation touristique ».

A la suite de cet article, des mises au point ont été demandées :

Communiqué du Collectif intercommunal Libreval en réponse à la tribune d’André Massat, président de la communauté de communes QRGA, dans la Dépêche (01/07/2019)

« CLIVAGE n. m. : … En bijouterie : Taille initiale opérée, dans certains cas, pour dégrossir le diamant. »(Dictionnaire Larousse)

En réponse à notre pétition, Monsieur Massat écrit dans La Dépêche du 1er juillet 2019 : « Des commissions de travail seront ouvertes dès cet automne à la population locale afin de construire ensemble le projet touristique de notre territoire. » Nous nous en réjouissons. Le 2 juillet, Matthieu Simon, directeur général des services à la communauté de communes, nous écrit par mail que « chacun sera le bienvenu pour apporter sa pierre à l’édifice sur les thèmes suivants : la promotion, les hébergements, le patrimoine et les activités de pleine nature. » Là encore, c’est une ouverture positive.

Toutefois, une véritable concertation doit nécessairement porter sur la question centrale qui est : «Voulons-nous signer le contrat Grand SiteOccitanie?» C’est pourquoi il est indispensable de suspendre la signature du contrat Grand Site. En effet, nous maintenons que la population doit être consultée avant de s’engager par la signature de ses élus dans un contrat qui comporte des obligations, qui s’accompagne de campagnes publicitaires pour promouvoir nos villages et qui a pour effet d’augmenter la fréquentation touristique de 20 à 80 %/1.

Par conséquent, nous souhaitons que nos élus nous garantissent la suspension de ce contrat pour s’engager à ouvrir une concertation exemplaire tant dans ses modalités que dans ses effets. Pour commencer et sans attendre septembre, deux mesures peuvent être mises en place : mettre à disposition de la population les documents officiels en version numérique comme en version papier ; dédier à cette concertation des espaces d’expression et de délibération (salle, panneaux d’affichage).

Dans cette attente, nous poursuivons notre travail :
– d’information : au verso, une interview de la présidente du comité régional du tourisme
– de recueil de signatures : https://www.change.org/p/préservons-notre-village-de-st-antonin-nv-du- tourisme-industriel-grand-site-occitanie-non

Contact : lesprit.d.lieux@gmail.com

1/ « L’augmentation constatée dans les anciens sites Occitanie passe de 20 à 80 % » (Bulletin d’information municipal, décembre 2018, p. 8)

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EXTRAITS – page 15. ENTRETIEN. VIRGINIE ROZIERE, PRESIDENTE DU COMITE REGIONAL DU TOURISME EN OCCITANIE.

Estimez-vous que l’Occitanie est aujourd’hui mûre pour accueillir massivement le tourisme de groupe?
La région a un tel potentiel, une telle diversité dans son offre, que nous disposons d’un large potentiel de croissance pour notre clientèle groupes. Nous ciblons ces clientèles : clientèle lointaine avec notamment la Chine et le Japon mais nous travaillons les clientèles de proximité, françaises ou européennes. Pour l’international, nous proposons des grands sites très emblématiques à forte notoriété qui sont des points d’attraction et d’intérêt. On pense bien sûr au Pont du Gard, à Lourdes, Rocamadour, Toulouse ou Carcassonne qui sont déjà très identifiés et programmés par les excursionnistes et les autocaristes.

Est-ce que vous souhaitez vraiment jouer cette carte du tourisme de groupe ?
Nous organisons régulièrement des rendez-vous afin de développer la fréquentation et la clientèle de groupes. Cela se fait bien sûr au bénéfice de tous les acteurs touristiques de la région. Destination Groupes Occitanie, en B to B fait d’ailleurs partie de ces grands rendez-vous. Lors de cet événement, nous invitons à la fois pour un tiers, les professionnels de l’hébergement, les responsables et les acteurs institutionnels que sont les offices du tourisme et les agences départementales. Nous avons aussi une démarche particulière pour aller chercher des cibles qui nous apparaissent comme stratégiques. Ce sont notamment les clientèles lointaines, la Chine, le Japon, l’Asie. On a une représentation assez importante : à peu près un quart des visiteurs professionnels pour nos rendez-vous ont des liens très forts avec ces marchés. Sur l’Europe nous travaillons surtout sur la Belgique et l’Allemagne avec, là encore, un partenariat stratégique avec les voyagistes leaders sur le marché.

Revue de presse (le Monde) : « Une espèce de poissons d’eau douce sur cinq menacée en France »

Revue de presse : « Une espèce de poissons d’eau douce sur cinq menacée en France »

La destruction des milieux naturels et la pollution des cours d’eau sont les principales causes du déclin des populations. Par Pierre Le Hir Publié le 11 juillet 2019 par le quotidien « le Monde »

Quelques lignes de commentaires personnels – DP en fin d’article

L’esturgeon européen, la grande alose, l’anguille européenne et le chabot du Lez en danger critique d’extinction. La loche léopard, la lamproie marine, l’omble chevalier ou l’apron du Rhône en danger. Le brochet aquitain, la lote de rivière ou l’ombre commun en situation de vulnérabilité… Au total, 15 des 80 espèces de poissons d’eau douce présentes en France métropolitaine, soit près d’une sur cinq, sont menacées de disparition. C’est ce que révèle la « liste rouge » publiée, jeudi 11 juillet, par le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature et le Muséum national d’histoire naturelle.

<<<< La lote de rivière, autrefois commune dans les bassins du Rhin, du Rhône et le la Saône, est en régression du fait de la disparition de ses zones de fraie ainsi que du réchauffement climatique, cette espèce se reproduisant à très basse température. Henri Persat

Par rapport à la précédente évaluation, réalisée voilà neuf ans, le bilan s’est encore aggravé puisque, si l’on y ajoute 16 espèces classées comme « quasi menacées » (barbeau méridional, vairon basque, saumon atlantique…), le pourcentage total d’espèces en péril est passé de 30 % à 39 %. « La destruction et la dégradation des milieux naturels constituent les principales menaces », indiquent les auteurs. C’est ainsi que la loche d’étang pâtit de l’assèchement des zones humides et de la présence de digues sur les cours d’eau. Le drainage agricole des prairies humides affecte les conditions de reproduction du brochet commun, tandis que l’extraction de granulats met à mal l’habitat de la lamproie de rivière ou du toxostome.

< Le brochet commun est menacé par le drainage agricole des prairies humides. MNHN/EFeunteun

A cette pression s’ajoute la pollution des milieux d’eau douce, lacs ou rivières, notamment par les pesticides. Cette mauvaise qualité des écosystèmes aquatiques a pour effet de fragiliser les défenses immunitaires de certaines espèces, comme l’anguille européenne. La situation des poissons migrateurs amphihalins (qui effectuent une partie de leur cycle de vie en eau douce et une autre partie en mer) est jugée particulièrement « inquiétante ». Aux menaces déjà citées s’ajoutent, pour ces migrateurs, les barrages qui compromettent leur périple vers leurs zones de reproduction.

 

 

 

 

< L’anguillle européenne, qui se reproduit en mer des Sargasses avant de coloniser les eaux douces continentales, a vu ses stocks s’effondrer depuis les années 1980. Elle bénéficie d’un plan de gestion dans tous les pays de l’Union européenne. MNHN/EFeunteun

 

Par rapport à la liste rouge d’il y a neuf ans, sept espèces de poissons d’eau douce ont vu leurs effectifs se redresser : le spirlin, le mulet porc, le chabot fluviatile, le vairon commun, la bouvière, la blennie fluviatile et l’ide mélanote.

Commentaire : loin de critiquer cet article qui est très pertinent, j’ajouterai que les facteurs déstabilisants qui sont énumérés sont tous récents ; les chaussées, les seuils de nos moulins sont, quant à eux, anciens et je peuvent pas expliquer  (porter le chapeau) de la crise de la biodiversité dans les rivières. Dans les simulations que l’on peut faire pour expliquer et agir, les facteurs agronomiques, urbains sont de loin les plus « actifs ».

Il nous a été raconté qu’il y a quelques décennies, les truites sauvages étaient nombreuses dans les creux d’eau des rivières comme la Baye. Aujourd’hui, toute configuration étant par ailleurs égale, il n’y a plus rien. Les aménagements sur les cours d’eau n’ont pas changé Les lâchers de poisson d’élevage n’y sont peut-être pas pour rien non plus. Les biologistes estiment que les animaux d’élevage sont moins résistants, ont perdu leurs facultés migratrices…. et par croisement, appauvrissent le patrimoine génétique de l’espèce. Les papillons comme les truites… (DP)

Revue de presse : Le Monde – à propos du label Slow city

« Slow city », un label pour Mirande, qui reste à partager avec ses habitants

La démarche qui allie développement durable local et qualité de vie se développe mais reste encore l’apanage de petites villes, comme cette commune du Gers. Par Publié hier à 11h39 dans le Journal le Monde

La commune de Mirande encourage la consommation de produits en circuit court.
La commune de Mirande encourage la consommation de produits en circuit court. Photo-Vidéo Club Mirande

Il est 21 heures à Mirande (Gers), les restaurants commencent à fermer leurs portes. Sur un terrain aménagé le long du boulevard Alsace-Lorraine, le bruit des boules de pétanque qui s’entrechoquent se dissipe à mesure que la nuit tombe. Seuls quelques jeunes roulant à toute allure en moto viennent troubler le calme de la commune de 3 483 habitants. L’escargot, emblème des « slow cities« , traîne sa coquille sur la façade des écoles, des boulangeries, des boucheries et des restaurants. Le gastéropode nous rappelle de temps à autre que Mirande n’est pas une ville ordinaire, mais une « ville du bien vivre » comme s’en prévaut Pierre Beaudran, son maire.

Concept né en Italie en 1999, la « cittaslow » ou « slow city » fait suite à une déclinaison du mouvement Slow Food. Sa philosophie : le retour à un rythme de vie apaisé et raisonné à travers la promotion du développement durable et local. Piloté depuis l’Italie, le réseau Cittaslow international décerne un label aux communes de moins de 50 000 habitants. Le contrôle de la pollution sonore, la sauvegarde des monuments historiques ou encore la promotion des traditions et des produits locaux sont autant de conditions examinées. Les villes candidates doivent répondre a minima à la moitié des 72 critères de sélection, tous visant à réduire le stress urbain.

Pour l’heure, en France notamment, ce sont essentiellement de petites communes qui sont labélisées. Des villes nettement plus conséquentes néanmoins, telles Bra en Italie et ses 29 000 habitants, et même Yaxi en Chine et 22 000 habitants, se sont engagées dans la démarche.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Slow Food », « Slow City » et… « Slow Science »

Labellisée en 2011, Mirande fait partie d’un réseau français de 10 communes coordonné par Pierre Beaudran. Parmi elles, Segonzac en Charente, Labastide-d’Armagnac dans les Landes, et Valmondois, seul « cittaslow » d’Ile-de-France. Si la municipalité occitane a obtenu son label avec 62,76 % de critères satisfaits, c’est parce que, du fait de sa taille, elle était déjà slow avant d’en être labellisée.

Une démarche de développement durable globale

Non loin de l’Eglise de Sainte-Marie, La table du Petit Maupas a vu quatre générations de chefs cuisiniers se succéder depuis 1951. Eric Maupas, aujourd’hui à la tête du restaurant, met un point d’honneur à se fournir auprès de producteurs locaux. Son mot d’ordre : être authentique et créatif. « Un jour, je vais faire du poulet à la basquaise, le lendemain aux champignons puis nature. On prend des produits de saison et on essaie d’agrémenter les saveurs », explique-t’il. Egalement au menu, la vache mirandaise. Depuis 1997, cette race en voie de disparition fait l’objet d’un programme de préservation conduit par le lycée agricole de Valentées, situé à quelques kilomètres de là. Aidés du corps enseignant, les élèves participent à l’élevage de vaches mirandaises, de porcs noirs de Bigorre et de canards avant d’en revendre certains à d’autres exploitations. « On démarche les bouchers du Gers pour valoriser les circuits courts », souligne Jean-Louis Kelemen, directeur de l’exploitation agricole du lycée.

Au-delà de l’alimentation, la « cittaslow » est une démarche de développement durable globale. « Le label est un rappel à l’ordre. Il faut être en accord avec l’esprit “cittaslow” à chaque décision prise », précise Pierre Beaudran. Ainsi, la municipalité a entrepris de moderniser sa station d’épuration. Des bacs de roseaux ont été installés pour assécher et purifier naturellement les boues rejetées sur le site. La pose de panneaux photovoltaïques ici et là a également contribué à rendre la ville à 95 % à énergie positive comme s’en félicite le maire. « Cittaslow » a aussi un volet social. Avec 30 logements loués aux personnes âgées et aux familles actives, la résidence Lézian participe au maintien d’une solidarité intergénérationnelle.

Huit ans après l’avoir reçu, la municipalité doit renouveler son label. A l’heure du bilan, les commerces interrogés ne perçoivent pas d’impacts significatifs sur leur activité économique. A l’office de tourisme, Gisèle Beuste ne constate pas non plus de hausse de la fréquentation de la commune. Agent immobilier à Mirande, Eric Bocino assure que « la population, vieillissante, a diminué. Les jeunes vont toujours dans les grandes villes. » D’après l’INSEE, la population mirandaise a diminué de 1 % entre 2011 et 2016.

Une notion du temps trop souvent oubliée

L’organisation de l’assemblée internationale Cittaslow à Mirande en 2018 avait pourtant été un coup de projecteur sur la ville. La commune avait pu échanger ses bonnes pratiques avec quelque 250 délégués issus de 17 pays. Dans les universités de Lyon, de Paris et de Pau, les géographes sont également nombreux à solliciter les interventions des « cittaslow » françaises. « Le concept de “cittaslow” est intéressant, car il fait apparaître une notion du temps trop souvent oubliée dans l’analyse des politiques urbaines », constate Sandra Mallet urbaniste à l’université de Reims. Le maire de Mirande reconnaît que « les gens adhèrent plus à l’extérieur qu’à l’intérieur de la ville. Le plus difficile est d’impliquer les citoyens. » La philosophie continue néanmoins de séduire en France et à l’étranger puisque la commune gersoise de Cazaubon (1 623 habitants) et la commune belge de Jurbise (10 450 habitants) viennent d’être labellisées.

Revue de presse : Le Monde – Marc Dufumier : à propos de l’agro-écologie – et à propos du sainfoin

Hors de l’agriculture industrielle, il y a d’autres pistes de développement, ce que raconte Marc Dufumier, agronome.

Au moment où le Pays Midi-Quercy se pose des questions sur son agriculture dans le cadre du SCOT, ce point de vue opposé à l’agriculture industrielle est intéressant. Notamment, si on veut revenir à un assolement dans les plaines de l’Ouest du pays, pour échapper à  une agriculture dite « moderne », la présence de prairies sèches peut être utile.

Un autre article dans ce supplément du journal sur le retour des abeilles maçonnes des hangars (voir lien ci-dessous) que l’on croyait disparues est également intéressant car il propose de réhabilité une culture passée de mode – le sainfoin – mais pleine de qualité.

Voici ce qu’en dit l’INRA : http://www.sa.inra.fr/Toutes-les-actualites/Le-sainfoin

Le sainfoin, une plante aux multiples atouts – Le sainfoin, Onobrychis viciifoliae, est une légumineuse qui pousse sur les sols calcaires pauvres et secs. Il fait partie de la famille des Fabacées (Papilionacées).
En dehors de ses effets sanitaires, le sainfoin et les légumineuses riches en tanin ont d’autres atouts dans le cadre d’une agriculture durable :

•    agronomique : résistance à la sécheresse
•    nutritionnel : avec une valeur comparable à celle de la luzerne
•    environnemental : plante mellifère, elle réduit le recours aux engrais et diminue l’émission de méthane, un gaz à effet de serre.

> L’abeille maçonne des hangars est revenue

Des nids d’une espèce dont on avait perdu la trace ont été trouvés dans la Drôme, probablement en raison d’une plus faible utilisation de pesticides et de la culture du sainfoin.

« Cette redécouverte inédite pourrait avoir deux explications. D’une part, la très faible utilisation de pesticides dans ces communes : ici, le pourcentage de surface en bio peut atteindre plus de 80 %. Et, d’autre part, la présence de champs de sainfoin, dont raffolent ces abeilles sauvages. « Cette légumineuse représentait autrefois le pétrole des hippomobiles, on en trouvait partout. Avec l’arrivée des voitures, sa culture a quasi disparu », commente Vincent Albouy. Mais, d’après l’enquête de Philippe Haeringer, la culture du sainfoin n’aurait jamais été totalement interrompue sur ce territoire, qui fait partie de la « biovallée ». Cette légumineuse connaît même un nouvel essor, partout en France : rustique, elle valorise les sols pauvres et représente un fourrage de qualité, très demandé par les éleveurs. Une bonne nouvelle pour les abeilles maçonnes comme pour l’ensemble des pollinisateurs. »

https://www.lemonde.fr/sciences/article/2019/06/18/l-abeille-maconne-des-hangars-est-revenue_5477976_1650684.html

Marc Dufumier : « L’agroécologie peut parfaitement nourrir 10 milliards d’humains »

Source : https://www.lemonde.fr/sciences/article/2019/06/17/l-agroecologie-peut-parfaitement-nourrir-10-milliards-d-humains_5477403_1650684.html

Pour l’agronome Marc Dufumier, l’agriculture doit tenir compte du fonctionnement  de l’écosystème dans sa globalité.

Propos recueillis par Publié le 17 juin 2019 à 12h33, mis à jour à 08h41

Professeur d’agronomie, ex-titulaire de la chaire d’agriculture comparée et de développement agricole à AgroParisTech, Marc Dufumier prône un changement de paradigme agricole en refusant le modèle imposé par les industriels et en considérant les milieux naturels cultivés dans leur globalité et leur complexité. Son livre L’agroécologie peut nous sauver vient de paraître aux éditions Actes Sud.

Vous êtes souvent présenté comme l’un des pionniers de l’agroécologie scientifique. De quoi s’agit-il ?

L’agroécologie scientifique est une branche de l’écologie consacrée aux écosystèmes aménagés par les agriculteurs. Elle vise une compréhension la plus précise possible des milieux naturels domestiqués, et ce dans toute leur complexité : les interactions entre les végétaux, les hommes et les animaux mais aussi les éléments biologiques, physiques, climatiques, etc.

C’est une approche systémique qui tente de comprendre comment les pratiques agricoles modifient, simplifient et fragilisent éventuellement les écosystèmes, et de proposer des solutions pour les faire fonctionner sans trop simplifier, ni trop fragiliser. Pour être efficace, il faut d’abord bien connaître le fonctionnement de l’écosystème dans sa globalité.

Comment en êtes-vous venu à cette discipline ?

En 1968, je suis parti en mission à Madagascar. J’étais un jeune agronome sortant de l’école, formaté et pétri de certitudes concernant le bien-fondé des engrais de synthèse, des variétés végétales à haut potentiel de rendement et de toutes les techniques agrochimiques. Les rizières inondées fourmillent de vie : poissons, escargots, grenouilles, canards qui s’occupaient de manger les ravageurs et les mauvaises herbes… Tout ce système fonctionnait très bien, et me voilà qui arrivais avec mon riz high-tech, mes produits chimiques, et qui tuais tous ces poissons, ces canards, ces escargots, bref, toutes les sources de protéines.

Ces femmes malgaches m’ont dit : « Votre riziculture améliorée merci, mais on trouve que c’est plutôt une riziculture empirée. » Elles avaient entièrement raison ! J’ai eu la chance de me rendre compte très tôt que leur objet de travail était un agroécosystème d’une profonde complexité et que raisonner uniquement en termes de génétique, de rendement, d’engrais, etc., ne menait nulle part. Pour être efficace, il faut d’abord bien connaître le fonctionnement de l’écosystème dans sa globalité.

Nous serons bientôt 10 milliards sur Terre. Une agriculture inspirée de l’agroécologie peut-elle suffire à remplir tous ces estomacs ?

Sur un plan technique, oui, c’est parfaitement possible. Il n’y a pas de recette unique : chaque écosystème est différent. Mais il existe des points communs, comme faire usage du plus intensif à l’hectare de ce qui est le moins coûteux économiquement : l’énergie solaire, le gaz carbonique et l’azote atmosphérique pour que les plantes fabriquent glucides, lipides et protéines. Il faut également limiter au maximum l’emploi d’énergies fossiles et de produits de synthèse. Pas d’inquiétude, on peut largement nourrir 10 milliards de personnes avec une agriculture intelligente et durable.

Par opposition à l’agriculture industrielle ?

Cette forme de production n’est pas durable, c’est certain. Elle est extensive et grignote toujours plus de forêts et d’espaces naturels, au lieu d’intensifier à l’hectare l’emploi de ce qui ne coûte rien. Elle repose trop sur les énergies fossiles pour le fonctionnement des engins et la fabrication d’engrais azotés et de produits pesticides, dont on s’aperçoit aujourd’hui qu’ils sont nocifs pour l’environnement voire pour la santé.

En outre, elle a remplacé par des machines une force de travail agricole qui est pourtant surabondante à l’échelle mondiale, autrement dit, au prix de la pauvreté de millions de gens qui ont dû quitter l’agriculture et vivent dans des bidonvilles plutôt que de tirer un revenu et de la nourriture du travail de la terre.

Compte tenu de la démographie, n’est-il pas difficile de tourner le dos à ces techniques ?

Nourrir correctement et durablement l’humanité tout entière est parfaitement possible. Si aujourd’hui 820 millions de personnes ont faim, et si un milliard souffrent de carences alimentaires, cela n’a rien à voir avec un manque de nourriture, mais avec les écarts de revenus. Ce sont des pauvres qui ne parviennent pas à acheter des aliments qui pourtant existent. Pour nourrir convenablement une personne, il faut environ 200 kilos de céréales (ou équivalents) par an. La production mondiale est d’environ 330 kilos aujourd’hui. Cherchez l’erreur…

Si des pauvres des favelas brésiliennes ont faim, c’est parce que le pays exporte son maïs et son soja vers les pays occidentaux pour nourrir nos cochons ou pour fabriquer des agrocarburants et donner à boire à nos voitures et à nos avions.

Erik Fyrwald, directeur général de Syngenta, disait, en 2017, que « l’agriculture bio ne produira jamais assez pour nourrir le monde ». Que répondez-vous ?

Les tenants de l’agrochimie brandissent toujours le rendement à l’hectare comme argument massue. Ce qui est important, c’est, selon moi, d’accroître la valeur ajoutée à l’hectare, c’est-à-dire de prendre en compte ce qu’on produit, mais aussi ce qu’on détruit. L’agriculture productive dont parle ce monsieur produit certes beaucoup, mais elle est aussi destructive puisqu’elle emploie des produits chimiques toxiques et des carburants fossiles. Son bilan net est très faible, de l’ordre d’un cinquième du produit brut. Dans les pays industrialisés, nous ne devons pas produire plus, nous devons produire mieux.

Comment produire mieux en refusant les innovations agronomiques ?

Mais l’agroécologie ne les refuse pas, tant qu’elles respectent le fonctionnement de l’écosystème ! La plus grande erreur de l’agriculture est d’avoir oublié que l’écosystème est un enchevêtrement d’interactions incroyablement complexes. Or, nous avons misé depuis plus d’un siècle sur un seul cheval : le rendement de variétés à haut potentiel, d’abord grâce à des croisements, puis grâce à la génétique, la chimie… Cela a imposé de modifier l’écosystème afin de le rendre conforme à ce potentiel et, ce faisant, nous l’avons fragilisé, voire menacé. Résultat, nous avons obtenu des cultures certes plus productives, mais également gourmandes en engrais et sensibles aux ravageurs. Sans oublier que des espèces résistantes aux traitements commencent à apparaître. Problèmes que le lobby agrochimique compte résoudre avec d’autres variétés, OGM ou non, d’autres molécules chimiques, etc. C’est une éternelle fuite en avant qui n’a aucun sens.

Faut-il se résoudre enfin à devenir végétarien ?

Plus il y a de gens qui accèdent à la viande, plus il faut envisager une production végétale importante pour l’élevage. De 3 à 10 calories végétales sont requises pour fabriquer une calorie animale. C’est un véritable défi auquel il faut réfléchir. Car, en réduisant la viande, ce sont autant de terres agricoles destinées à l’élevage qui deviennent disponibles pour nourrir des êtres humains. Si l’on veut combattre les problèmes de malnutrition, c’est sur ce genre de levier qui réduirait les inégalités de revenus qu’il faut agir. Sans compter qu’en manger un peu moins serait aussi bénéfique à notre santé…

L’agroécologie peut nous sauver, de Marc Dufumier (Actes Sud, 176 p., 18,50 €).

Démocratie participative : Montréal et les tables de quartier

Une expérience intéressante : à la fois modeste et ambitieuse… Cet article fait partie d’un dossier plus large qui part de réalités locales qui doivent nous concerner… tout en montrant comment cette démocratie participative devient un marché convoité par des intermédiaires qui font des propositions aux collectivités. Pente dangereuse… Par ailleurs, il y a des outils notamment numériques   ; certains sont payants, verrouillés, d’autres libres (voir ici https://codefor.fr).

capture d’écran d’une présentaation faite à Montréal)

Revue de presse : Le Monde   Claire Legros – Publié le 6 juin 2019

Anne Latendresse : « A Montréal, les “tables de quartier” font vivre la participation citoyenne »

Par ailleurs, c’est expliqué ici aussi : https://slideplayer.fr/slide/12387905/

Dans la métropole québécoise, des dispositifs de participation citoyenne pérennes et indépendants sont les interlocuteurs directs des élus, explique la professeure de géographie sociale à l’UQAM, qui travaille sur les mouvements sociaux au Québec.

Il existe aujourd’hui une trentaine de « tables de quartier », qui font vivre la participation citoyenne de façon pérenne, estime la professeure de l’université du Québec à Montréal. Entretien.

A quoi servent les « tables de quartier » à Montréal ?

Elles ont été créées à la fin des années 1980, dans certains quartiers de Montréal, de la volonté d’associations et d’habitants de se regrouper « autour de la table » pour croiser leur analyse des problématiques du quartier. Il existe une trentaine de « tables » aujourd’hui à Montréal, dont les plus anciennes ont vu passer quatre générations de citoyens. Elles sont devenues les interlocuteurs privilégiés des mairies d’arrondissement qui, depuis la réforme des années 2000, ont une grande autonomie. Les tables de quartier font vivre la participation citoyenne à Montréal de façon stable et permanente. C’est un élément important de la concertation à l’échelle municipale.

Quel est leur champ d’action ?

Les tables sont responsables du développement social local : la lutte contre la pauvreté, l’accès au logement, l’intégration des migrants, des jeunes, des aînés, la mobilisation environnementale… Leurs membres, souvent des représentants d’associations du quartier, jouent le rôle d’animateurs au long cours de la participation. A partir d’un diagnostic de quartier, ils mettent en place une démarche participative avec les habitants pour définir les priorités du quartier en matière de transport, d’habitat, de services de proximité…

Les tables interviennent aussi dans des projets d’aménagement. De quelle façon ?

Dans le quartier populaire de Pointe-Saint-Charles, enclavé entre le fleuve Saint-Laurent et le canal Lachine, la table a mené une démarche participative appelée « Opération populaire d’aménagement », en 2004, autour du processus de gentrification. Elle a appelé les habitants à discuter pendant trois jours de ce qu’ils souhaitaient pour leur quartier : plus de verdissement, de pistes cyclables, de commerce local, de logements sociaux… Quand, l’année suivante, la ville de Montréal a annoncé un projet de développement du quartier avec un casino et des boutiques chics aux abords du port de plaisance, il y a eu une mobilisation incroyable. Les habitants ont vu que ce projet ne correspondait pas à leurs conclusions. Pendant un an, ils ont manifesté leur désaccord et ont réussi à faire échouer le projet. Dans cet arrondissement, la table de quartier est devenue un acteur incontournable.

Comment ces tables sont-elles financées ?

Une trentaine d’entre elles, aujourd’hui, reçoivent des financements de la ville de Montréal, du réseau montréalais de la santé et de l’organisation philanthropique Centraide du Grand Montréal, qui se sont associés pour créer un fonds commun. L’originalité, c’est que la Coalition montréalaise des tables de quartier est à la fois partenaire et récipiendaire de ce fonds. Ce financement récurrent assure leur indépendance et une continuité : dans chaque table de quartier, un employé est payé pour coordonner les projets et chercher d’autres financements. Depuis les années 2000, la ville de Montréal impose en échange la présence de partenaires publics et privés autour de la table : associations, mais aussi institutions (écoles, secteurs de la santé), entreprises et élus. Mais les tables les plus anciennes s’opposent à intégrer des représentants institutionnels, préférant conserver un espace communautaire autonome.

A propos de ronds-points en jaune, une réflexion sur la notion de place publique

Restons en général : 

Place publique (agora des Grecs, forum romain…) aux deux sens du terme : un lieu où l’on peut se rencontrer, discuter, échanger… et une place dans la cité, un lieu physique. Tout ceci est en cause, souligné  les géographes qui travaillent sur l’évolution de la ville. D’un côté, une ville qui se périphérise, notamment avec les centres commerciaux, les commerces puis les services… de l’autre, un centre ville qui se vide, rideaux de fer ou volets de bois des commerçants fermés, logements fermés, services publics qui se raréfient… et sur cette place qui devrait être un forum, des voitures : car tout vide est immédiatement convoité par l’automobile..

A ce sujet, lisez cet article paru dans le Mondehttps://www.lemonde.fr/idees/article/2019/01/11/gilets-jaunes-pour-debloquer-les-ronds-points-il-faut-aussi-penser-la-renaissance-de-vrais-espaces-publics_5407899_3232.html

Géographe, je suis évidemment attiré par les analyses des géographes. Cela n’élimine pas les réflexions sociologiques, politiques, économiques, mais le territoire est en quelque sorte la concrétisation des tensions, des évolutions, des renoncements et le lieu où habitent les hommes.

Passons au particulier  Au moment où s’ouvre un débat – dont on ne sait de quoi il traitera – on voit bien qu’une demande d’horizontalité est forte : l’idée, captée il y a quelques jours en ce début de janvier,  de recréer un lien entre les associations de la ville est particulièrement pertinente. Au-delà d’avoir une vitrine pour recruter, une journée des associations pourrait être aussi le lieu d’un débat sur la ville, sur ce que nous sommes, ce que nous en faisons et ce que nous pourrions en faire…

Article du Monde :

« Gilets jaunes » : « Pour débloquer les ronds-points, il faut aussi penser la renaissance de vrais espaces publics »

Avoir choisi les ronds-points et les péages comme scènes de la contestation en dit long sur le besoin de ré-appropriation des espaces publics comme lieux d’expression, estime l’urbaniste Yoann Sportouch dans une tribune au « Monde ».

Tribune. Quelles que soient les modalités du « grand débat » national annoncé, la manière dont le public participera à ces échanges sera fondamentale. Or, la façon dont les « gilets jaunes » ont investi l’espace peut nous renseigner sur la meilleure façon de faire naître une véritable horizontalité démocratique. Pour ne citer que Taksim [en Turquie, en 2013], Maïdan [en Ukraine en 2014] ou Occupy Wall Street [en 2011], les mouvements contestataires naissaient jusqu’ici sur des places. Pourtant, cette fois-ci, ce sont les ronds-points et les péages qui se sont colorés de jaune. Que penser de cette réorganisation spatiale de la contestation ? Pourquoi les places n’ont-elles pas joué leur rôle habituel et ont été remplacées par des lieux de transit ?

San Luis – Argentine : Les scientifiques ont découvert une nouvelle forme de discussion : en direct, à travers la voix, en 3D : ils l’appellent prendre un café en compagnie (Photo DP)

Proprement fonctionnels, peu valorisés et souvent représentatifs de cette France péri-urbaine, les ronds-points sont les symboles d’une mobilité toujours plus contrainte. Ils voient passer quotidiennement des millions d’automobilistes travaillant souvent dans la ville-centre située non loin et habitant dans le périurbain proche. Si bien que tout porte à croire que le choix de ces non-lieux est d’abord le reflet d’un vécu quotidien. S’ajoutent à cela des centres-villes à l’abandon, des petites lignes ferroviaires laissées pour compte et bien d’autres services publics en déshérence… Ne restent alors que les péages et les rond-points qui assurent, eux, une connexion obligatoire et tributaire à la ville-centre.

L’espace public tel que le définit le philosophe allemand Jürgen Habermas est un espace intermédiaire entre la société civile et l’Etat, un lieu accessible à tous les citoyens et au sein duquel ils peuvent s’assembler pour y former une « opinion publique ». Aujourd’hui, dans ces régions périurbaines, l’espace public n’est plus, on le sait, créateur de synergies entre les habitants. En résumé, pour débloquer les ronds-points, il faut aussi penser la renaissance de vrais espaces publics.

Lieux communs

Vu en Sicile début 2018 : pas sûr que cela fonctionne mais l’endroit existe. (Photo DP)

Le lieu de la démocratie est celui du commun. Alors quoi de mieux que notre cadre de vie pour faire renaître la démocratie locale ? Pour cela, nous devons d’abord revaloriser et préserver les lieux où naissent les débats, qu’il s’agisse des places, des cafés de quartier. Mais pour cela, la conception de ces lieux de vie ne doit plus être réalisée selon le seul prisme de la rentabilité économique, mais dans une logique d’interaction avec l’ensemble des autres équipements et commerces de la commune.

Nous devons également créer de nouveaux espaces de dialogue, là où les citoyens pourront demain se retrouver ensemble pour exprimer leurs difficultés et imaginer des solutions. De tels tiers-lieux fleurissent déjà dans les grandes villes mais, à l’image du V à Dole (Jura), ou du 100e Singe à Belberaud (Haute-Garonne), on voit qu’il est aussi possible d’étendre cette tendance aux moyennes et petites villes. L’objectif final est de recréer des espaces dignes de l’agora antique. Pour répondre à cet objectif, le mobilier urbain peut aussi entrer en jeu pour inviter à la rencontre. Des designers urbains créent et innovent déjà pour favoriser l’intelligence collective entre habitants.

D’autre part, nous pouvons faire de la culture locale un média pour créer un dialogue entre les citoyens. En ce sens, les « maisons de la citoyenneté », les salles communales et les autres « maisons » de projets urbains, sous-utilisées aujourd’hui, peuvent jouer ce rôle dans certaines villes. Et pourquoi d’ailleurs ne pas s’emparer d’autres lieux communaux comme les mairies ou les stades pour créer des agoras où chacun peut s’exprimer ? (c’est nous qui soulignons).

Entretenir la démocratie locale

Un autre moyen de redonner de la légitimité à l’expression dans l’espace public est aussi de développer l’éducation populaire, à l’image du projet Ilotopia développé à Nantes qui vise à donner aux citoyens les outils de connaissances et d’expression du politique. Les citoyens peuvent être formés à la politique locale, par exemple par des conseils municipaux plus ouverts.

De plus, et même si la fracture numérique limite encore leur utilisation, des applications de démocratie participative émergent pour faciliter la remontée de la parole des habitants, tel que Stig, qui permet aux citoyens d’émettre des idées et de voter pour les plus pertinentes. Ces « civic-techs » se révèlent être de nouveaux espaces publics même s’ils restent virtuels et non accessibles à tous.

En résumé, de nombreux enjeux s’entremêlent pour penser des territoires plus démocratiques. Le « grand débat » national devra forcément les aborder. Dans l’optique de ce grand chantier, il s’agit surtout de penser le temps long, à l’image de celui qui façonne nos villes. Car au-delà des annonces politiques et des renouvellements de mandats, il ne reste que les institutions, le cadre de vie et bien sûr les citoyens pour entretenir la démocratie locale. C’est pourquoi la qualité des espaces publics est aujourd’hui, et sera encore pour longtemps, forcément reliée à la démocratie locale. Multiplier les espaces de dialogues, physiques ou numériques, permettra de donner l’envie pour tous de débattre pour un avenir en commun et durable. Et ainsi faire du débat une véritable pratique de la ville !

Yoann Sportouch est fondateur de l’agence de prospective urbaine LDV Studio Urbain et rédacteur en chef du webmagazine « Lumières de la ville ».

Le rapport Belaval évoque le rôle de l’Etat dans la défense du patrimoine : pour les moulins aussi…

Extrait de l’article de Didier Ryckner paru sur son site « la Tribune de l’Art » ce 16 novembre 2018

https://www.latribunedelart.com/les-secrets-du-rapport-belaval#nh2

Dans le rapport (désormais public) Ph. Belaval pointe – entre autres – l’affaiblissement des services de la Culture accusés d’être une entrave au développement, à l’efficacité (ce qu’il récuse) et la perte d’audience du ministère (qui sera accentuée encore plus dans les temps à venir avec les réformes concernant le droit de l’urbanisme, du logement…)

Lisant les lignes que nous avons soulignées en les mettant en gras, on ne peut s’empêcher de penser à la problématique des chaussées et des moulins qui sont peu défendus par le ministère de la Culture (qui a proposé une grille d’évaluation de leur valeur patrimoniale – mais grille qui n’est que rarement mise dans le circuit des études préalables) et qui sont dans le collimateur des DDT au motif de la continuité écologique.

Le ministère de la Culture, bras armé de l’État pour la défense du patrimoine

Face à certains qui aimeraient voir le ministère de la Culture se diluer dans on ne sait quelle entité ou se désagréger en plusieurs opérateurs, il (Philippe Belaval) affirme clairement qu’« il n’y a aucune raison sérieuse de revenir sur [la] situation » actuelle où « le ministère de la Culture est l’acteur principal de l’État en matière d’architecture et de patrimoine » (p. 10).

Cette question du ministère de la Culture, de son rôle essentiel et, surtout, de son unité, est au cœur de la partie suivante du rapport.
Il y a, d’abord, les relations avec les autres ministères car, comme le souligne Philippe Bélaval : « la politique patrimoniale a une dimension interministérielle forte » (p. 11). Il faut donc que « le ministère renforce sa position au sein du concert interministériel, où de nombreux signes témoignent d’une perte d’audience, ressentie par les acteurs du secteur ».

Deux domaines lui paraissent dans un premier temps nécessiter un renforcement du rôle du ministère : l’architecture et les archives.
Pour l’architecture, le rapport constate qu’en dehors de l’organisation de la profession d’architecte et de la formation, via les écoles d’architecture, le ministère n’est pas suffisamment impliqué dans les autres dimensions de cette activité, ce qui est pourtant nécessaire pour ses relations avec les autres ministères en charge de question proches.
Retenons néanmoins ce qui, dans notre domaine, est essentiel : la division actuelle « entre les sites présentant « du point de vue historique, architectural, archéologique, artistique ou paysager un intérêt public », protégés par le code du patrimoine et le ministère de la Culture, et les sites présentant « au point de vue artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque un intérêt général », protégés par le code de l’environnement et le ministère de la transition écologique ». S’il est important d’aborder la question de cette dichotomie, le rapport ne va pas jusqu’à proposer une unification dans un grand ministère du patrimoine de ces deux composantes essentielles du patrimoine : les paysages et les monuments historiques. Il est néanmoins important qu’il le traite et qu’il souligne la nécessité d’une meilleure coordination entre les deux ministères qui passe par un renforcement du rôle de celui de la Culture.

Prune de Saint-Antonin, pruneau d’Agen : un peu tard pour le dire, mais toujours à lire

Aux Archives départementales de Lot-et-Garonne, il est encore possible de visiter jusqu’au 24 octobre une exposition qui sort de l’ordinaire. L’odyssée du pruneau vous est racontée depuis l’arrivée de ce fruit qui a marqué profondément l’histoire et l’économie de notre territoire.

Stéphane Capot, le conservateur des Archives départementales, a reçu une délégation de l’Académie des sciences, lettres et arts d’Agen conduite par Robert de Flaugeac, président de l’Académie le 10 octobre.

Avec aisance et érudition, il a relaté la fantastique aventure de ce fruit emblématique. L’exposition propose un voyage dans le temps qui permet de découvrir la prune venue d’Orient, celle consommée par les Gallo-Romains, celle de Damas, arrivée après les Croisades.

Savez-vous que des noyaux de prunes de l’époque gallo-romaine ont été retrouvés lors de fouilles archéologiques sur le plateau de l’Ermitage ?

Selon la tradition, c’est à l’abbaye de Clairac que des moines ont effectué des croisements entre des variétés anciennes pour donner naissance à la prune d’Ente.

A Saint-Antonin-Noble-Val, en Tarn-et-Garonne, la prune «Maurine», une variété locale petite et ronde avait été développée au Moyen-Âge. Très appréciée par les Anglais, son commerce était florissant au XVe et XVIe. Fragile, cette variété va disparaître progressivement au profit de celle d’Agen.

On découvre les procédés de séchage à l’origine de ce mets raffiné. Sa culture, son histoire vous sont dévoilées. Cette immersion dans l’histoire fantastique du pruneau est illustrée par de nombreux textes anciens, par des photos, par des outils, des boîtes, des affiches, des objets publicitaires. En visitant cette exposition, on prend conscience qu’il a franchi les océans et les frontières pour devenir le pruneau d’Agen, le pruneau que l’on transporte pour lutter contre les petits maux et les petites faims.

Fruit ou gourmandise, c’est au consommateur de choisir. Et pour mieux comprendre son attrait sur notre inconscient collectif, quel meilleur choix que d’aller visiter cette exposition avant sa fermeture !

L’Odyssée du pruneau d’Agen, de Lot-et-Garonne à la conquête du monde, aux Archives départementales jusqu’au 24 octobre 2018.

La Dépêche du Midi