Centre-bourg : une tare ?

D’après des propos qui me sont revenus, je serais un fanatique du centre, du centre-bourg (comme ailleurs des centres villes). Dans toutes les études d’aménagement urbain que j’ai conduites, j’ai toujours prôné la revitalisation des centres qui, depuis longtemps, sont mis à mal par l’évolution conjointe du modèle commercial (les grandes surface), de circulation avec l’automobile (chacun dans sa petite maison sur roues) et  de l’habitat : le pavillon (ne pas se mélanger  avec des gens qu’on n’aime pas forcément).

Ce modèle est mort, mais comme le canard, même la tête coupée, il continue à marcher. Du moins dans certains territoires. Car un peu partout, les maires commencent à intégrer ce que disent les urbanistes, les sociologues, depuis 10-15 ans : il faut revenir à la notion de ville, que ce soit pour des raisons de cohésion sociale, parce que le modèle de la grande distribution se défait et parce que le défi écologique pousse à un retour au centre.

Un peu partout, mais pas forcément à Saint-Antonin ou dans d’autres communes du pays. Lors de la réunion du Scot, j’ai bien entendu que, derrière le discours vertueux du comité de pilotage, il y a des réticences : il faudrait  encore des terrains pour accueillir des nouveaux habitants qui veulent des maisons, encore des zones d’activité pour accueillir des entreprises. Mais lesquelles au fait ?

Ne pas penser l’avenir avec les idées d’avant

Saint-Antonin est, après Saint-Etienne-de-Tulmont, la commune qui a consommé le plus de terrains, artificialisés comme on dit pour des maisons, des équipements. Certes, le centre bourg est bien serré, mais faut-il imaginer que la maison médicale parte à Fontalès ? Je me vois bien, un de ces jours,  marcher à petit pas pour aller voir le médecin.

Il a donc été rappelé dans le Scot que les zones d’activités sont faites pour accueillir des activités de production qui seraient gênantes ou ont besoin d’espace pour artisanat ou industrie. Que leurs parkings pourraient être mutualisés, verdis pour en limiter l’impact. Et que les activités de commerce ou de services n’ont rien à  y faire.

L’association des maires des villes moyennes s’inquiète  et dit « il va falloir apprendre à gérer le déclin des zones périphériques ».  Et redéfinir ce qu’est une centre, surtout dans une ville médiévale comme Saint-Antonin.

Polémique : (revue de presse) : des habitants d’un village (sic) médiéval refusent le «tourisme de masse» (mise à jour)

Au nord de Toulouse, des habitants d’un village médiéval refusent le «tourisme de masse»

Des habitants de Saint-Antonin-Noble-Val, au nord de Toulouse, s’opposent à la labellisation « Grand Site » du village, un projet incitant, selon eux, au «tourisme de masse ».

Source : https://actu.fr/occitanie/saint-antonin-noble-val_82155/au-nord-toulouse-habitants-dun-village-medieval-refusent-tourisme-masse_25954246.html

Commentaire personnel : l’article plutôt équilibré quand il donne la parole aux uns et aux autres  : le tourisme de masse, le point de vue des pétitionnaires… pose question quand il reprend les termes des élus (qui ont déjà été en partie diffusés par la Dépêche) : deux  points critiques :
– le recours à l’argument classique – que l’on trouve partout quand les élus sont confrontés à une fronde –  : « ceux qui sont contre ne sont pas d’ici ou ne sont pas des citoyens à part entière. » Comme s’il fallait être un vieux de la vieille, là depuis des générations, pour avoir un avis. A quoi sert la solidarité citoyenne ? Ne peut-on avoir un point de vue sur ce qui est un patrimoine « mondial », ou tout au moins, un bien commun qui mérite qu’on s’engage ? Autrefois, on parlait de droit d’ingérence et ici, c’est une version soft, mais tout aussi réelle, qui est en question.
– le second point porte sur le recours à la notion de « mensonges » : tout bonnement, les mensonges qui sont peut-être  plutôt des incompréhensions, n’auraient peut-être pas pu naître s la concertation avait été mise en place en amont, au moment de l’élaboration du contrat. On peut maintenant nous promettre des commissions de travail, mais c’était avant qu’il fallait le faire, ce qui aurait évité ce conflit, ces crispations. Nous avons ici, à répétition, réclamé une vraie participation avant (et pas après comme un lot de consolation). Là, encore, la démocratie locale ne fonctionne pas… Il serait temps de la mettre en place.
Voir infra le texte de l’article mis en ligne par Actu_fr
images ci-dessous du marché nocturne du 17 juillet

Ses ruelles, son ancien hôtel-de-ville, sa halle, sa caserne des Anglais… Au nord de Toulouse, le village de Saint-Antonin-Noble-Val (Tarn-et-Garonne) est un musée à ciel ouvert ! Cette cité médiévale compte plusieurs édifices classés aux Monuments historiques. C’est aussi le point de départ de plusieurs balades en randonnée dans les Gorges de l’Aveyron. (…)

Le 16 juin 2019, des habitants ont lancé une pétition « Non au sur-tourisme à Saint-Antonin-Noble-Val » pour s’opposer à la labellisation « Grand Site Occitanie » de leur village. La pétition compte déjà 800 signataires en ligne, auxquels il faut ajouter « plusieurs centaines de personnes qui ont préféré signer la pétition papier », précise le collectif baptisé « Collectif intercommunal libreval ». Pour mémoire, ce petit village ne compte que 1 800 âmes…

Un contrat avec la Région

La communauté de communes de Quercy-Rouergue-gorges de l’Aveyron, dont fait partie Saint-Antonin-Noble-Val, s’apprête à signer avec la Région un dispositif de développement touristique.

Les habitants signataires de la pétition disent ne pas vouloir connaître le même sort que Cordes-sur-Ciel (Tarn), Rocamadour ou bien Saint-Cirq-Lapopie (Lot) :

Devenir « Grand Site », c’est laisser la Région promouvoir notre territoire par tous les moyens nécessaires pour augmenter le nombre de visiteurs. L’expérience montre que les bourgs labellisés « Grand Site » se sont hélas vidés et artificialisés… Saint-Antonin n’est pas une relique à vendre, c’est un trésor partagé, habité, à préserver. Oui à l’esprit de Saint-Antonin qui se manifeste dans l’essor de ses associations diverses, dans la vie culturelle et artistique, dans une humanité directe, dans le bonjour de ses rues et le sourire accueillant. C’est cela qu’il faut préserver d’une touristification à outrance qui fait de nous les Mickey d’un parc d’attractions « authentique et convivial ».

« Non au tourisme de masse »

Le collectif s’oppose notamment à la création d’un hôtel par une chaîne hôtelière privée, au bétonnage de parkings, au déménagement de l’office de tourisme… « Non à un projet incitant au tourisme de masse et à l’hypermobilité à l’heure de l’urgence écologique », écrivent les auteurs de la pétition. « Non à ces dépenses d’argent public qui, créant des effets d’aubaine, font flamber les prix et génèrent des inégalités. Non aux subventions Grand Site qui entraîneront notre commune dans une spirale de travaux d’aménagement et de dépenses de fonctionnement ».

Contacté par Actu Toulouse, Denis Ferté, adjoint au maire en charge du tourisme à Saint-Antonin-Noble-Val, dit ne pas comprendre cette polémique :

Nous n’allons pas voir débarquer des milliers de cars de touristes à Saint-Antonin-Noble-Val. D’ailleurs, notre logique a toujours été de défendre le « slow tourisme » et le « tourisme expérientiel ». Le label « Grand Site Occitanie » nous amène des financements supplémentaires pour mener à bien nos projets et communiquer sur notre patrimoine. La finalité n’est pas le tourisme de masse comme le fait croire le collectif.

(…)

Une pétition sans véritable ancrage local

Selon l’élu, les opposants ne sont « pas forcément des habitants de longue date », leur pétition a peu d’ancrage local. Denis Ferté estime que la labellisation est source d’attractivité pour Saint-Antonin-Noble-Val, citant l’exemple de Marciac, dans le Gers, labellisée « Grand Site » et célèbre pour son festival de jazz :

Les auteurs de la pétition prennent l’exemple de Cordes-sur-Ciel ou de Saint-Cirq-Lapopie. La situation est différente. Il y a beaucoup de touristes mais très peu de résidents permanents… Ce qui est loin d’être notre cas. Nous baignons dans le tourisme depuis le 19e siècle et le développement du thermalisme. Les pétitionnaires sont opposés à la création d’un hôtel mais il y a toujours eu un hôtel à Saint-Antonin-Noble-Val. Cela ne faisait que trois ou quatre ans que ce n’était plus le cas. Ils dénoncent le bétonnage de parkings alors que notre projet, au contraire, est d’aménager des parkings paysagers en plantant des arbres…

Une pétition « alimentée par des mensonges »

Dans un communiqué de presse, André Massat, président de la Communauté de Communes Quercy Rouergue et Gorges de l’Aveyron, dit entendre les craintes liées à ce classement. Des commissions de travail seront ouvertes dès cet automne à la population locale « afin de construire ensemble le projet touristique de notre territoire ».

En revanche, André Massat s’insurge sur le mode de communication de ces craintes. Selon lui, la pétition est « alimentée par des mensonges et des contres vérités colportées par des personnes qui sont venues s’installer sur notre territoire grâce au tourisme et qui vivent du tourisme » :

Il faut avoir à l’esprit que si nous avons aujourd’hui de nombreux commerces de proximité et un tissu associatif aussi riche, c’est en grande partie grâce au tourisme… Le contrat « Grand Site » permettra la réalisation de nombreux aménagements utiles à la population permanente .

André Massat cite la restauration de places ou de rues mais aussi la création d’un Musée de France à Saint-Antonin. « Ces investissements ne pourraient pas être réalisés sans cette labellisation et les financements qui l’accompagnent », conclut-il.

Si le collectif salue l’organisation des commissions de travail à l’automne, il demande, au préalable, la suspension du contrat Grand Site Occitanie :

« Nous maintenons que la population doit être consultée avant de s’engager par la signature de ses élus dans un contrat qui comporte des obligations, qui s’accompagne de campagnes publicitaires pour promouvoir nos villages et qui a pour effet d’augmenter la fréquentation touristique ».

A la suite de cet article, des mises au point ont été demandées :

Communiqué du Collectif intercommunal Libreval en réponse à la tribune d’André Massat, président de la communauté de communes QRGA, dans la Dépêche (01/07/2019)

« CLIVAGE n. m. : … En bijouterie : Taille initiale opérée, dans certains cas, pour dégrossir le diamant. »(Dictionnaire Larousse)

En réponse à notre pétition, Monsieur Massat écrit dans La Dépêche du 1er juillet 2019 : « Des commissions de travail seront ouvertes dès cet automne à la population locale afin de construire ensemble le projet touristique de notre territoire. » Nous nous en réjouissons. Le 2 juillet, Matthieu Simon, directeur général des services à la communauté de communes, nous écrit par mail que « chacun sera le bienvenu pour apporter sa pierre à l’édifice sur les thèmes suivants : la promotion, les hébergements, le patrimoine et les activités de pleine nature. » Là encore, c’est une ouverture positive.

Toutefois, une véritable concertation doit nécessairement porter sur la question centrale qui est : «Voulons-nous signer le contrat Grand SiteOccitanie?» C’est pourquoi il est indispensable de suspendre la signature du contrat Grand Site. En effet, nous maintenons que la population doit être consultée avant de s’engager par la signature de ses élus dans un contrat qui comporte des obligations, qui s’accompagne de campagnes publicitaires pour promouvoir nos villages et qui a pour effet d’augmenter la fréquentation touristique de 20 à 80 %/1.

Par conséquent, nous souhaitons que nos élus nous garantissent la suspension de ce contrat pour s’engager à ouvrir une concertation exemplaire tant dans ses modalités que dans ses effets. Pour commencer et sans attendre septembre, deux mesures peuvent être mises en place : mettre à disposition de la population les documents officiels en version numérique comme en version papier ; dédier à cette concertation des espaces d’expression et de délibération (salle, panneaux d’affichage).

Dans cette attente, nous poursuivons notre travail :
– d’information : au verso, une interview de la présidente du comité régional du tourisme
– de recueil de signatures : https://www.change.org/p/préservons-notre-village-de-st-antonin-nv-du- tourisme-industriel-grand-site-occitanie-non

Contact : lesprit.d.lieux@gmail.com

1/ « L’augmentation constatée dans les anciens sites Occitanie passe de 20 à 80 % » (Bulletin d’information municipal, décembre 2018, p. 8)

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EXTRAITS – page 15. ENTRETIEN. VIRGINIE ROZIERE, PRESIDENTE DU COMITE REGIONAL DU TOURISME EN OCCITANIE.

Estimez-vous que l’Occitanie est aujourd’hui mûre pour accueillir massivement le tourisme de groupe?
La région a un tel potentiel, une telle diversité dans son offre, que nous disposons d’un large potentiel de croissance pour notre clientèle groupes. Nous ciblons ces clientèles : clientèle lointaine avec notamment la Chine et le Japon mais nous travaillons les clientèles de proximité, françaises ou européennes. Pour l’international, nous proposons des grands sites très emblématiques à forte notoriété qui sont des points d’attraction et d’intérêt. On pense bien sûr au Pont du Gard, à Lourdes, Rocamadour, Toulouse ou Carcassonne qui sont déjà très identifiés et programmés par les excursionnistes et les autocaristes.

Est-ce que vous souhaitez vraiment jouer cette carte du tourisme de groupe ?
Nous organisons régulièrement des rendez-vous afin de développer la fréquentation et la clientèle de groupes. Cela se fait bien sûr au bénéfice de tous les acteurs touristiques de la région. Destination Groupes Occitanie, en B to B fait d’ailleurs partie de ces grands rendez-vous. Lors de cet événement, nous invitons à la fois pour un tiers, les professionnels de l’hébergement, les responsables et les acteurs institutionnels que sont les offices du tourisme et les agences départementales. Nous avons aussi une démarche particulière pour aller chercher des cibles qui nous apparaissent comme stratégiques. Ce sont notamment les clientèles lointaines, la Chine, le Japon, l’Asie. On a une représentation assez importante : à peu près un quart des visiteurs professionnels pour nos rendez-vous ont des liens très forts avec ces marchés. Sur l’Europe nous travaillons surtout sur la Belgique et l’Allemagne avec, là encore, un partenariat stratégique avec les voyagistes leaders sur le marché.

Amsterdam ne veut pas ressembler à Venise… de la surfréquentation touristique…

C’est une information que l’on lit de plus en plus souvent : ici, c’est Amsterdam, mais bien d’autres lieux, petits ou grands, célèbres ou moins connus, commencent à se poser des questions. Dans le Canard Enchaîné, une brève raconte que le village de Rochefort-en-Terre, consacré plus beau village de France, n’en peut plus de la submersion par les touristes, la pollution, les crottes de chien…

Pour Amsterdam, c’est ici https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2017/11/02/le-pire-c-est-le-vomi-dans-les-jardinieres-amsterdam-en-a-assez-des-touristes_5209090_4832693.html?xtmc=amsterdam_venise&xtcr=6

J’ai reçu ces photos prises à Saint-Antonin que je mets en ligne…

Le magasin Bonobois avait un accord avec la municipalité : en échange de la rénovation du magasin et de l’installation de l’artisan, la neutralisation au sol du stationnement permettait de voir le magasin et d’inciter le chaland à s’approcher et découvrir les créations qui, pour une fois, ne viennent pas, de pays exotiques. Les marques de peinture s’effacent, n’ont pas été refaites et les automobilistes se battent pour se poser là, qu’ils soient des habitants de la ville ou des touristes…

La place de la Halle est également un lieu de confrontation – certes soft, mais réel – entre les camions de livraisons dont les moteurs tournent, puisqu’il faut alimenter les frigos, les voitures des fatigués qui vont en auto prendre leur café ou leur apéro, devant le stationnement « minute » et les visiteurs qui cherchent à voir la maison romane et les édifices historiques de la cité.

Elargissons le point de vue : depuis longtemps, à travers différentes études, le problème est posé mais n’est jamais débattu : l’équilibre entre l’économie touristique et la vie urbaine « ordinaire » : commerces, logement, espaces publics… tout est perturbé au risque d’une bascule dans ce que les habitants appellent « disneylandisation ».

Une autre façon de le dire (surtout dans une ville labellisée Cittaslow) : de la place de l’automobile dans une ville médiévale : comment font les villes italiennes pour « vivre » sur leur piton escarpé ? Manifestement, il y a incompatibilité entre les roues motorisées et les ruelles médiévales. Là encore, comment proposer une mobilité efficace aux habitants sans être envahi ? Quelles sont les solutions qui pourraient être transposées dans Saint-Antonin ?

Et les piétons ils passent où ?

Les pollutions sont nombreuses : on se met à la place des agents publics qui doivent gérer l’incivisme (de tous, pas que des touristes) ; mais régulièrement, on nous demande « où sont les poubelles ? » De même que les pisseurs au coin des ruelles sont peut-être des personnes sans gêne mais pourraient être aussi des personnes qui se demandent où sont les toilettes publiques. Quant aux propriétaires de chiens, ils ne trouvent plus les petits sacs plastiques (pour ceux qui voudraient ramasser la crotte de leur animal… Pour les autres, c’est une autre affaire.

On pourrait parler d’autres nuisances : le bruit, la lumière, les odeurs… bref tous les sens sont concernés. Il n’est pas question de revenir sur la fonction historique, culturelle, touristique, accueil de Saint-Antonin, mais c’est une question d’équilibre d’abord (donc de balance entre les fonctions urbaines classiques, au service des habitants, et les fonctions touristiques qui tendent à dénaturer le produit lui-même : Saint-Antonin).

Vous avez dit « règlement » ?

Cela pourrait être surtout une occasion de faire autrement et de se positionner sur des pratiques originales, soucieuses de développement durable, récusant la surexploitation et prônant un séjour, une découverte de la ville et des gorges de l’Aveyron moins massifiée, mais plus intelligente. Autant dire une révolution copernicienne !

Mais ce que nous disions au moment de l’étude FISAC, ce que nous pensions trouver dans la charte Cittaslow qu’a signée Saint-Antonin, nous le relisons ici sous une autre forme dans l’étude bourg-centre

Axe N°2 : REQUALIFICATION DES ESPACES PUBLICS DANS LE DOUBLE INTÉRÊT D’UNE VALORISATION PATRIMONIALE ET D’UNE RECONQUÊTE DES BOURGS

(Re)valoriser la dimension de l’espace public comme appui à la reconquête urbaine

En tant que piliers du projet urbain, les investissements opérés sur l’espace public demandent un temps de prise de recul avec une réflexion davantage ancrée dans une démarche de projet. Aussi et tout en ayant conscience des projets programmés ou en cours (place des moines, …) il n’en demeure pas moins qu’une réflexion globale évitant des agissements au coup par coup nous semble utile à ce moment majeur de la restructuration des bourgs se fait autour de deux programmes régionaux « Bourgs-Centres » et « Grands- Sites » appelant une harmonisation des interventions. Nos recommandations prioritaires, outre l’aspect « bien commun » de l’espace public, vont dans le sens d’une vision globale et d’une mise en cohérence des aménagements pour mieux les faire vivre et les rendre opérationnels. (source : étude MTP juin 2018 – page 15).

Certes, ces préconisations sont pertinentes, utiles voire courageuses. Mais elles ne vont pas assez en amont sur la réflexion* « quel projet pour les bourgs-centres »... et ne vont pas assez loin en suggérant dans les scénarios (qui n’existent pas puisque les préconisations sont un catalogue d’actions, faute de pouvoir s’articuler dans un projet re-fondateur) éventuellement des ruptures qui pourraient faire de Saint-Antonin un bourg à la fois « historique » et « innovateur » au lieu de bricoler des rues piétonnes, pas piétonnes, des stationnements a priodi régulés, mais débordés, de la végétalisation alors qu’on cimente et goudronne encore, du commerce pour tous mais en fait des marchands de pizza à gogo, du logement social, mais surtout du B&B…

*Je reste cependant prudent : n’ayant eu qu’un résumé du travail du bureau d’études (qui écrit une vision des bourgs-centres réaliste), ne connaissant pas le cahier des charges et la demande du comité de pilotage (fermé à la société civile);  il est possible que l’étude aurait pu être plus innovante, le bureau d’études ayant la capacité de faire des préconisations sortant des sentiers battus. Donc, présomption d’innocence. 

A propos de la méthode de travail  AFOM, voir dans ce site web, l’article « AFOM versus scénarios » dans la section « dictionnaire ».


Lire ici une synthèse sur la surfréquentation :  http://veilletourisme.ca/2012/05/16/en-quoi-consiste-la-surfrequentation-touristique-et-comment-la-controler/(extrait)

Lorsque sa capacité d’accueil est dépassée, la destination risque de subir des dommages environnementaux:

  • difficultés pour un milieu naturel à se régénérer, entraînant son éventuelle destruction;
  • surutilisation des ressources en eau et en énergie;
  • pollution d’un milieu;
  • dégradation visuelle des paysages due aux infrastructures touristiques;
  • etc.

Les conséquences peuvent porter sur la dimension socioculturelle et se faire sentir de différentes manières:

  • perte de la qualité de vie pour les résidents;
  • pénurie de logements;
  • problèmes de prostitution et de violence;
  • perte d’identité des résidents;
  • altération de la qualité du séjour des touristes;
  • détérioration des sites historiques;
  • etc.

Enfin, la surexploitation d’un lieu peut aussi avoir des effets sur le plan politico-économique:

  • inflation des prix;
  • hausse des taxes;
  • manque de main-d’œuvre dans les autres secteurs;
  • éviction des activités non touristiques (p. ex.: rachat de champs de cultivateurs pour la construction d’infrastructures, rachat de commerces pour y établir des hôtels et des restaurants);
  • etc.

À qui revient la responsabilité de réguler ce problème?

Un cadre juridique est nécessaire. C’est au gouvernement et aux autorités locales que reviennent le pouvoir et la responsabilité de réguler le tourisme, par la création de lois et de réglementations. Ils se doivent de créer un environnement qui favorise et encourage le secteur privé, les touristes et les autres parties prenantes à mener des actions durables. Cela peut être réalisé en établissant et en appliquant un ensemble de politiques pour le développement durable du tourisme et de sa gestion.

 

Présentation de la fouille préventive place des Moines : quel avenir pour le passé ?

Le samedi 20 janvier, à l’initiative des Amis du Vieux Saint-Antonin, Bertrand Poissonnier, archéologue, est venu présenter en avant-première ce que la campagne de fouilles préventive a pu découvrir, dans le sous-sol de la place des Moines, là où se trouvait le cimetière de l’abbaye et du village pendant des siècles.

Le rapport sera public : les premiers enseignements sont claire : il y a beaucoup de patrimoine sous cette place et la fouille qui n’était que préventive devrait être poursuivie, approfondie car la mission 2017 n’avait pas pour objectif d’aller au fond (des choses) et de cette histoire.

Mais le petit débat qui a suivi a déjà ouvert des réflexions car la mairie va être à la croisée des chemins :

> soit refermer le dossier en laissant aux générations futures le soin de reprendre les fouilles. Cela suppose que les aménagements à venir de la place ne pourront être que superficiels. Dans ce cas, on se prive d’un patrimoine, d’une histoire alors que Saint-Antonin tire sa richesse en partie de cette abbaye…

Un sceau représentant l’abbaye (la fidélité n’est pas garantie) : l’autre face montre la barque de Saint-Antonin (photo d’écran, ce qui explique la couleur et la qualité)

> soit aller plus loin, plus profond et dans des campagnes de fouilles longues et qui demandent un financement, mettre au jour tout ce qui peut l’être, trouver la couche originelle (qui pourrait être romaine, si l’abbaye a pris la suite d’un établissement antique dont on ne sait rien…). Ce qui posera ensuite la question de la présentation des fouilles  : un plan en surface et un panneau de présentation a minima, une crypte archéologique laissant voir des éléments significatifs. Et, alors, que devient la place : pour moitié, une place de bord de l’eau, pour moitié, un site archéologique ? Comment faire ? Le débat n’est pas terminé.

D’autant que cette place a eu une autre histoire : celle du thermalisme. Histoire moins bien considérée par les Saint-Antoninois alors qu’elle est cohérente avec l’histoire de l’Aveyron, de la barque de Saint-Antonin, le rôle de la rivière. L’escalier monumental est bien là, l’établissement thermal aussi et la mobilisation citoyenne a écarté momentanément la menace qui plane sur le miroir d’eau créé par la chaussée de Roumegous. Mais rien n’est joué et méfions-nous des idées « modernes » qui, quelques années après, vivent mal et sont critiquées…  Nous en reparlerons


Lien pour accéder au document de l’inventaire https://www.dropbox.com/s/9esvzwaf59d364v/inventaire%20de%20la%20place%20des%20moines-%201.PDF?dl=0

PS  J’ai mis les images de la conférence éclairante de Bertrand Poissonnier en ligne sur le site web de la Société des Amis du Vieux Saint-Antonin  cliquez sur ce lien http://savsa.net/conference-de-b-poissonnier-sur-les-fouilles-inrap-place-des-moines-premieres-images

Fête des battages : images d’après-midi

Une réussite sous un soleil retrouvé…

il y avait des tracteurs, de machines agricoles, des vieilles voitures, un cheval pour le moulin à huile de noix, des chèvres angora, des vaches, des chapelières, des artisanes et des artisans… J’en oublie. Mais on ne peut pas ignorer le regard des enfants, l’émotion de certains anciens, l’étonnement des citadins. Bref, le monde paysan d’avant (d’avant la mutation actuelle) avait la cote.

On pouvait pas oublier qu’il était synonyme de peine, mais aussi de solidarité, d’entr’aide. Monde dur, mais l’agro-industrie d’aujourd’hui ne l’est-elle pas aussi à sa manière ?  Merci aux organisateurs de la fête.

15 juillet : mobilisation pour fêter le nouveau piano…

… et financer sa remise en état.

Un concert exemplaire (et apprécié) a été donné par des artistes amateurs ou chevronnés, de tous âges : piano, violon, chant… Pendant deux heures, il a été démontré que des habitants pouvaient se mobiliser, partager, donner le meilleur d’eux-mêmes… et que les auditeurs pouvaient aussi participer : par leur écoute, leur attention, leur amour de la musique et par leur écot volontaire.

Programme

17H00 
– Esse – J.S. Bach Prélude en Do Maj.

– Raphaelle Belaygues – The stream of life, composition d’Ingrid Proost
– Madeleine
– Léonore Le Roy – violon – Après un rêve, Fauré
– Elaine Morgan – Amore et Morte by Donizetti
– Emilie Gescher – Schubert
– Jacques Garderet – Les berceaux, Gabriel Fauré
– Sue Robinson, accompagnée au piano par David Colombo – Dido lament, Purcell
– Raphaël – Passacaille, Haëndel
– Geneviève Foccroulle – Gymnopédie, Satie
– Mathieu Lannelongue et Keva – Steven Universe

• 18H30
– Mels Boom Schumann, 68-5 (Album für die Jugend, Schumman) – Light and blue (boogie)
– Ginou Chaubard – In deine hände, Bach
– Isabelle Belaygues/Ginou Chaubard – Stabat mater, Pergolèse, 1er mouvement
– Isabelle Belaygues – Quel sgardo sdegnosetto, madrigal de Monteverdi
– Antoine Belaygues – Sonate de Beethoven en do min (dite « la pathétique« )
– Mia Lomaeus-Cryer – Britten
– Geof Cryer, accompagné par Geneviève Foccroulle, The vagabond, Songs of travel, R. Vaughan Williams

Images

 

16° Festival du livre d’artiste 2017 : retour sur deux « Verbiers des villes et des champs »

L’édition 2017 a été un succès (comme tous les ans) et les différents espaces de la mairie de Saint-Antonin ont permis de montrer des créations très différentes : professionnelles, scolaires, amateurs. Thème : les couleurs du langage. Comme géographe, nous ne pouvions pas manquer une production particulière  faite sous l’animation de Muriel Limonet par un atelier de Mosaïque en Val : deux livres-objet, deux recueils de texte sur deux mondes : le monde des villes, le monde des champs.  Ce sont les grandes villes qui sont décrites en images et en textes. Ce qu’on aurait aimé, c’est un verbier dédié à Saint-Antonin, par exemple, ni une grande ville, ni la campagne. Mais saluons ce travail imaginatif, plein d’humour… Remarquons, à propos de langage, que si la campagne est très colorée, la ville est noir et blanc !