Etude : Patricia Carlier : L’utilisation des labels sur un territoire de projets en Occitanie, approche stratégique et technique

Une étude qui tombe à point quand tous les territoires se labelissent à tour de bras…

Édition électronique URL : http://journals.openedition.org/pds/801 DOI : 10.4000/pds.801
ISSN : 2494-2782
Éditeur
Conseil régional Occitanie
Référence électronique
Patricia Carlier, « L’utilisation des labels sur un territoire de projets en Occitanie, approche stratégique et technique », Patrimoines du Sud [En ligne], 9 | 2019, mis en ligne le 01 mars 2019, consulté le 01 mai 2019. URL : http://journals.openedition.org/pds/801 ; DOI : 10.4000/pds.801

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pds-801

Revue de presse (audio) : France Culture : « trop de touristes tuent le tourisme ? »

Une émission d’actualité qui résonne à Saint-Antonin : certes, ce n’est pas Venise, Dubrovnik, Santorin ou le Machu-Pichu. Mais partout le flux touristique dénature ce qui est proposé à la découverte. Le logement ordinaire est concurrencé par les loueurs en ligne qui industrialisent l’offre de logement, les collectivités locales et les agents économiques réclament plus de tourisme parce qu’ils en vivent. Un cercle infernal ?

16/08/2019Trop de touristes tuent le tourisme ?

Face à un afflux de touristes de plus en plus important chaque année, de nombreuses villes européennes envisagent de durcir leurs législations pour lutter contre le tourisme de masse, dont les effets néfastes commencent à se faire ressentir sur les paysages et les écosystèmes.

France-culture : 16 août 2019 : émission 45 minutes  en réécoute possible sans limite de temps

INTERVENANTS
  • Maria Gravari-Barbas
    professeure de géographie à l’université Panthéon-Sorbonne, directrice de l’Institut de Recherche et d’Études Supérieures du Tourisme (Irest) et de la Chaire UNESCO “Culture, Tourisme, Développement”.
  • Rodolphe Christin
    sociologue.
  • Pierre Josse
    co-fondateur et rédacteur en chef du Guide du Routard.

 

A propos du débat sur le tourisme : quel tourisme voulons-nous ?

Je n’avais pas pu être présent à ce débat, étant sous d’autres cieux dans un autre chantier : le patrimoine thermal.

J’avais préparé un document que j’avais souhaité faire lire mais cela n’a pas été possible, le débat ne s’étant déroulé comme imaginé. Mais, même si c’est trop tard et si le débat ne changera pas grand chose, je mets ici en ligne ce que j’avais écrit.

Grand site ? Bien des questions.

Dp 19/05/19

souvenir de saint-antonin

Je me permets d’intervenir à distance : ayant travaillé il y a 10 ans sur le commerce local, ayant porté le label Cittaslow ensuite à une époque où beaucoup n’y croyaient pas, étant impliqué dans le Pays d’art et d’histoire notamment sur le volet patrimoine industriel, dans le pays Midi-Quercy… Bref dans plein d’endroits où on agite les questions dont celles de ce soir… je réagis d’abord et surtout sur le dossier de candidature au Grand Site « Bastides et Gorges de l’Aveyron ».

Le document qui fait 231 pages (nous n’avons pas les annexes) propose un état des lieux (on peut discuter dans le détail, sur la continuité écologique, sur la présentation de ce qu’est CittaSlow), un catalogue d’actions époustouflant (dont certaines sont là par opportunité, d’autres sont intéressantes).

Il convient plutôt de rester dans les grands principes fondateurs :

QUELLE COHÉRENCE ? Le géographe s’inquiète ;

  • le rapprochement entre les deux communautés de communes a-t-il du sens ? Ou est-ce un effet d’opportunité (avoir la masse critique pour entrer dans le cadre régional) ? (voir ci-contre la carte des bassins de vie ; c’est moi qui ajouté en rouge les noms de Caylus et Saint-Antonin, pour aider à se repérer. cette carte de 2002 reste d’actualité).
  • Dans le même registre,les deux pays d’art et d’histoire, celui du pays Midi-Quercy et celui des Bastides du Rouergue – qui sont cités mais sans qu’on démontre en quoi ils ajoutent de la valeur au dossier – deviennent quoi ?

QUELLE FINALITÉ ?

Il est écrit d’emblée :

« Protéger, singulariser et promouvoir la destination « Bastides et Gorges de l’Aveyron » en l’inscrivant dans le cadre d’un label de qualité́ et de notoriété nationale, telle est notre priorité. »En soi, c’est neutre. Pour ce faire, il y a plusieurs voies possibles.

Plus loin page 136 ; la stratégie évoquée tourne autour : des filières touristiques, du rôle des offices du tourisme, de la promotion de la destination, d’une dynamique d’investissement et enfin une gouvernance favorisant l’innovation

POURQUOI JE SUIS FRUSTRÉ

Une stratégie correspond à un projet politique.« Protéger, singulariser et promouvoir » mais les démarches de développement, où le marketing prend beaucoup de place sont-elles compatibles avec deux autres impératifs dont l’importance va grandissant :

protéger(partout on met en cause la surfréquentation touristique où les marchands du temple mettent en péril le cadre naturel et culturel) ;

enfin, la crise écologique n’impose-t-elle pas de revoir toutes les politiques de croissance en revisitant les choix qui avant poussaient au toujours plus.

Dans le cadre du SCOT en cours d’élaboration, le patrimoine et le tourisme étant mis de côté, j’ai proposé une réflexion qui suggère un scénario disruptif (avec le mot à la mode) : abandonner la stratégie marketing (le mot attractivité étant central) pour autre chose : le bien commun de l’Humanité dont nous sommes une partie avec comme idées que :

  • La recherche de valeur ajoutée économique n’est plus centrale.
  • Qu’il faut tenir compte de la crise écologique, donc raisonner en termes d’équilibre.

Le concept de valorisation n’est plus dans son sens monétaire ; la valeur peut être dans la gratuité, l’échange, la participation, dans le « lent » comme dans l’approfondissement des liens.

Le patrimoine, dans sa grande diversité (nature, culture), dans toutes les périodes concernées, dans ses liens locaux comme mondiaux, pourrait être aussi une base d’une valorisation culturelle, intellectuelle, moins dévoreuse de ressources.

« une gouvernance favorisant l’innovation » est-il écrit. Mais seule une page est consacrée à ce volet essentiel : un projet se fait avec les intéressés (le bien commun) et se gouverne et évalue avec eux.

Or les intéressés, ce sont les élus, les professionnels du tourisme, des commissions thématiques et une commission grand site… Ce mode de fonctionnement est périmé : car non seulement le tourisme a un impact sur tout le reste, dont la vie ordinaire (donc les citoyens) mais il est aussi un pan du « bien commun » mis en avant dans le scénario alternatif : donc, la valorisation ne peut être du seul fait des acteurs locaux sans penser que nous avons un héritage à léguer et que la crise écologique qui devient centrale dans la plupart des choix de projet nous impose de raisonner autrement. Donc de revoir ambitions et fiches-actions pour non pas les supprimer, mais les configurer autrement.

De façon annexe, on pourrait se passer de servir la soupe à Google (plusieurs fois cité) alors qu’il existe des solutions open source…

De la saturation touristique…

Dans un article récent du Monde ( 23 novembre 2018), le journaliste pose une question iconoclaste :

« Le touriste entre-t-il pour la culture dans la catégorie des nuisibles ? »

Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », souligne le défi que posent à la France des flux touristiques qui ne cessent de croître et menacent de saturation certains sites culturels.

« Le touriste entre-t-il pour la culture dans la catégorie des nuisibles ? La question ne se posait pas il y a vingt ans. On disait même qu’il était, par son portefeuille, un soutien précieux aux musées, monuments, salles de spectacle. Il l’est toujours. Mais l’est-il trop ? Ouvrir cette piste, c’était être taxé d’élitisme. Aujourd’hui, on ne compte plus les études et les voix qui posent la question. »

De fait dans l’article qui rend compte d’échanges entre grandes villes touristiques il est surtout question de visiteurs qui, en grandes cohortes, vont en bus de leur hôtel aux musées pour ensuite faire le plein dans les centres commerciaux, encadrés par des guides montre en main pour tenir le programme… Une fréquentation de plus en plus forte dans les grands sites (les autres sont à la peine) mais une manne financière pour les institutions par ailleurs à la diète, pour cause de subventions à la baisse… un déséquilibre entre le nombre d’habitants permanents et les flux de visiteurs. Les participants aux rencontres du 20 novembre (Rencontres du tourisme culturel, organisées par le ministère de la culture, au Louvre-Lens (Pas-de-Calais) ne veulent pas tuer la poule aux oeufs d’or, mais ajoutent : « On rêve d’un touriste de proximité, qui tisse des liens avec la population ».

De l’absence : (photo prise en 2008)

Saint-Antonin-Noble-Val n’en est pas là : le nombre de touristes n’a pas encore fait disjoncter les compteurs, les files d’attente devant les richesses touristiques n’atteint pas le kilomètre comme devant les grands sites tels que le Louvre, les Offices à Florence… Mais il y a un effet induit, plus sournois, qui se déroule sous nos yeux, comme dans le centre ancien de ces capitales touristiques. Déjà évoqué plusieurs fois, il se poursuit sans qu’apparemment on n’y puisse rien. Peu à peu, les commerces et les services qui se sont créés pour servir la population sont remplacés par des activités qui ne visent plus les ‘habitants » (ceux qui sont là de façon  permanente – l’habitant est celui qui a des habitudes – mais qui cherchent à capter des clients de passage, les touristes, qu’ils viennent pour voir le bourg ou pour fréquenter une animation touristique, le marché du dimanche matin.

Tant que l’équilibre tient, avec dans le centre l’essentiel de ce qui est nécessaire à la vie de tous les jours (boulangerie, boucherie, épicerie, café-restaurant, journaux, pharmacie, coiffure, librairie… et services publics…) ce qui ouvre tous les jours de l’année… pas de problème. Mais quand, peu à peu, ces commerces qui structurent la vie urbaine cèdent la place à des activités dites « culturelles »,  « artistiques », « artisanales » (les guillemets sont là pour marquer le doute – parfois injustifié, mais pas toujours) qui se multiplient, on peut être inquiet. D’autant que nombre de ces galeries, de ces magasins sont fermés en basse saison, rideaux baissés, ajoutant la déprime à la morosité commerciale.

A Paris comme dans les autres capitales, les hyper-centres se structurent en « malls », pompes à fric avec commerces de luxe (avec vigiles à l’entrée). Dans les petites villes touristiques, les centres se transforment en pseudo-centres d’art pour visiteurs d’un jour en mal d’exotisme « authentique », « créatif » – ce qui n’empêche pas la pizza de se multiplier.  Un urbanisme fondé sur la séparation entre centre « touristique et culturel », périphérie avec sa moyenne surface, ville voisine avec la grande surface (le tout relié par des voitures individuelles fonctionnant au carbone), un tel urbanisme ne peut que conduire à la catastrophe.

Que faire ? Quelles sont nos responsabilités respectives ? Habitant, consommateur, commerçant, élu… Que pouvons-nous ? Faut-il être fataliste au nom de la liberté économique (qui laisse ensuite à la collectivité le soin de réparer les dégâts ?). La question a déjà  été évoquée dans le cadre du programme cittaslow.

Lire cet article : https://nobilis-vallis.eu/?p=384

Evoqué ne veut pas dire « discuté » bien sûr.

PS : ces rencontres du 20 novembre se sont téléscopées avec l’annonce du déménagement de la boulangerie de Saint-Antonin (qui ne ferme pas, certes) remplacée par une galerie de peinture. Le centre du centre ne peut que s’en trouver affecté. Que restera-t-il sur la place qui ne soit pas tourné vers le touriste ?

 

Amsterdam ne veut pas ressembler à Venise… de la surfréquentation touristique…

C’est une information que l’on lit de plus en plus souvent : ici, c’est Amsterdam, mais bien d’autres lieux, petits ou grands, célèbres ou moins connus, commencent à se poser des questions. Dans le Canard Enchaîné, une brève raconte que le village de Rochefort-en-Terre, consacré plus beau village de France, n’en peut plus de la submersion par les touristes, la pollution, les crottes de chien…

Pour Amsterdam, c’est ici https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2017/11/02/le-pire-c-est-le-vomi-dans-les-jardinieres-amsterdam-en-a-assez-des-touristes_5209090_4832693.html?xtmc=amsterdam_venise&xtcr=6

J’ai reçu ces photos prises à Saint-Antonin que je mets en ligne…

Le magasin Bonobois avait un accord avec la municipalité : en échange de la rénovation du magasin et de l’installation de l’artisan, la neutralisation au sol du stationnement permettait de voir le magasin et d’inciter le chaland à s’approcher et découvrir les créations qui, pour une fois, ne viennent pas, de pays exotiques. Les marques de peinture s’effacent, n’ont pas été refaites et les automobilistes se battent pour se poser là, qu’ils soient des habitants de la ville ou des touristes…

La place de la Halle est également un lieu de confrontation – certes soft, mais réel – entre les camions de livraisons dont les moteurs tournent, puisqu’il faut alimenter les frigos, les voitures des fatigués qui vont en auto prendre leur café ou leur apéro, devant le stationnement « minute » et les visiteurs qui cherchent à voir la maison romane et les édifices historiques de la cité.

Elargissons le point de vue : depuis longtemps, à travers différentes études, le problème est posé mais n’est jamais débattu : l’équilibre entre l’économie touristique et la vie urbaine « ordinaire » : commerces, logement, espaces publics… tout est perturbé au risque d’une bascule dans ce que les habitants appellent « disneylandisation ».

Une autre façon de le dire (surtout dans une ville labellisée Cittaslow) : de la place de l’automobile dans une ville médiévale : comment font les villes italiennes pour « vivre » sur leur piton escarpé ? Manifestement, il y a incompatibilité entre les roues motorisées et les ruelles médiévales. Là encore, comment proposer une mobilité efficace aux habitants sans être envahi ? Quelles sont les solutions qui pourraient être transposées dans Saint-Antonin ?

Et les piétons ils passent où ?

Les pollutions sont nombreuses : on se met à la place des agents publics qui doivent gérer l’incivisme (de tous, pas que des touristes) ; mais régulièrement, on nous demande « où sont les poubelles ? » De même que les pisseurs au coin des ruelles sont peut-être des personnes sans gêne mais pourraient être aussi des personnes qui se demandent où sont les toilettes publiques. Quant aux propriétaires de chiens, ils ne trouvent plus les petits sacs plastiques (pour ceux qui voudraient ramasser la crotte de leur animal… Pour les autres, c’est une autre affaire.

On pourrait parler d’autres nuisances : le bruit, la lumière, les odeurs… bref tous les sens sont concernés. Il n’est pas question de revenir sur la fonction historique, culturelle, touristique, accueil de Saint-Antonin, mais c’est une question d’équilibre d’abord (donc de balance entre les fonctions urbaines classiques, au service des habitants, et les fonctions touristiques qui tendent à dénaturer le produit lui-même : Saint-Antonin).

Vous avez dit « règlement » ?

Cela pourrait être surtout une occasion de faire autrement et de se positionner sur des pratiques originales, soucieuses de développement durable, récusant la surexploitation et prônant un séjour, une découverte de la ville et des gorges de l’Aveyron moins massifiée, mais plus intelligente. Autant dire une révolution copernicienne !

Mais ce que nous disions au moment de l’étude FISAC, ce que nous pensions trouver dans la charte Cittaslow qu’a signée Saint-Antonin, nous le relisons ici sous une autre forme dans l’étude bourg-centre

Axe N°2 : REQUALIFICATION DES ESPACES PUBLICS DANS LE DOUBLE INTÉRÊT D’UNE VALORISATION PATRIMONIALE ET D’UNE RECONQUÊTE DES BOURGS

(Re)valoriser la dimension de l’espace public comme appui à la reconquête urbaine

En tant que piliers du projet urbain, les investissements opérés sur l’espace public demandent un temps de prise de recul avec une réflexion davantage ancrée dans une démarche de projet. Aussi et tout en ayant conscience des projets programmés ou en cours (place des moines, …) il n’en demeure pas moins qu’une réflexion globale évitant des agissements au coup par coup nous semble utile à ce moment majeur de la restructuration des bourgs se fait autour de deux programmes régionaux « Bourgs-Centres » et « Grands- Sites » appelant une harmonisation des interventions. Nos recommandations prioritaires, outre l’aspect « bien commun » de l’espace public, vont dans le sens d’une vision globale et d’une mise en cohérence des aménagements pour mieux les faire vivre et les rendre opérationnels. (source : étude MTP juin 2018 – page 15).

Certes, ces préconisations sont pertinentes, utiles voire courageuses. Mais elles ne vont pas assez en amont sur la réflexion* « quel projet pour les bourgs-centres »... et ne vont pas assez loin en suggérant dans les scénarios (qui n’existent pas puisque les préconisations sont un catalogue d’actions, faute de pouvoir s’articuler dans un projet re-fondateur) éventuellement des ruptures qui pourraient faire de Saint-Antonin un bourg à la fois « historique » et « innovateur » au lieu de bricoler des rues piétonnes, pas piétonnes, des stationnements a priodi régulés, mais débordés, de la végétalisation alors qu’on cimente et goudronne encore, du commerce pour tous mais en fait des marchands de pizza à gogo, du logement social, mais surtout du B&B…

*Je reste cependant prudent : n’ayant eu qu’un résumé du travail du bureau d’études (qui écrit une vision des bourgs-centres réaliste), ne connaissant pas le cahier des charges et la demande du comité de pilotage (fermé à la société civile);  il est possible que l’étude aurait pu être plus innovante, le bureau d’études ayant la capacité de faire des préconisations sortant des sentiers battus. Donc, présomption d’innocence. 

A propos de la méthode de travail  AFOM, voir dans ce site web, l’article « AFOM versus scénarios » dans la section « dictionnaire ».


Lire ici une synthèse sur la surfréquentation :  http://veilletourisme.ca/2012/05/16/en-quoi-consiste-la-surfrequentation-touristique-et-comment-la-controler/(extrait)

Lorsque sa capacité d’accueil est dépassée, la destination risque de subir des dommages environnementaux:

  • difficultés pour un milieu naturel à se régénérer, entraînant son éventuelle destruction;
  • surutilisation des ressources en eau et en énergie;
  • pollution d’un milieu;
  • dégradation visuelle des paysages due aux infrastructures touristiques;
  • etc.

Les conséquences peuvent porter sur la dimension socioculturelle et se faire sentir de différentes manières:

  • perte de la qualité de vie pour les résidents;
  • pénurie de logements;
  • problèmes de prostitution et de violence;
  • perte d’identité des résidents;
  • altération de la qualité du séjour des touristes;
  • détérioration des sites historiques;
  • etc.

Enfin, la surexploitation d’un lieu peut aussi avoir des effets sur le plan politico-économique:

  • inflation des prix;
  • hausse des taxes;
  • manque de main-d’œuvre dans les autres secteurs;
  • éviction des activités non touristiques (p. ex.: rachat de champs de cultivateurs pour la construction d’infrastructures, rachat de commerces pour y établir des hôtels et des restaurants);
  • etc.

À qui revient la responsabilité de réguler ce problème?

Un cadre juridique est nécessaire. C’est au gouvernement et aux autorités locales que reviennent le pouvoir et la responsabilité de réguler le tourisme, par la création de lois et de réglementations. Ils se doivent de créer un environnement qui favorise et encourage le secteur privé, les touristes et les autres parties prenantes à mener des actions durables. Cela peut être réalisé en établissant et en appliquant un ensemble de politiques pour le développement durable du tourisme et de sa gestion.

 

Tourisme : réflexions sur les évolutions à venir… dans le monde… Et à Saint-Antonin ?

Dans des articles liés aux rencontres dédiées au tourisme, les Entretiens de Vixouze, consacrés au tourisme du futur, dans le Cantal, les 7 et 8 septembre, (http://lesentretiensdevixouze.com/) quelques points qui nous concernent sont abordés : nous avons « piqué » quelques élements pour notre propre réflexion…

Le sommaire des entretiens est également signifiant : il mériterait que les questions abordées au niveau national soient également abordées au niveau de Saint-Antonin…  Le numérique, l’ubérisation, le phénomène Airbnb, le réchauffement climatique, le patrimoine naturel et historique…

Le Tourisme, levier du développement des territoires?

Le tourisme à la campagne sera-t-il sauvé par les plateformes collaboratives?

Quels pourraient être les rôles d’un Etat dans la promotion des tourismes en 2050 ?
Quelles stratégies pour les destinations-marques des territoires ?

Data et tourisme : uberisation ou nouvel eldorado ?

La data est le nouvel or noir. Les acteurs traditionnels du tourisme en regorgent mais les nouveaux entrants, les pures players de la data comme Uber, Airbnb, Booking ou encore Blablacar, excellent dans son extraction, son utilisation et sa valorisation. Parfois au détriment des acteurs historiques.

Ces derniers peuvent-ils encore tirer leur épingle du jeu ? De quels moyens disposent-ils ? Une collaboration avec les pures players est-elle envisageable ?


EXTRAITS

Attention aux nuisances dues à la surfréquentation

Tourisme du futur ? Peut-être, mais demain n’est-il pas ancré dans hier ?

Pour ce spécialiste, trois populations devront pouvoir profiter mutuellement de cette économie. Les touristes, certes, mais aussi les habitants et les employés. Ce qui exige une revalorisation des métiers du tourisme. Et une plus grande attention aux questions de surfréquentation dont les nuisances sont de moins en moins acceptées. En raison des dégâts écologiques, mais aussi de la tranquillité des résidents. Certaines régions du globe (comme les Cinque Terre en Italie, ou l’île de Pâques, entre autres) imposent des quotas de touristes.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/08/31/les-voyageurs-pelerins-du-xxie-siecle_5179132_3234.html#KMTEjbemUx4oSv4g.99

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« Les touristes ne recherchent plus la consommation brutale. Ils ne vont plus privilégier la beauté des lieux, mais le caractère émotionnel fort, attaché à leur histoire », estime Patrick Tacussel, sociologue.
 
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/08/31/les-voyageurs-pelerins-du-xxie-siecle_5179132_3234.html#KMTEjbemUx4oSv4g.99

A propos d’une tribune du sociologue Jean Viard : haro sur le tourisme ?

La tribune de Jean Viard parue dans le Monde du 17 août fait débat (voir les réactions des lecteurs sur le journal web). D’une part, il défend l’économie touristique comme une conquête dont tout le monde doit bébéficier (aller à la rencontre des autres, les gens, les territoires, les histoires, les vécus…) d’autre part, il déplore que le tourisme de masse  soit destructeur. Bilan, il faut réguler cette économie pour qu’elle ne se transforme pas en cauchemar...

 

Saint-Antonin-Noble-Val est souvent comparé à Cordes (en mieux car Cordes passe pour totalement artificialisé). Dans l’article, l’allusion à Gordes pourrait aussi rappeler ces localités qui ont été sauvées, restaurées et transformées en parc touristique. Saint-Antonin n’en est pas là mais le danger menace : citons Viard : « (…) Localement, on a d’abord le sentiment que la vie revient, l’animation, la foule… Mais ensuite, comment vivre à l’année dans une station touristique avec des hôtels partout, des logements loués quelques mois par an, des résidences secondaires fermées onze mois sur douze ? (…) »

Pour éviter cette dérive, il y a des outils : la charte cittaslow « cité du bien-vivre » que la municipalité a signée, , le futur PLUI (porté par la communauté de communes). Ces textes portent en eux un développement local et une organisation urbanistique maîtrisés. A condition de vouloir les faire vivre.  Un débat citoyen après le boom de l’été ne serait pas inutile pour faire le point sur ce qui fonctionne, ce qui coince, ce qui dérive. Il faut être attentif, dit Viard sinon les habitants à l’année se sentiront dépossédés de leur cadre de vie.

Jean Viard : « Des forces politiques radicales se mettent aussi à contester ce « tourisme de masse ». Ce phénomène est certes aujourd’hui très minoritaire, mais il faut y être attentif car on ne déplace pas des millions d’humains sans conséquences, ni pour eux ni pour les habitants « à l’année » du pays d’accueil. (…) »

« Une société quasi birésidente

De plus en plus, l’humanité va « se visiter ». Car le premier but du voyage, c’est l’autre, son territoire, sa culture, ses paysages, ses œuvres, ses divertissements… La démocratisation en cours du voyage est un enjeu mondial immense pour faire terre commune.

Dans certaines régions, c’est la principale source d’emplois. En France, de 7 % à 8 %. Près de 12 % à Barcelone et dans les grandes régions touristiques. (…) En Europe, nous sommes passés d’une société sédentaire à une société quasi birésidente où plus de 60 % des gens séjournent chaque année hors de leur domicile. On dit alors « partir en vacances ».

Mais comment ce flux considérable est-il vécu par les sociétés d’accueil ? Car, si le tourisme est désir de l’autre, il est aussi pour une part sa caricature et sa submersion.

Envahissement, « colonisation »

Pensons à Gordes, au cœur du Lubéron : quel rapport entre cette station touristique et le village paysan en ruine, « découvert » dans les années 1930 ? Le site, certainement ; les vues, le climat, la végétation, l’architecture (et encore). Certes, sans le tourisme, il ne resterait probablement là qu’un piton en ruine mais, enfin, comment ne pas comprendre un certain sentiment local d’envahissement et de « colonisation » ?

(…) Localement, on a d’abord le sentiment que la vie revient, l’animation, la foule… Mais ensuite, comment vivre à l’année dans une station touristique avec des hôtels partout, des logements loués quelques mois par an, des résidences secondaires fermées onze mois sur douze ? (…) »

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/08/13/jean-viard-haro-sur-le-tourisme_5171874_3232.html#S4lSsBRwDddTzR9q.99