Des réflexions de bon sens ? Alors pourquoi… ?

Pourquoi cela ne percole pas dans la tête de nos élus ? Tous les spécialistes le disent  et sont unanimes mais cela n’embraie pas dans les politiques…

Citation d’une tribune d’Agnès Sinaï parue dans le Monde du 16 octobre

« Produire toujours plus d’algorithmes pour actionner des véhicules autonomes gorgés de data plutôt qu’organiser des transports low-tech ; construire des villes dites « intelligentes », irriguées par la 5G, au prix d’une surveillance de masse orwellienne ; dépenser toujours plus d’énergie pour servir les actionnaires de l’économie financière plutôt qu’investir dans les services publics et la culture ; maintenir à tout prix une croissance absurde quitte à dévaster le socle du vivant. »

L’auteure prône un retour à une « bio-région » ce que nous pourrions appeler aussi « espace vécu, bassin de vie » fondés sur une cohésion territoriale qui n’ a rien à voir avec les limites administratives imposées et aberrantes.

« La dynamique biorégionale stimulera le passage d’un système hyperefficient, centralisé et donc vulnérable, à une organisation forgée par la diminution des besoins de mobilité, la coopération, le ralentissement (et composée d’une multitude de dispositifs et de sources d’énergie). L’aviation de masse, qui réclame aujourd’hui aux Etats quelque 200 milliards de dollars d’argent public, sera remplacée par un tourisme lent et ferroviaire ; bateaux cargos à voiles et trams-trains transporteront les marchandises ; les habitants rouleront à vélo et en transports en commun à la demande, les automobiles partagées seront réservées aux collectivités rurales qui entretiendront les flottes de véhicules réservées aux usages strictement nécessaires, le cheval réapparaîtra.

Il conviendra alors de mettre en œuvre – enfin ! – une approche intégrée de l’utilisation des terres et de la biomasse, visant un nouvel équilibre entre alimentation humaine, alimentation animale, matériaux, énergie, écosystèmes et reconstitution des cycles. Les pratiques telles que le non-labour et l’agroforesterie permettront de préserver l’humus des sols. La production de produits d’origine animale diminuera significativement. La France se couvrira de nouveaux paysages au fur et à mesure de la généralisation des différentes formes d’infrastructures agroécologiques et de vastes territoires ouverts à la faune sauvage. Les polluants (émissions de méthane, engrais azotés, produits phytosanitaires) et les consommations de ressources (eau d’irrigation, artificialisation des terres, énergie) seront divisés par dix. Leur impact sur la qualité de l’eau, de l’air et sur la biodiversité sera donc considérablement diminué. »

Agnès Sinaï parle ici des métropoles mais on peut aussi se dire que dans les réflexions il y a des éléments qui nous concernent, même si c’est à échelle plus réduite : après tout, la recherche du toujours plus se fait aussi dans les villages, les villes, les intercommunalités.

« Cette révolution politique, fondée sur le local et sur les collectifs de proximité que sont les biorégions, n’adviendra que par ces communautés elles-mêmes. »

Agnès Sinaï est journaliste et essayiste, fondatrice de l’Institut Momentum, coautrice avec Yves Cochet et Benoît Thévard de l’essai Le Grand Paris après l’effondrement. Pistes pour une Ile-de-France biorégionale, Wildproject, 148 p., 10 €.

Lisez les trois tribunes parues le 16 octobre :

Post-scriptum : dans un autre article du journal, le retour du triporteur en ville. Dans le dossier que nous préparons sur la réalisation d’une conciergerie pour faciliter les livraisons des commerçants comme des habitants,  pourquoi pas ?

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